Il y a deux ou trois semaines de cela, celle que j'aime depuis quatre ans au moins, m'a gentiment expliqué qu'elle ne m'aimait plus et qu'elle voulait vivre sa vie. Sans moi.

Pour moi, c'est la femme de ma vie. Je vais l'attendre.

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C.

Cette lettre, ce sont les choses que je ne peux pas te dire, celles que je retiens en moi.

"Amour" ne veut plus rien dire pour toi. Pas le mien en tout cas.

Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Je n'ai rien vu. Toujours ce foutu optimisme. J'ai toujours cru que lorsque le monde est plongé dans les ténèbres, la plus belle chose à faire était d'espérer. Je le crois toujours.

Mes larmes épuisées, je me suis surpris à espérer.

Si tu voulais me faire devenir plus à ton image, plus cynique, désabusé et blessé, tu as réussi. J'espère au moins que l'ampleur de ce que tu m'as arraché de chair a comblé ne serait-ce qu'un peu de ce doute que je t'ai toujours connu.

En fait, c'est de moi que tu doutais, n'est-ce pas ? Si tu m'avais aimé, comme j'en ai toujours rêvé, tu n'aurais pas eu toujours ces peurs, ces brisures qui t'empêchaient de dire oui. Je proposais, tu doutais. Et d'ailleurs, tu as toujours eu l'impression que je te demandais quelque chose, alors que je crois bien maintenant que c'est toi, en fait, qui ne voulais pas. Tu croyais que je voulais t'extorquer quelque chose alors qu'en fait je t'aimais.


Adults are like dead children...

Toujours cette incompréhension. Les lourdes périodes de doute que l'on a eues. Mes réactions te faisaient mal parce que tu les interprétais comme moi j'aurais dû interpréter les tiennes : elles tendaient à nous éloigner, à achever notre amour. Mes réactions, aussi négatives soient-elles, étaient le désespoir de ne pas être aimé vraiment. Autrement dit, j'ai toujours tendu vers une seule chose : notre amour.

Peut-être l'une des choses qui nous séparaient était ce destin tracé qui fait qu'une femme qui aime est prisonnière et perd tout, alors qu'un homme qui aime a droit à tout : l'amour bien sûr, le travail, la maison, les enfants et la liberté. Dans la même situation, la femme n'a plus rien.

Tu n'aurais plus rien eu avec moi, n'est-ce pas ? C'est le message pas si codé que tu m'envoyais toujours. C'est ainsi que tu voyais les choses. Et tu avais peur.



Je suis un homme de l'espoir. J'ai mal, je brule, mais je me bats. Tu me rend la tâche bien difficile pourtant. Rien d'autre n'a jamais plus compté que toi. Je ne peux employer le présent parce que mon amour n'est plus partagé. Ce qui veut dire que tu t'es exclue de ma vie et ce que je garde n'est plus que l'ombre fragile de ce que ton amour me donnait.

Sans ton amour, l'amour que j'ai pour toi n'est plus réel. Il n'est plus que cette flamme que je garde allumée, solitaire, en mon coeur, alors que toi, mon oxygène, tu a fichu le camp.

Pour toi, les choses sont simples. Notre amour n'a plus lieu d'être. Tu n'en souffre pas. A la limite, un peu, par pitié pour moi.

Tout est fini. Cela a été. Parfois c'était bien. Parfois même tu m'aimais. Mais il faut passer à autre chose. et tu passe effectivement à autre chose. Et tu va m'oublier.

Cet amour incroyable, n'aurait-il donc jamais été que le rêve fou de mon esprit enchanté ? L'enchantemenet était à sens unique. Il a toujours eu du mal à te convaincre.

Remarque, je n'ai pas grand chose à y redire. Il suffit que je regarde une photo pour voir la différence : ta beauté face à mon manque d'élégance, de style, de virilité, de force, de beauté. Je ne suis ni beau gosse, ni dandy, ni macho.

J'aime être élégant et tiré à quatre épingles. Mais très vite, ça m'ennuie. Peut-être l'envie continue de faire cet effort d'élégance me viendra-t-elle définitivement plus tard. Comme pour beaucoup de choses...

Tout un tas de choses à faire, fastidieuses, m'énervent et m'irritent au point que, quand je suis dans la lune, en général quand ça va mal, je les laisse tomber : me laver, me brosser les dents, faire la vaisselle, ranger ma chambre, faire attention à ce que je mets, me raser, faire l'effort d'être sociable...

Ce que tu me demandais, c'étaient des efforts permanents. j'en ai appris un certain nombre. D'autres vont rentrer peu à peu. Et même si j'arrive à en faire certaines avec quelque plaisir, ça continue de m'ennuyer.

Croire que ces tracasseries peuvent justifier la vie !!! Quelle arnaque !

Oui, je finirai par être comme il faut et par aimer ces tracas-là. Probablement.

Seulement voilà : tu es impatiente. Et bien que j'aie essayé de te donner mon espoir autant que je pouvais, ce n'était jamais assez. Il semble que je ne suis pas assez bien pour toi. Tu voulais la perfection. Moi c'est toi que je veux. Et parce que tu lisais dans mes reproches ce que tu mettais dans les tiens, tu as pu imaginer que c'est moi qui l'exigeait de toi, cette impossible perfection, ce rêve au-delà du réel, ce fantôme.


Et puis il y a toujours eu le désir. Enfin, pour être plus exact, mon désir et ton absence de désir. A force, mon désir devenait ton problème. J'aurais aimé comprendre. j'avoue que je n'ai toujours pas la bonne clé.

Si tout un tas d'inhibitions étaient en effet présentes en moi, je me rend compte maintenant que c'est de toi que venaient la force de la plupart d'entre elles. Cette honte, cette culpabilité, cette rétention du désir et de la tendresse.

Alors bravo ! Tu as réussi là où j'ai échoué : comme malgré toi, aussi naturellement que je respire ou espère, tu te contrôle.

Tu contrôle ton bonheur, tes pulsions, tes désirs et même tes haines.

Ce que tu fais existe aussi sous forme de métier : croque-mort. Tu devrais essayer peut-être.



Un amoureux qui n'est plus aimé est censé être plongé dans la douleur, le désir de l'autre. Il est censé être égoïste et désirer que les choses redeviennent comme avant, que l'amour renaisse.

C'est étrange, pourtant, malgré la douleur des premiers jours, c'est la force de vivre qui prédomine. Je te laisse tranquille. je ne te dis pas ma douleur malgré l'envie que je devrais en avoir. Et évidemment, si tu me laissais une brêche, à l'heure qu'il est, je suppose que je m'y engouffrerais. Mais tu me tiens fort efficacement à distance.

Parce que je désire ton amour, je le ferais. Bien sûr. Que pourrais-je vouloir d'autre ?  Mais plus que cela, j'ai envie de bien faire les choses. (Ah, ce que je peux être saoulant quand je découvre un nouveau concept ! Ceux qui me connaissent savent de quoi je veux parler.)

Dit autrement, je ne veux pas revenir en arrière. Mon cauchemar pourrait redevenir ma vie si on repart à zéro. Sur un coup de foudre nouveau. Si toi comme moi, nous retombons amoureux l'un de l'autre.

Et en attendant, tout le monde cherche à me convaincre qu'il faut que je vive, alors que, il me semble, je n'ai l'intention de faire que cela. Et cet espoir que je garde d'être aimé à nouveau, d'être aimé vraiment cette fois, je vais l'enterrer au plus profond de moi et le garder, si la vie le veut.

Et puis, si mon chemin en dévie, alors tant pis, J'aurai la réponse à ma question et je saurai qu'il y a une première fois à tout. Si seulement ç'avait été la bonne.

Mais non, tu n'y a pas cru.
Tu as eu peur.
Et moi je continue de t'espérer
pendant que tu espère ce que tu n'as pas su te donner avec moi
ce que tu as cru que je t'avais retiré.

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