JEUDI 30 MAI

Lever a 6h. Je reveille Sam, histoire qu'il ne soit pas en retard. Avant de partir, sam appelle Aftab. Horreur !Le tournage a ete annule et reporte au lendemain ! On sera au point de rendez-vous pour prevenir ceux qui viendront. Malheureusement, soit les gens ne viennent pas(ceux que j'ai mal convaincus ? Ceux qu'Imran nous a voles ?), soit ceux qui viennent ne veulent pas revenir le lendemain. 7h du matin, il faut dire qu ce n'est pas donne !

Me voila libre. Je passe ma matinee a l'ordinateur a ecrire un mail tres important. Quant a l'apres-midi, rebelotte. Recherche de gens pour le tournage sur la Colaba Causeway. C'est un peu comme une course. Ca prend un temps fou. C'est epuisant. Tu croises plein d'ecueils en route. J'en ai croise un gros, un gras d'exueil, ce jour-la. Il s'appelle Imran. Un gros poisson coordinateur, filou de grand chemin, avec l'intelligence mais sans une once de coeur. Je dois aller a son tournage dans deux jours. Alors il m'envoie prendre mes measurements aupres d'un tailleur au coin de la rue en me faisant croire que c'est gratuit ! il ne manque pas de culot, les tailleurs me demandent 50 puis 20 Rs. Imran m'en donne dix. Je me debrouille pour payer 15. Le tailleur est un homme tranquille, du cote declinant de l'age deja, qui, sans un mot, opere. Il parle anglais. Digne. Il me plait.

Quand je reviens, Imran est en train de me voler deux filles que j'ai mis dix longues minutes a convaincre de venir. Il finira par me les prendre, parce que le mari de l'une peut le samedi et non le vendredi, et parce qu'elles travaillent le jour de mon tournage. On en profite pour se refiler quelques coups bas ni vu ni connu avec Imran.

Il veut savoir pour qui je recrute et combien. Puis il me propose de recruter pour lui. 100 Rs par tete. Je lui ris au nez. Il ne suit pas a 200... Alors, il se met en tete de me faire peur en me racontant qu'il paye tres cher la police (ce qui est vrai) pour qu'ils ne le derangent pas, et que Sam ne faisant pas pareil, je peux me faire embarquer et personne ne pourra rien pour moi... Il me dit qu'un blanc s'est fait embarquer comme ca il y a un certain temps. la police veut son du... j'ai un coup de peur, bien sur. J'appelle Sam, je lui raconte. Il me dit qu'ils n'arreteraient pas un blanc sans preuves...

Enfin bref, il faut toujours que je degotte mes 5 filles et 5 garcons pour le lendemain. Je continue avec des pauses et malgre Imran dans les parages.

C'est un gros arnaqueur qui n'a que l'argent et la force en tete. Il me deplait au plus haut point et ne me fais pas peur.

Etrangement, c'est lui qui m'appelle plus tard de l'autre cote de la rue pour convaincre une francaise qui vient d'arriver. Je lui sers de guide. On se retrouve sur le pallier d'un hotel(l'hotel de mes deux stagiaires francais... ca grouille de francais par ici en ce moment...) avec un garcon qui est la depuis une semaine, une israelienne un peu bouffie qui vient d'arriver et qui est, litteralement, sous l'emprise de la terreur face a ce pays. Irane, c'est le nom de la francaise, a l'air quelqu'un de tout a fait interessant. Elle vient au tournage du lendemain finalement. Tous les trois, on s'efforce de rasurer la fille israelienne, puis, tous ensembles, on va se poser dans un cafe.

Que voulez-vous, c'est Bombay !

Avec Irane (la fille francaise sympathique s'appelle irane, je ne l'avais pas precise ?), on va boire un masala tchai ensuite. On se retrouve a la table d'un francais qui prend l'avion dans quelques heures. C'est son dernier repas ici... Un francais qui repart et une qui arrive... curieuse coincidence. Celui-la, c'est l'un de mes trois restaurants habituels.

Et puis je termine ma journee sur internet et un sommeil encore trop court. Le lendemain, reveil a 6h a nouveau...