J'ai un tournage mercredi. Je tourne un court-métrage pour moi. Pour la première fois, au lieu d'espoirs vagues, je me dis que je peux faire quelque chose de concret qui donne un bon résultat, même si le tournage ne sera pas de tout repos... Je suis heureux. Je vais pouvoir finir de monter enfin ce premier court que je n'avais jamais achevé, et que je dois bien aux acteurs et à ceux qui y ont participé et m'ont donné plusieurs nuits.

C'est dingue à quel point d'arriver à faire, à agir, change tout. Je suis enfin passé dans le monde réel, celui où j'ai un avenir, où je vais enfin pouvoir construire une vie bien à moi. Et le projet de vie que je porte en moi, qui m'habite avec force depuis toujours, va pouvoir enfin mûrir et s'épanouir, s'incarner dans quelque chose de visible pour les autres.

Et oui, c'est fatiguant, et oui, je vais avoir beaucoup moins de temps libre qu'avant. Surtout que j'essaie de mener de front mon travail à la boite de prod et des projets personnels qui ne me rapporteront rien si ce n'est l'expérience. Je n'ai ainsi pas été au cinéma depuis environ deux semaines, ce qui est horrible, mais bon. Je préfère les choses ainsi à continuer ma consommation boulimique de cinéma. Consommation qui devrait par ailleurs enfin me servir à quelque chose.

Ce qui m'arrive est, de fait, une mutation complète de mon système, de mon modèle économique. Lorsque le vidéoclub fermera, je serai tout seul, je n'aurai plus de plan de secours. J'aurai un loyer à payer, ma nourriture à acheter, toutes les traites mensuelles qu'exige la vie technologique en société. Un autre modèle de vie, où assurer mon indépendance doit s'équilibrer avec poursuivre mes ambitions.

Signing out to a new life that requires daily fight.

dgrv