Chaque jour, depuis tant d'années, je me bats.

Je me bats pour être plus juste, pour faire moins de mal, je me bats pour comprendre les gens et me comprendre moi-même. je me bats surtout pour pouvoir me regarder en face et ne pas avoir honte.

Ca fait beaucoup de temps perdu dans d'autres combats, en particulier quand il s'agit de me coltiner au monde. Il faut dire que ça m'a toujours barbé de devoir faire face. La réalité l'emporte sur moi pour l'instant. Elle me domine encore, et mes rêves de liberté ne sont encore qu'une chimère que je garde au fond de moi.



Ce qui me trotte dans la tête ce soir, la question qui me laisse dubitatif, est simple :

Suis-je dupe d'une illusion ou ai-je raison de m'obstiner ? Autrement dit, ce que je pense et dis, ce que je cherche et suis, cela me dévore-t-ils ou bien suis-je sur le bon chemin ?

Moi qui passe tant de temps dans ma tête, à tourner et retourner des problèmes existentiels; moi qui fait cela quasimment à plein temps depuis décembre 2005, suis-je en danger de me perdre ? Me suis-je fourvoyé sur une voie d'orgueil, d'illusion et, un jour, de folie ?

Ce n'est pas une question facile et je ne crois pas en connaître ma réponse. Mes difficultés m'inquiètent. Je n'accepte pas mes responsabilités. Pour me rassurer, je me dis que je ne les accepte pas encore.

Ce que je voudrais savoir, c'est : ai-je tort d'espérer ?

Cette ronde qui ne cesse jamais de tourner dans ma tête, cette réflexion que je mène, la fais-je maintenant pour une bonne raison ?

Little_Demon


A cet instant, tout est flou. Ces derniers jours ont été assez difficiles pour moi. C. me manque. Vivre sans être aimé, avec ce rêve inaccessible et que je dois moi-même me refuser, m'a déséquilibré plus que n'importe quoi ces dernières années. Alors, je voudrais savoir se ce que je fais est juste.

Quiconque m'aborde devrait savoir que ce qui me domine, ce qui en moi persiste et ne cède pas, c'est cet enfant qui refuse de se laisser faire et, à défaut de vivre la vie dont il rêve, va essayer de la trouver. Car le plus logique, si je ne peux accepter la réalité, c'est de trouver un moyen pour qu'elle n'aie d'autre choix que de m'accepter. Me reconnaître.

Mon rêve est de trouver un argument qui me garantira dans cette vie une place. Un argument valable. Mérité.

Je suis embarassé. Ce post aurait dû être très simple. J'ai peur de trop penser à moi, de trop fonctionner en cercle fermé. j'ignore si j'ai raison.

Il est important que je sache si je suis sain ou si je pourris de l'intérieur.

Au bout de ces années, le meilleur indicateur que je connaisse de mon état, le plus sensible, mais aussi le plus général, c'est mon sentiment de bien-être.

La paix intérieure est inimitable. Quand on l'a connue une fois, on ne devrait plus se laisser tromper (c'est un voeux pieux). On ne devrait plus pouvoir se cacher la figure dans le sable et dire que ça va à peu près. Soit on se sent bien, soit quelque chose nous trouble.

Le monde dans lequel nous vivons est un monde de stress. Pour vivre, il faut travailler, payer, être à la hauteur,... Je doute qu'il soit possible de garder cette paix dont je rêve tout en affrontant la réalité, en s'y enfonçant, en se mêlant aux autres.

Le métier de télé-opérateur, que j'ai connu, ne laisse pas la moindre place à la paix de qui que ce soit. Il ronge ceux qui le pratiquent, de l'intérieur. Il repose au contraire sur le fait de tout le temps presser ceux qui le pratiquent.

Ce que j'ignore, c'est s'il est possible de se battre vraiment face au monde, d'y être pleinement engagé (avoir des amis, travailler, être gentil, aimer et être aimé, avoir des enfants, réfléchir et agir, avec d'autres, pour améliorer ce qui est,...) et de conserver cette paix intérieure.



Parfois, j'ai du mal à me rappeler à quel point je suis différent de ce but que je poursuis, moi qui ai un caractère tendu, nerveux, survolté...



Je crois que j'ai accepté mes limites. Je doute aujourd'hui pouvoir un jours dépasser cette peur que j'ai des défis. Elle est trop profondément ancrée en moi. Ma théorie de "qui veut peut" a ses limites. Je ne suis pas un gagnant. Pas selon les critères de cette société (ni ceux de mon père...). Mes limites sont psychologiques. Elles sont un échec. Je ne peux pas m'adapter à tout. je ne suis pas un surhomme.

Y a-t-il des contreparties à ce que je regarde (parce qu'on m'a habitué à voir les choses ainsi ?) comme une faille, un défaut ?

Comment vivre au mieux avec ce que j'ai et ce que je peux raisonnablement avoir ?

Promis. je trouverai.

The_Eye_of_future












Et comme j'ai particulièrement peur de confondre rêve de sagesse et mégalomanie, je ferai particulièrement attention à ne pas me tromper là-dessus ou à cesser de rêver.