19 mai 2008
Esquisse de la perte...
Lorsque la Merveille entre dans ma vie pour en ressortir l'instant d'après, je me rend compte qu'il ne me reste plus que la douleur de son absence. Autant j'ai pu le supporter auparavant, n'ayant jamais éprouvé sa présence, autant après coup seule la douleur est réelle. Une absurde douleur. Constatation de la profonde humanité au centre de cette Merveille qui vogue selon ses vents capricieux et incontrôlables.
Il ne reste plus qu'un rêve, la fragrance d'une rencontre manquée. La faute à la vie, la faute aux coïncidences ratées. La faute à moi. Et la seule question qui reste désormais est : comment expier cette faute ? Comment continuer d'avancer ? Et il faut prendre ces décisions et trouver le courage d'aller de l'avant alors que toutes les couleurs ont viré au gris et tous les goûts au fade, et avec le sourire en plus, sinon on accable de culpabilité, enfermant d'autres de par notre faiblesse, nos rêves qu'on savait pourtant impossibles mais qu'on ne pouvait s'empêcher de rêver, tant ils étaient doux...
C'est la vie. Je n'ai pas le choix. C'est ça où mourir...
18 mai 2008
Isolement
A la fois trop de choses et le vide absolu. D'où mon silence. Le temps passe, et je reste chien errant sans spécialisation, sans passion continue qui me pousserait à mener des recherches si loin que j'aurais quelque chose d'intense, de complexe à révéler. Pas de réflexion vitale à mener.
Passif, je vis au jour le jour, sans vraiment y croire. L'espoir brise. Trop d'espoir tue l'espoir. Au fond l'espoir est l'arme du passif. Elle permet de vivre dans l'aveuglement.
Plus le temps passe, plus le sentiment de solitude prend le dessus. Simple constatation. Mon passé semble plus fort. Tout seul je ne suis pas de taille. Rien de raisonnable là-dedans. Si je marchais au raisonnable, je serais déjà scénariste. Pensées de suicide volages. Envies de fuite, toujours. Et plus j'avance, et plus ce que je suis ne signifie plus rien. Pas le doute, mais un vide étiré entre deux extrêmes : mes rêves et mes désirs.
Comme dirait quelqu'un, j'ai le sentiment d'être comme du beurre sur une tartine de plus en plus grande.
Et pourtant... et pourtant, il n'y a pas de raison. Alors, incapable de bien expliquer, incapable de me retenir, je reste souvent silencieux. Incapable d'exprimer le vide poison qui m'habite et m'emporte lentement. Je ne suis pas poète maudit ni martyr. Je n'ai pas envie d'échouer. Simplement, il y a la vie. Le passé. Ma constitution. Que sais-je encore.
Serais-je l'homme le plus intelligent qui soit que je me sentirais idiot. Le principe du désespoir consiste à viser systématiquement si haut que le concret en devient insupportable et qu'il ne reste plus qu'à serrer les dents et à subir avec une amère passivité la réalité qui vous passe dessus, espérant éprouver quelque sentiment d'obligation absolue et prolongée, qui changerait enfin ma vie.
Mais c'est le silence. Pas d'appel de Dieu. Les armées de Dieu n'enrôlent pas encore. Celles du Diable ne veulent pas de moi non plus... Entre les deux, il n'y a que le vide...
Et dans tout ça, je joue au solitaire saute-mouton...
Bref, vivement une solution, parce que là je n'en peux plus !
