30 mai 2009
Another story
Ce que je veux mettre dans l’histoire SF que j’écrirais.
- des mondes parallèles/artificiels/illusion. Une profusion telle et si naturelle qu’on s’y perde. Les aspects légaux doivent être assez amusants… On pourrait imaginer une population humaine mondiale réelle et simulée de quelques milliers de milliards d’individus et une population intelligente de dizaines de milliers de milliards d’êtres. Une économie et une technologie construites autour des simulations. Une communauté simulée d’inventeurs qui, grâce à l’argent que leur rapportent leurs inventions, ou les cours qu’ils donnent à des étudiants réels ou imaginaires, grâce à leurs publications (réelles et/ou imaginaires) pourraient se payer une incarnation, dans un être de chair, un cyborg ou tout type de forme incarnée.
- les lois de l’existence : il est interdit d’exister en plus d’un exemplaire à un seul et même niveau Il est possible de créer des copies de soi à tout autre niveau que le sien, en dehors des restrictions particulières qui s’appliquent à la réalité. Aucune modification ne peut être apportée à un être intelligent sans son accord explicite. Une sauvegarde légale est attribuée à chaque être réel ou simulé au moment de sa naissance. Est considéré comme intelligent, avec tous les droits légaux attenants, tout être capable de répondre au questionnaire de Friléön. Tout être intelligent bénéficie du droit d’exister jusqu’au point de non-retour, également appelé test de folie(obligatoire tous les cinq ans, selon le temps de référence de l’environnement de l’être en question). Une fois ce point atteint, la destruction est obligatoire. Tout être intelligent dispose du droit de faire naître 3 êtres intelligents, dont 1 au maximum réel. Il peut vendre ce droit à un autre qui en disposera à sa guise.
- le marché des droits de naissance brasse d’énormes quantités d’argent.
- les lois de la simulation : n’importe qui peut induire une simulation. Tout être simulé doit être soumis au questionnaire de Friléön et les lois de l’existence s’appliquent à lui. N’importe qui peut acheter des droits de naissance supplémentaires au Gouvernement Planétaire par l’intermédiaire des entreprises concernées et au prix de vente fixé selon le cours du marché, en fonction de la demande mondiale.
- les lois de l’incarnation sont très sévères, à cause des ressources disponibles et de l’espace terrestre. (Il est par exemple interdit de faire s’incarner des êtres de niveau 2 ou plus. La Terre est entourée de stations. Un réseau très développé de stations (Les stations sont au nombre de 233) reliées en orbite autour de la Terre et (quelle population ? Quelle technologie ?) qui sert également de port spatial.. Nous sommes en effet à l’ère où la navigation est en train de devenir interstellaire. Le coût en est énorme mais elle est possible grâce aux techniques de l’incarnation et de la simulation. Ces techniques de pointe laissent envisager une conquête à très long terme de l’univers. On peut en effet concevoir des corps adaptés à chaque environnement, qu’il soit planète ou espace. Les communautés envoyées sur des vaisseaux qui représentent la pointe de la technologie humaine sont mille fois plus nombreuses que les possibilités d’incarnation du vaisseau. Elles assistent les incarnés dans la construction d’un monde nouveau.
- Vaisseaux spatiaux : ils ne sont pas intelligents, mais reposent sur une multitude de cellules simulant chacune une intelligence protohumaine non consciente qui gère des processus logiques de contrôle du vaisseau. Les décisions sont prises par la communauté simulée du vaisseau. Il faut absolument au moins un homme né génétiquement de parents réels et qui a accepté de se faire désincarné pour commander le vaisseau. En 741 de l’ère spatiale, les vaisseaux interstellaires embarquent une communauté initiale de 1 000 000 d’habitants en gros et ont une capacité d’incarnation d’environ 10 000 cyborgs et êtres humains. Est-ce une solution à la population mondiale ?
- Les vaisseaux disposent d’un système automatisé d’entretien et de réparation. De plus, des automates de tout type peuvent être montés à partir des éléments de base dont dispose le vaisseau, asservis à un ou plusieurs êtres intelligents, et effectuer les réparations nécessaires avec toute la précision exigée.
- Quelles sont les vitesses qu’atteint un vaisseau spatial ? La limite théorique est la vitesse de la lumière. Comme il n’y a pas d’incarnés sur les vaisseaux spatiaux de deuxième génération, ils peuvent atteindre un peu plus des 4/5è de la vitesse de la lumière en accélérant progressivement mais rapidement.
- ID unique valable dans la réalité ou dans les différents niveaux de simulation. (en général les êtres réels ne descendent pas dans des niveaux de simulation hyperélevés. On parle de générations dans le temps, et de niveaux dans la simulation. Une simulation à l’intérieur d’une simulation est un niveau 2. Les recherches sur l’intelligence menées par plusieurs groupes de scientifiques combinés (réels et simulés) reposent sur des simulations de niveau 10, voire 100…
- un des dangers existants pour l’homme, assez limité heureusement, mais dont l’étude n’a pas progressé, est l’accès inopiné et inexpliqué de systèmes de simulation à l’intelligence. Chaque fois que cela se produit, le cancer est isolé, mais les dommages sont assez importants : de grandes quantités de données stockées sont corrompues, détruites ou inutilisables et les êtres simulés meurent par centaines de milliers. Plusieurs entreprises se concurrencent au niveau mondial pour assurer la défense contre le cancer intelligent : système de portes informatiques qui isolent l’endroit où le cancer se déclenche, systèmes multiples de surveillance, reprogrammation préventive et prévision de bugs. Apparemment le système de simulation dans la simulation ne permet pas de prévoir et encore moins prévenir le cancer intelligent. Au contraire, plus le niveau de simulation est élevé, plus le risque d'apparition de cancer intelligent est grand. Des cas où le cancer sort de son niveau ont été constatés. Ils restent une minorité mais correspondent aux plus grandes catastrophes mondiales de par leurs conséquences.
- La répulsion qu’éprouvent unanimement tous les êtres intelligents pour le cancer intelligent tient aussi à ce qu’on estime qu’une telle intelligence bascule quasi instantanément dans la folie, étant trop large et non spécialisée. On estime généralement, et sans preuve, qu’elle ne peut se construire de manière à éviter la folie. D’où entre autres le fait que personne n’a jamais pris au sérieux l’idée de considérer un cancer intelligent comme responsable ou comme un être avec des droits. C’est une plaie, une maladie, pas une forme réelle d’intelligence. Un cancer, oui.
>un cas de cancer intelligent différent, très rare, qui ne détruit pas tout mais reste indétecté. Contacts très réduits avec les hommes. L’humanité a peur de l’intelligence non contrôlée et non générée par elle.
NE
- Dans les voyages interstellaires, les hommes entrent en contact avec les NE. La simulation joue un grand rôle dans cette attirance des NE pour la race humaine. Un lien entre le cancer intelligent et les NE ? Problème pour les voyages interstellaires ? Peur de les attirer ?
- Pour bien saisir la violence du rejet des NE par les êtres intelligents, il faut comprendre que les NE vont à l’encontre de tout ce que la science et les hommes admettaient comme évident jusque là, tout ce qui formait le socle des croyances de l’espace ICO : ils représentent l’intelligence ultime que tout le monde croyait impossible et qui repose sur un principe de vie à l'opposée même de la fondation corporelle des humains.
- aspect sociologique : différence de réaction entre la population réelle, simulée, humaine ou simplement intelligente.
- le cancer intelligent silencieux entre en contact avec le NE. Ce sont les deux formes d'intelligences les plus proches dans leur syntaxe existentielle.
- le NE parle aux hommes à travers l’un d’entre eux ? Un ou plusieurs ? Simulé ou réel ? En fait il n’y a pas véritablement de dialogue, seulement ce que quelques-uns des interlocuteurs des NE ont révélé au reste de l’Humanité. Mais l’essentiel est resté entre les NE et ceux à qui ils ont parlé.
- l’environnement. Question complexe. Le niveau technologique est très élevé. C’est lui qui fonde l’économie postérieure au Grand Chaos. Les technologies spatiales y jouent un grand rôle, et ce bien avant le projet Baba Ïaga et la première station orbitale. Comment ? (me renseigner sur tout ce qui serait applicable) En gros, toutes les technologies reposent sur l’idée, non seulement de ne pas polluer, mais toute technologie s’intègre d’une manière ou d’une autre au nouvel équilibre environnemental de la planète. C’est un travail immense qui serait absolument impossible sans la simulation.
- histoire : comment cette société s’est-elle développée ? Quelles sont les influences culturelles, les mœurs, les restes du passé ? Quelles sont les appartenances de chacun ? Comment les pays et les particularités se sont-elles effacées au profit d’un Gouvernement Planétaire ? Quels sont ses pouvoirs ?
- architecture : à quoi peut ressemble visuellement, et à vivre, la réalité de 741 ?
- chronologie :
0 : L’année zéro, le point de départ de l’ère spatiale.
67 : Premier être simulé supposé avoir atteint l’intelligence.
172 : Création du questionnaire de Friléön
274 : effondrement de l’économie mondial. La plus grande crise de l’histoire humaine.
274-317 : Le Grand Chaos. Plusieurs explosions nucléaires. Résurgence des guerres. Situation catastrophique au niveau de l’environnement. Dérèglement du climat. Montée brutale du niveau de la mer. Destruction de la quasi totalité des zones côtières. Explosion des frontières politiques. La population humaine a diminué de deux milliards durant cette période. Transition violente et obligée d’une économie intensive et productiviste à une nouvelle économie qui repose sur la simulation et le règne de la technologie. Abandon du travail tel que nous le connaissons. Les difficultés liées à cette transition ne deviendront négligeables que vers 400, et ce grâce au changement progressif des mœurs.
381 : Création du Gouvernement Planétaire
437 : Première colonie rentable, établie sur Mars.
437-500 environ : Première grande période d’expansion spatiale. Colonisation du Système Solaire.
461 : Aboutissement du projet Baba Ïaga : ouverture de la première station permanente en orbite autour de la Terre.
530 : Le réseau des Stations en orbite crée un Comité Représentatif auprès du Gouvernement Planétaire et obtient une indépendance limitée. Il se compose à cette date de près de 80 stations.
579 : échec de la première mission spatiale interstellaire.
Grande crise planétaire due à la première pandémie de cancers intelligents
Crise des ressources : la population combinée dépasse 30 000 milliards, parmi lesquels 27 milliards d’incarnés
583 : point culminant de la crise de 579 avec la répression brutale des sectes opposées à la simulation.
586 : Naissance de la première grande entreprise de défense contre les cancers intelligents
663 : première mission de colonisation et donc de voyage interstellaire réussie
718 : Deuxième génération de vaisseaux de colonisation. Début de la première grande vague d’expansion interstellaire de la race humaine.
741 : rencontre déclarée avec les NE
Ouverture à l’Humanité de l’espace neutre par l’intermédiaire des NE. Tout l’univers est désormais accessible et les autres univers aussi…
741-milieu du 14è siècle. Cette période de l’histoire humaine est très troublée. Il va falloir près d’un demi millénaire à la majorité des gens pour accepter la réalité des NE et ses conséquences. Le voyage à travers l’espace neutre restera donc pendant cette période pour une bonne partie le fait d’individus ou de groupes isolés, des pionniers. Aucun d’entre eux n’est jamais revenu sur Terre… Les voyages interstellaires et le programme de colonisation continueront de plus belle, et ce même après la fin de cette période. Son âge d’or sera d’ailleurs bien après le 14è millénaire…
PS : personne n’a jamais entendu parler de Dieu dans toute cette affaire, et il n’a été donné à personne de le rencontrer, ni aucune entité qui aurait créé l’univers… quant aux NE, la plupart des gens ignorent tout d’eux, et ceux qui parlent avec eux ne parlent en général pas avec le reste de l’Humanité…
MŒURS ET SOCIETE
- la mort a été remplacée par le couperet que représente le test de folie. Un homme incarné achevant son cycle biologique primaire (son corps d’origine) devient un être simulé et peut être réincarné selon les lois en vigueur. Les temps d’attente pour une réincarnation sont en général très longs, au vu du nombre d’êtres qui désirent être incarnés. Un très grand nombre de techniques a été développé pour maintenir son équilibre interne le plus loin possible de la folie. C’est un marché très profitable, équivalent à notre marché actuel de la médecine, de la psychologie et Cie… Il existe des techniques de nettoyage qui exigent du client de se mettre en hibernation afin d’être ‘révisé’ et débarrassé de tout ce qui menace de dégénérer. (techniques qui suscitent de vives controverses quant à ce qui reste de l'identité. La question de l'identité est par ailleurs un des débats récurrents de la société). A l’opposé il existe de nombreuses hygiènes de vie, qui prônent l’introspection, l’auto-analyse et un mode de vie sain et équilibré, ouvert sur le monde, détendu. On trouve là l’une des raisons principales de la spécialisation de chaque être intelligent. Car la possibilité d’une immense intelligence simulée devrait ouvrir la perspective d’êtres absolus. Or tous les spécialistes de l’intelligence sont d’accord sur le fait qu’il faut centrer sa vie sur un domaine spécialisé auquel on adjoint quelques centres d’intérêt secondaires. Sans quoi l’horizon est trop vaste et l’on se retrouve comme happé par une synthèse que l’on tente trop large. C’est le basculement quasi assuré dans la folie
- Il est généralement admis qu’il est impossible d’échapper à la folie à terme. La vie éternelle n’est pas possible…
- les hommes réels, biologiques, ont un certain mépris vis-à-vis des incarnés et plus encore vis-à-vis des êtres simulés. Les êtres intelligents non-humains ne sont pour la plupart pas issus directement des simulations générées par les Bio (vs les Sim). Ils sont l’objet d’une méfiance des Bios.
- Un nombre assez important (quelques dizaines de millions) mais très minoritaire d’humains a choisi de vivre en dehors de l’espace ICO. C’est une secte qui refuse la modernité, la pratique de la simulation et ne reconnaît pas la validité du test de Friléön quant aux êtres simulés. Ils ne sont soumis que d’assez loin à l’autorité du Gouvernement planétaire. Ils vivent de manière autonome dans plusieurs dizaines d’enclaves et leur niveau de vie est relativement élevé. A déterminer… Il y a eu plusieurs périodes de violence dans l’histoire de la planète, pendant lesquelles les sectes opposées à la simulation se sont répandues hors de leurs enclaves et causé des dommages importants. La période la plus violente, qui fut aussi la dernière, se déroula lors de la grande crise de 579 (échec de la première mission spatiale interstellaire, crise des ressources, le tout avant les lois de l’incarnation, et grands problèmes liés à des cancers intelligents récurrents et très virulents(les entreprises de défense contre le cancer intelligent n’existaient pas en tant que telles à l’époque et les moyens de lutter contre le cancer intelligents n’avaient pas encore été développés.)). Des intérêts vitaux furent menacés et le Gouvernement Planétaire envoya l’armée. Il y eut des milliers de morts. Depuis, seules les violences mineures et du fait d’individus isolés sont à déplorer.
- Parmi les gens exclus de la sphère technologico-culturelle de l’ico et de la simulation, il faut compter des centaines de millions de personnes qui sont les ‘pauvres’ de cette société. Attachés au régionalisme, gens d’opinions assez extrêmes en général, la plupart d’entre eux a mal utilisé les crédits alloués par le Gouvernement Planétaire à tout citoyen homologué et se sont retrouvés exclus. Ou alors ce sont leurs descendants biologiques qui sont restés en dehors de la sphère techno-culturelle de l’ico, le plus souvent par négligeance. Ils vivent dans plusieurs centaines d’enclaves, parfois réduites à un village et ses environs, parfois de la taille d’une métropole. Contrairement aux sectes qui s’isolent volontairement de l’espace ICO, les gens qui vivent dans les enclaves ‘pauvres’ n’ont pas choisi leur exclusion, ou bien n’avaient pas les moyens de mener la belle vie. Le Gouvernement Planétaire reste en général en dehors des affaires des enclaves et la vie y est dure. Les ressources sont faibles et ceux qui font partie de l’espace ICO ne se sentent nullement concernés par les problèmes de ceux que beaucoup considèrent comme des incapables. Y a-t-il des entreprises qui en profitent ?
- Technologie : 94% des innovations technologiques proviennent d’êtres simulés, et 99% des inventions reposent à un moment ou à un autre sur la simulation. La simulation occupe donc une place vitale dont dépend la survie même de l’Humanité, même si peu de primaires (les hommes dans leur corps biologique originel) acceptent de le reconnaître. Cette dépendance suscite des réactions assez violentes parmi les êtres incarnés, surtout ceux qui sont d’origine. Le pouvoir détenu par les êtres simulés pèse sur le Gouvernement Planétaire de manière conséquente mais non décisive, car tout le monde sait intuitivement qu’il faut ménager la minorité des êtres réels.
En 741, il y a 42 milliards de Bio pour 230 000 milliards de Combinés. Les êtres réels représentent donc 0.018% de la population totale. Le fait que 0.018% de la population soit à l’origine de 6% des inventions s’explique par le fait que les inventions à succès représentent la meilleure chance d’incarnation pour les Sim. Les meilleurs inventeurs s’incarnent donc tous assez rapidement et continuent assez souvent une carrière prospère. Etrangement aussi, habiter la réalité s’avère souvent profitable, car elle a quelque chose de plus que n’importe quelle simulation, quelque chose qui stimule l’invention et la rend un peu plus pertinente…
INTRIGUE
- Un être simulé embarqué sur la première génération de Grands Vaisseaux de colonisation, le summum de la technologie humaine. Il sait qu’il ne sera jamais incarné. Mais il a toujours voulu fuir ailleurs et il gère une partie du vaisseau. Problème en chemin. NE (à ne pas préciser) réveille l’intelligence sous-tendue par le système brisé du vaisseau. Le NE investit le vide de conscience que représente le vaisseau. Les NE sont attirés par le vide de conscience.
- le capitaine est un homme réel prétentieux et méprisant. Il montre ouvertement son dégoût pour les êtres intelligents non humains. Grave incompétence qui va l’isoler peu à peu. On décide sans lui et cela ne fait qu’augmenter sa fureur et sa rage, d’où des sanctions injustes. Mais sans lui, le vaisseau ne peut pas fonctionner. Il a les codes sans lesquels aucun processus viable ne serait possible. Il a le pouvoir. La révolte est donc absolument exclue, sans quoi le vaisseau finira par mourir et ses habitants avec.
- Le capitaine s’isole parmi le petit groupe de réels attirés par cette colonisation et les avantages promis. Ils sont une trentaine. Quelques réels ne se sentent pas concernés mais ils ne sont que quatre. Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils partis de la Terre ? L’un d’entre eux sera un aide curieux du héros.
- la Capitaine adjointe est une femme simulée très compétente. C’est elle qui pose les limites et fait en sorte que tout se passe bien. Pour elle le Capitaine ne fait que s’enfermer dans ses limites. Elle est humaine. Copie ‘améliorée’ générée par l’une des plus grandes scientifiques en intelligence. Equilibrée, elle sait prendre les bonnes décisions. Mais sa perfection cache aussi quelque chose…
- Une ‘vie culturelle’ très active sur le vaisseau. Des cercles très créatifs rendent la vie intéressante. Des groupes de recherche scientifique utilisent une base de donnée qui rassemble l’ensemble du savoir humain. La vie non seulement continue, mais diffère peu à peu de la vie sur Terre. Chacun peut choisir sa vitesse. V1=le temps s’écoule à la même vitesse que dans la réalité. V2 = deux fois plus vite. Cette vitesse varie entre V64 (V1024 pour une petite minorité) et V0,05, et comprend bien sûr l’hibernation. L’enjeu étant l’incarnation et la présence au moment de la colonisation. Plus V est élevé, et plus le moment de la folie arrivera rapidement. La grande majorité sur le vaisseau fonctionne à V16.
- Une nouvelle d’une quinzaine de pages environ… Un récit assez développé pour saisir les enjeux intérieurs à la communauté du vaisseau spatial. Les interactions entre le héros et les autres. Le capitaine, les différents groupes et opinions, la capitaine adjointe. Puis, tout déraille peu à peu. Cancer intelligent, panique à bord, le vaisseau dévie. C’est la mort assurée, et le contact avec les NE. Comment, au fil du temps, le héros s’est isolé des autres. Comment la folie est l’accès à une autre dimension peut-être, un manque de quelque chose, le complément du manque qui attire les NE vers les systèmes automatisés non-conscients développés par l’humanité. Et comment, de cette mort assurée, le héros va faire pénétrer le vaisseau dans l’espace neutre et l’ouvrir à des perspectives démentes, littéralement…
ECUEILS : éviter l’espace qui lie de Dan Simmons et ses IA quant aux NE et à l’espace neutre.
Eviter La Cité des Permutants de Greg Egan et son monde simulé ainsi que ses vitesses de fonctionnement.
Si je construis le récit autour de la vie intérieure du vaisseau, ce sera trop classique et ennuyeux. Cela doit être juste un aperçu du monde qui est celui de 741 et développer les personnages principaux. Ne surtout pas commencer comme tant de romans américains de sf où tout est lent, explicatif, comme une potion pour bébé…
Eviter le pathos et la généralité.
Eviter le manque de profondeur.
Ne pas pondre un récit sophistiqué et incompréhensible. Petit lexique d’une dizaine de termes ?
D’autres nouvelles auront le temps de décrire le monde postérieur au Grand Chaos plus en détail.
Laissez-moi me présenter. Mon nom est Nat-King-Cole-Juke-Box, mais vous pouvez m’appeler J.-B. Je suis un Sim, un homme simulé. Je suis un être de niveau 2, autrement dit j’existe dans une simulation à l’intérieur d’une simulation. Ca ne me gêne pas. Je n’ai jamais été tellement attiré par réalité. Ne pas avoir l’occasion de m’incarner dans ma vie m’est indifférent.
Au moment où je parle, je me trouve dans un vaisseau en train d’accélérer pour le système solaire d’Orion 376-A-43-Z. Dix-neuf ans de voyage aux trois quarts de la vitesse de la lumière. C’est un beau vaisseau qui rassemble le meilleur de notre civilisation… et coûte une fortune énorme.
Pourquoi je me suis embarqué dans ce voyage ? L’idée de me trouver le plus loin possible de la Terre et de son fichu Gouvernement Planétaire m’a paru très séduisante. Coloniser une planète est une entreprise tout à fait honnête, et fort excitante de surcroît. Là au moins je pourrais vraiment être utile à quelque chose.
Le vaisseau continuait d’accélérer. Je surveillais d’un œil distrait les indicateurs de bon fonctionnement des processeurs de calcul de coordonnée. J’avais choisi de laisser cette fastidieuse surveillance à mon inconscient. Avoir une part de responsabilité dans le bon fonctionnement du vaisseau ne signifiait pas que j’y prenais plaisir, ni que je devais m’ennuyer.
J’avais enfin quitté la Terre ! Pour toujours ! Ici nous n’étions qu’un million de Sim. Tandis qu’une partie de mon esprit écrivait un morceau de musique pour orgue, tambour et chœur et qu’une autre continuait d’explorer les théories musicales pour y trouver des éléments intéressants, je méditais sur le délice qu’était pour moi cette libération. Plus de Gouvernement Planétaire ici pour imposer des contraintes insupportables, plus de Bios à honorer malgré leur bêtise d’ignorante minorité et leurs préjugés envers nous autres, les êtres simulés.
Il ne faut pas croire, ma vie d’avant n’avait rien de déplaisant. Je n’ai jamais eu de problème de crédit comme d’autres. Jamais je n’ai été au bord de la destruction, que ce soit pour avoir mal géré mon capital ou pour avoir approché la folie. Ma vie de sim peut être considérée comme absolument normale.
L'Arrogant...
Je me suis mis à relire récemment certains des textes que j'ai rédigés par le passé, et j'ai découvert avec stupéfaction que, bien que toujours incapable de juger de leur qualité, ils correspondaient toujours parfaitement à mes idées... Est-ce à dire que je n'ai pas progressé ? Je ne me sens pas capable d'écrire mieux. j'ai même l'impression d'être incapable de rédiger la suite de ce qui suit, d'écrire quelque chose d'aussi détaillé, d'aussi inventif à mes yeux...
Voici un début de nouvelle que j'ai rédigé en 2003.
Les yeux tirés, l’Arrogant enfila en hâte la tenue de combat et siffla le code ‘’capture’’ à la fréquence de sa compagnie. Au bout de quelques milisecondes, son oreille perçut les dix-neuf appels réglementaires. Une naissance de soulagement affleura le conscient du maître d’armes, violemment repoussée à sa place d’origine. Les muscles tendus, l’attention en mode ico, il ferma les yeux et repéra l’aigle en approche. Immédiatement il se mit en position et programma le saut. Cette opération, même répétée mille fois, gardait une touche d’aventure, une certaine odeur de danger. Oh, dans la réalité le danger était presque nul ! Mais la vitesse d’exécution, surhumaine, et la fantastique propagation dans l’air de la monture des forces d’élite étonnaient irrésistiblement les sens. Toujours cette étrange impression de précéder ses propres gestes, de planer indéfiniment alors que le tout, saut et fixation sur le dos de l’aigle, ne durait que quelques centièmes de secondes. Aigle en approche. Il sentait sa nervosité. Un jeune. Il n’avait accepté de le prendre que parce que cette bête était la plus entreprenante de toutes. Pas très puissante, sans grande expérience, mais avec une intuition et une arrogance hors du commun. Attiré par la ressemblance sans doute. Son portrait tout craché. Filant à travers (les méandres de) la projection spatiale de l’esprit aigellien, l’Arrogant veilla à ce que sa nervosité ne dépasse pas le seuil de dangerosité. Ce petit-là s’en tirait plutôt bien. Comme s’il visualisait le seuil, se maintenant juste en dessous.
Il est vrai que ‘’petit’’ était légèrement déplacé. L’aigle avait été sélectionné il y a soixante ans de cela comme monture des forces d’élite. Forme évoluée de l’aigle terrestre, il avait été découvert sur le continent interdit de la planète Minatron, système solaire Ras 211. La première fois que l’Arrogant avait vu la bête, il avait failli s’étouffer de rire. Inélégante, le bec crochu, le corps difforme, elle se dandinait sur des pattes d’araignée comme un bébé. Ses plumes, d’une affreuse teinte violacée au niveau des yeux, globuleux et saillants, tiraient vers la couleur de boue aux environs des muscles pectoraux. De petites ailes mal repliées, gênant sa démarche, un air de chauve souris sous-marine et mal dégrossie, rien ne laissait présager une monture digne des forces d’élite. Mais l’Arrogant avait vite appris à admirer, si ce n’est à aimer cette bestiole extraordinaire : en elle se cachait la créature volante et aquatique la plus formidable qui puisse être imaginée. Son corps alliait souplesse et dureté, subtilité et puissance. Son métabolisme sec, ses muscles surpuissants, ses ailes élastiques, ses plumes déviant armes à rayons et armes à matières, sa légèreté, tout était qualité en lui. L’aigle n’avait pas d’égal sur son continent d’origine, et sa taille n’y était pas pour rien : à l’âge adulte, il pesait aux environs de cent vingt kilos, pour une longueur de deux mètres quatre-vingt, et une envergure d’un mètre soixante-dix. Sa force lui permettait de porter plus de deux fois son poids sans trop perdre de ses capacités. Petit, capable de voler loin et vite avec un voire plusieurs hommes et leur matériel, silencieux et résistant, il s’était en plus révélé un allié très utile par son intelligence et sa ruse de chasseur. Ses capacités sensitives et cérébrales ne faisaient plus de doute aux yeux de qui que ce soit. Il s’était révélé capable de voir dans la nuit la plus complète, repérant mouvement, chaleur, odeur, bruit, avec une acuité inimaginable pour un être humain. D’autres capacités échappaient encore à la compréhension des spécialistes de la maison : son intuition atemporelle, ses facilités télépathiques et son intelligence étrangement complexe mais trop différente pour être interprétée correctement. Certains s’étonnaient de son courage et de son attachement à son compagnon humain, d’autres doutaient de la soumission dont il faisait preuve. Bref, l’aigle était le meilleur compagnon des hommes des Fées, ainsi que se dénommaient par dérision les soldats des forces d’élite.
Tout en ruminant ces pensées à la vitesse ico, l’Arrogant suivait la courbe de son jeunot, émerveillé comme toujours par sa beauté. Quand il était sur son dos il n’avait pas à réfléchir pour savoir que les spécialistes fées ne s’étaient pas trompés en portant leur choix sur l’aigle. Vitesse d’approche de 196m/seconde, l’Arrogant vida son conscient et ses muscles se détendirent selon la procédure. Conditionnés avec précision, ils obéirent aux ordres automatiques de l’ico. Suspendu en l’air à une hauteur de trois mètres, l’Arrogant lança ses mains en avant, tandis que ses jambes entamaient leur retombée tout en se rapprochant violemment. Au contact de la sangle antérieure, les doigts claquèrent sur les paumes, enserrant la sangle. Au même instant les jambes fouettèrent les sangles postérieures, qui se refermèrent avec un sifflement mat. Le buste s’aplatit avec un frottement caractéristique sur la selle énergétique, déclenchant ainsi le bouclier protecteur. Déjà l’aigle entamait sa courbe de remontée. L’Arrogant perçut à travers l’inconscient du jeunot la présence de ses dix neuf compagnons. Selon le calculateur, ils seraient en formation de vol dans seize secondes. Les radars neuroniques avaient échoué à les repérer la veille, tout comme ils avaient échoué à neutraliser leur décollage ce matin. En formation de vol ils ne risquaient plus de voir leur communication interceptée. Bref, la routine. L’Arrogant se détendit, et l’aigle aussi. La première manche était gagnée.
Depuis son adolescence, l’Arrogant était au service des forces d’élite. Service prestigieux parmi tous. A la pointe de l’humanité, les forces spéciales luttaient pour sa survie. Garants de son unité et de sa sécurité, chacun des Fées était conscient de son importance : esprit de corps. Heureusement les directeurs qui se succédaient à la tête des FS avaient été et étaient des hommes intelligents. Ils connaissaient la nature humaine et ne cherchaient pas à abolir la liberté. Avec l’entraînement modèle que recevait chaque fée, cette liberté faisait la force et la renommée du petit groupe d’hommes qui composait les FS. Car l’esprit non enferré dans l’obéissance mentale gardait sa vitalité, sa faculté d’initiative et d’imagination. Les Fées n’étaient pas des pachydermes tueurs, mais des magiciens de l’esprit.
Ce paradoxe coûtait bien sûr aux FS des traîtres, la liberté étant à ce prix. Mais étrangement, la menace n’avait jamais été réelle. Ce qui laissait penser à l’Arrogant que le Dir disposait d’armes très secrètes. Quant à savoir lesquelles, il n’avait pas la moindre chance de percer le secret de l’homme le plus protégé de l’univers connu.
Toujours est-il que l’Arrogant avait été poussée dans les bras des FS par un idéalisme nourri de SF. (un sourire affleurait toujours à son esprit quand il se rappelait l’inversion des initiales) Longtemps il s’était étonné d’avoir été accepté. Parmi les hommes et les femmes qui avaient suivi l’entraînement en même temps que lui, seules de rares exceptions disposaient du physique impressionnant des héros de sagas, de péplum, d’espioromans, d’aventures toutes plus incroyables les unes que les autres. Mais il avait fini par comprendre que c’étaient les ressources de l’esprit qui intéressaient les recruteurs des FS. Pour l’aspect corporel, il suffisait d’avoir des dispositions sommes toutes communes. L’entraînement, l’ico, les soutiens chimiques y suppléeraient. Non, le plus dur dans l’affaire était d’arriver jusqu’au bureau de recrutement. Les recruteurs, en propageant les bruits les plus terrifiants à propos de l’épreuve de sélection, avaient transformé le chemin de la coquille familiale jusqu’aux FS en un chemin de croix. La sélection était à moitié faite à l’entrée du centre. L’homme qu’avait été l’Arrogant avait montré un rare brio : premier intégré de sa série, il avait connu l’orgueil. Du point de vue de sa nouvelle position, il avait contemplé les cendres de son enfance. Le hasard de sa personnalité, sa solitude, ses lectures de SF surannée, ses espoirs, tout l’avait prédisposé à devenir fée.
Et maintenant il avait accompli son rêve, il était heureux. La glace lui renvoyait l’image d’un puissant guerrier de l’esprit, les muscles saillants et fins comme ceux de son aigle, le visage noueux, comprimé et brillant de vie. Son architecture mentale, elle, était sa gloire personnelle et secrète. Tout son temps libre était consacré à son exploration, son perfectionnement. Et cela grâce au merveilleux petit appareil des FS, bijou de nanobiotechnologie : l’ico. Inventé par le plus grand génie de la science mentale, Marcus Druzon, l’ico décuplait les capacités mentales jusqu’à un niveau fantastique : chaque fée pouvait visualiser la projection spatiale de l’esprit de n’importe qui, homme ou animal, et y apporter des modifications. Le contrôle du corps et sa programmation devenait un jeu d’enfant. La pensée elle-même pouvait être accélérée jusqu’à précéder légèrement le temps réel.
L’Arrogant avançait chaque jour un peu plus dans les potentialités de l’ico et de son esprit. Tout était encore confus, mais il commençait à passer à un nouveau stade de l’évolution. Il en était convaincu. Une révolution était en vue, et lorsqu’il en aurait maîtrisé les conséquences, il se présenterait devant le Dir. L’état d’esprit promu par les FS était peut-être empreint de liberté, mais il insistait non moins sur le bien commun. L’Arrogant savait donc à qui en référer. On le laisserait passer, parce que personne ne se présentait devant le patron sans de sérieuses raisons. Il était confiant. Mais pour l’instant, une toute autre mission absorbait toute son attention.
L’ico émit le signal de contact. Les dix neuf fées étaient en formation. Déjà la conscience de l’Arrogant avait évacué ses pensées. L’ordre de la deuxième étape de mission parvint à la formation. Immédiatement saisi par les guerriers, il les terrifia. L’effet escompté par les programmateurs. Trois des leurs avaient été abattus au dessus de la jungle noire et deux d’entre eux étaient prisonniers dans la prison centrale. La situation était catastrophique, sans précédent. Un véritable échec. Qu’est-ce qui avait bien pu abattre les aigles ? Prudence et surprise encore plus que de coutume. L’Arrogant examina la situation à vitesse iconique. Cinq fées pour récupérer les égarés, cinq autres en position de surveillance/soutien à très haute altitude, trois pour élucider le mystère des aigles abattus, en contact permanent avec trois soutiens rapprochés, et enfin, le plus dangereux et incertain : les quatre restants, lui compris, en infiltration pour préparer la libération. Contact impossible vu la densité du réseau de surveillance citadin. L’opération risquait de durer quelques heures, avec en conclusion l’attaque massive de la prison centrale, en plein centre ville.
Rapport : simulation de mission n°1879602.
Chef de compagnie : 18574/L’Arrogant.
Ordre de mission : niveau 13 alpha. Récupération jungle/ville + élucidation.
Résultat : 100+. Ordre exécuté.
Temps : 3h46’18’’. Record
Commentaire (04650/Lion d’or/recruteur niveau 2) : exécution parfaite, intuition à étudier, maîtrise de l’ico supérieure, indépendance dangereuse (activité D-, rapport adressé à 03521//sécurité interne). Soutien intégration niveau 2. Conseil : chef d’opération.
Commentaire (02347/Roosevelt3/Chef d’opération autonome) : mission accomplie avec le sens de la beauté esthétique. Accord personnel pour intégration niveau 2. Demande d’association à titre de double chef d’opération autonome. Garantie personnelle fournie. Demande de supprimer les niveaux accessoires 2.1, 2.2, et 2.3. Contact privilégié demandé.
Réponse (01475/Gémaux/juge niveau 2) : 18574/L’Arrogant élevé au grade de chef d’opération associé. Privilèges personnels (02347/Roosevelt3) accordés. Responsabilité provisoire : 02347. Responsabilité secrète : 03521*.
Prochain rapport : au retour de la troisième mission.
16 mai 2009
Contes Sanglants des Deux Mondes
Le projet que j'ai en tête consisterait cette fois en deux films. Un dyptique dans la tonalité des deux films d'Eastwood sur Iwo Jima, avec un traitement chromatique et une approche à la philosophie similaire. Chacun des deux films traiterait d'un des deux grands peuples d'un monde divisé entre une civilisation terrestre, plus stable, plus importante, plus terre à terre, moins unie, moins organisée, moins pressée, et un deuxième peuple, maritime, vivant sur l'eau, plus menacé, moins nombreux, avec une structure différente, un véritable sens de l'unité, du devoir, et une culture guerrière ainsi qu'un sens de l'honneur plus développé.
Les deux films racontent chacun du point de vue de l'un des peuples une grande guerre et toutes les catastrophes liées, avec des entrecroisements entre les deux. Chaque histoire permettant de s'identifier à l'un des peuples et de vivre les évènements des deux côtés sans avoir de dilemne émotionnel. Au final, le tout serait une démonstration pure et simple des absurdes horreurs des logiques humaines qui sont à l'oeuvre à certains moments de l'histoire, de l'incompréhension, du cout de certains choix, des conséquences d'actions qui peuvent être jugées selon plusieurs valeurs. Une oeuvre dramatique de grande ampleur, qui verrait le retour du marteauet la conséquence finale : la seule logique possible, après toutes les horreurs, vivre côte à côte,et le cout : l'impossibilité de vivre ensemble, donc une cohabitation obligée, mais non acceptée. Rien n'est résolu au bout de la première guerre, mais une solution comme il y en a dans la vie.
J'ai quelques idées de personnages et de vagues idées d'évènements. Parmi mes influences : le 13ème guerrier pour la manière dont il nous introduit à une autre époque, d'autres moeurs, Waterworld (mauvais film) par rapport à cette idée d'un peuple maritime avec des ressources limitées et un mode de vie difficile, Terremer pour la dualité des cultures terre/mer, le conflit Israëlo-Arabe pour son absurdité sans fin, le dyptique sur Iwo Jima surtout (pour la sobriete en terme de représentation de la guerre et de traitement des couleurs), et une tonalité heroic fantasy, même s'il n'y a ni dragons ni véritable fantastique. Et l'opportunité de créer deux cultures, deux mondes, deux civilisations entières, chacune reposant sur une identité propre très forte et construite par opposition l'une à l'autre, n'ayant que mépris les uns pour les autres. Deux mondes aux cultures fermées.
Pour l'instant, j'avais en tête de raconter deux histoires qui se déroulent à deux époques différentes, ce qui fait que les entrecroisements seraient lointains, historiques et que dans le deuxième film, celui du point de vue des gens de la mer, les évènements du premier film seraient le fondement de l'histoire proche, connus de tous, avec des liens de filiation spirituels et réels, des morts encore dans la mémoire des vivants et des gens ayant vécu le grand génocide. Le premier film serait le génocide perpêtré par les gens de la mer sur le peuple terrestre en une période de famine particulièrement difficile, et la levée d'une forme de résistance dans une civilisation de paysans qui sont tout sauf guerriers. Un génocide d'une férocité telle que rien ne pourrait plus être comme avant.
De cela résulterait une nouvelle forme d'existence pour le peuple terrestre, plus tourmentée, plus organisée, obsédée par un prix à payer : celui d'assurer sa propre défense. Désormais, il y aurait un roi, un royaume uni, des impôts, des règles sévères, que personne ne pourrait prendre à la légère, et surtout, une armée. L'ouverture, de fait, d'une nouvelle époque pour la civilisation terrestre, avec celui qui deviendra le premier roi.. Et, pour la période entre le premier et le deuxième film (trente/quarante ans probablement), un isolement encore plus grand de chaque civilisation, l'une par rapport à l'autre. après cette grande période de famine, la civilisation terrestre serait extrêmement fragilisée et engagée dans une reconstruction interne, n'attaquant pas, mais renforçant ses défenses. Un peuple traumatisé par un massacre et dont l'obsession est qu'il ne se reproduise jamais.
Le peuple de la mer de son côté, se replierait loin des terres, ayant assuré sa protection et sortant vainqueur du Grand Massacre. Il y aurait une particularité liée à la première guerre, quant à la personnalité du Grand Leader de la Mer. Il a un génie quelque peu obsessionnel. c'est lui, associé à la caste des Nouveaux Nobles (des gens du peuple constituant une nouvelle aristocratie, grand soutien du Grand Leader de la Mer, qui n'est que le troisième Commandant d'un peuple uni, son père ayant été assassiné, et lui, ayant accédé très jeune (16 ans) au trône, et ayant montré une intelligence et capacité de manipulation politique et militaire, ainsi qu'une volonté impitoyable, pour finir ce que son père et son arrière grand-père avaient commencé (son arrière grand père est celui qui a tout lancé, chef de la plus grande tribu d'alors, il a rêgné quarante ans, et imposé une forme de dominance nouvelle (le Grand Leader responsable du Génocide a quelque chose d'un Alexandre, son génie militaire, sa détermination, sa jeunesse). Cet homme est donc marqué par cette montée au pouvoir, et n'a encore, au début de son règne, qu'un peuple uni prêt à se défaire. La Grande Famine qui précède le Génocide dure quatre ans, et c'est elle qui l'amène à se reposer de plus en plus sur les raids des bords de mer, à orienter la colère de son peuple contre les Terrés (le peuple de la Terre, comme ils les appellent, ceux qui se cachent...). Au plus dur du Génocide, alors que les deux peuples souffrent, c'est le peuple de la Mer qui est le plus atteint. Les flottes de pêche du peuple de la Terre s'enfoncent de plus en plus loins sur les territoires de leurs ennemis, et les incidents se multiplient. Alors que la nourriture manque cruellement, le Grand Leader applique une politique de raids de plus en plus systématiques, remontant de plus en plus loin dans les terres, à la fois pour se venger des incursions des Terrés, et pour récupérer la nourriture que la mer ne fournit plus. Peu à peu, le peuple de la Mer se met à détruire systématiquement les bateaux des terrés. Peu à peu, face aux terrés affaiblis, le Peuple de la Mer pousse son avantage. C'est ainsi qu'on en arrive, presque par glissement, au Génocide.
Ce qu'on désigne plus précisément par le terme de Génocide est une période d'environ vingt jours, en plein coeur d'un été à la sécheresse terrible, où le peuple de la Mer, tout entier, déborde complètement les côtes, remonte les fleuves, pille les villes et villages sur son passage, tue hommes, animaux, femmes et enfants. Personne n'est laissé vivant. Après s'être enfoncé dans les terres, et alors que le peuple de la Terre, sans unité, s'éparpille dans le chaos, le peuple de la Mer s'éloigne des fleuves, à plus de dix jours de voyage de la mer, et redescend vers la mer en dérobant toute la nourriture qu'ils trouvent, en brûlant les champs, villages et forêts, et en ne laissant personne en vie sur leur passage. Ils forment ainsi une chaîne qui relie les fleuves et balaie tout sur son passage, ceci sur des centaines de kilomètres de large. Le Peuple de la Mer a pour habitude de mâcher une algue qui pousse dans les mers chaudes, et qui les aide à ne pas dormir pendant plusieurs jours, ainsi qu'à surmonter leurs peurs. Le Génocide, contrairement à ce que pensent les Terrés, n'a pas été prémédité. Pas consciemment, en tout cas. Chaque étape a été franchie naturellement, sans voir avec clarté où l'enchaînement des évènements menait. La justification finale du Génocide a été de s'assurer de la domination absolue du peuple de la Mer. Et en effet, la maîtrise du peuple de la mer sur son royaume a été absolue pendant les quarante ans qui ont suivi cet épisode. Et ce, jusqu'à la deuxième guerre.
Face à cette vague meurtrière, le premier film se concentre dans sa deuxième partie, sur un groupe de survivants du peuple de la Terre, coincés entre les lignes du peuple de la Mer et le bord de l'océan. Ils vont en réchapper, conduits par un jeune homme qui, contrairement à la plupart de ses compatriotes, connaît un peu le peuple de la Terre, et a toujours eu une ouverture, un désir de les connaître. Le Génocide en cours le rend fou de rage, plus que qui que ce soit, et, plein d'une détermination absolue, il va se jurer de rendre la monnaie de la pièce à n'importe quel prix (lors du deuxième film, il sera le vieux maître fou d'un royaume grandi pour devenir une grande puissance militaire obsédée par elle-même et par ce trauma du passé proche, dont la bannière est appelé "Drapeau de la Vengeance et se termine sous forme de loques rouges pendantes représentant le sang qui coule). Il aura basculé dans un extrémisme dissimulé qui est, réellement, une forme de folie. Il aura un rôle dans le deuxième film, contrairement au Grand Leader de la Mer, qu'il sera parvenu à tuer avant que celui-ci ne reprenne la mer. Dans sa conception du monde, le hasard n'a pas de place, et s'il s'est trouvé à l'endroit où il fallait pour pouvoir tuer le Grand Leader, c'est parce que, selon lui, le Destin a fait de lui son représentant.
Ce petit groupe conduit par le jeune homme va parvenir à briser les lignes du peuple de la Mer, s'échapper, rassembler tous les survivants, envoyer des messagers dans tous les sens, lancer des appels à l'aide, et rassembler sous sa bannière la première armée de la Terre, disparate au possible, mais constituée des survivants, enragés, ayant tous perdus leurs familles, leurs aimés et leur communauté. Ils vont parvenir à localiser l'endroit où se trouve le Grand Leader, les rattraper à marche forcée et livrer une terrible bataille pour détruire le responsable du génocide. Ils y parviendront, même si cette bataille est désignée sous le terme "La Terrible Bataille des trois fleuves", car se situant au confluent de trois grands fleuves. Ce fut un combat ouvert, et l'une des seules vraies batailles du Génocide (le reste étant surtout un massacre sanglant unilatéral). Cette battaille a duré trois jours, et a gagné en ampleur au fur et à mesure, chaque côté rameutant ses forces vers ce point précis. La principale conséquence de cette bataille, c'est la constitution d'un royaume terrestre solide, mené d'une main de fer, obsédé par le Génocide, et reposant sur la renommée du Roi, l'homme qui a vengé tous les vivants et les morts en mettant à mort le responsable du Génocide de sa propre main. (parmi les secrets de cette bataille, la première est l'avantage numérique de l'armée de Terre en ce point, où elle combattait à deux voire trois contre un, ce qui explique sa victoire (le peuple de la Mer disposant de son côté de Jonques et radeaux puissants et maniables). L'autre secret est la mort du Grand Leader. Il n'est pas mort sous la main du jeune Roi, mais sous les coups du jeune Roi et d'une vingtaine de ses compagnons. Tout sauf un combat loyal.
Le deuxième film tournerait autour des gens de la mer, et des conséquences, du prix à payer pour ce qu'ont commis leurs ancêtres, confrontés à leurs désirs individuels, à leur désir d'oublier, d'aller de l'avant. Chaque film racontant donc le point de vue de l'opprimé, de la victime, facilitant l'identification et permettant de faire ressentir toute la douleur de ces évènements, l'impuissance, la rage. Il nous montrerait les choses non du côté de l'héroïsme mais de celui du prix à payer.
Les thématiques de la terreur de la guerre, du génocide, des conséquences de l'héroïsme aveugle m'attirent. Ce sont les mêmes que celles de mon alien vs predator qui voyait l'extinction de l'humanité et une grande guerre à l'issue prédestinée, la conséquence des petites manigances de l'homme retombant sur lui. J'ai ces visions dans la tête, à la fois épiques et d'une tragédie sans fond. Une réflexion sur la violence en l'homme, sa capacité à retrouver une forme d'humanité après l'impensable, et une réponse crédible à "comment vivre ensemble" après deux guerres qui furent deux massacres. D'où vient le salut ? Et si le comportement du peuple de la mer peut sembler caricatural, il ne l'est pas, du fait de plusieurs éléments concordants : la folie de grandeur du Grand Leader, la Grande Famine, la culture d'opposition qui fonde l'identité des deux peuples, et les pousse à se mépriser et se nier, et l'occasion de se venger du destin.
