Malgré ses maladresses, j'espère que vous verrez au-delà...


	D
	E
	DEHORS
	A
	N
	S

Pour M.
 
J'ai pris mes peurs et j'ai couru jusqu'au bout de l'abîme
j'ai sauté, volé comme un enfant, 
le vent
m'a pris dans ses bras, m'a léché le visage, d'amour 
et là
parmi vous
j'ai rêvé d'une vie sans absences, de cœur et de fer
d'intense sommeil et de travail sur soi
de voir à l'horizon et d'être près de toi

J'ai cessé de mettre des rimes à mes portes
un jour
quand la peur du néant s'en est, tranquille, allée

et je ne nierai pas
la mort
cet infini, m'effraie et me console
on m'attend, chaque nuit, mais non plus chaque instant
du côté de mes morts, ceux qui squattent mon cœur
Et si je n'oublie pas, je ne suis oublié

la seule façon de savoir que j'existe
sous les soirs froids d'hiver, par le ciel enfourné
c'est frapper quelques coups au portail des belles gens
de ceux dont j'ai l'espoir de voir fleurir le cœur
et d'embaumer le monde dont ils sont
dont je suis.

Trop souvent, dehors, emmitouflé
je suis resté à la fenêtre,
étrangement heureux de souffrir à regarder dedans, 
réunis et bavards, ces gens que j'aime tendre,
infinis de grâce marchant sur ma Terre
amis, aimés, aimants

Dehors, il y avait, cette tristesse douce
qui me faisait souffrir et me rendait spécial
qui me faisait pleurer dans un vide glacial

et j'ai vécu dehors
jusqu'au jour, où j'osai frapper un peu plus fort
le bonheur n'étant pas aveuglant, 
on m'ouvrit
et j'appris à rentrer, laissant le froid, l'infini de mes peurs, 
quelque part, 
enterrés sous un amas de neige
triste et seuls avec soi
je repris les battements de mon cœur.


La mort
cet infini, si proche, me fascine
et parfois je la vois, au dehors, qui m'attend
pourtant
le cœur des voix m'enchante
merveille
et j'oublie d'avoir peur

...

Au milieu des sourires musiques de douceur
et, sans condition, des paroles données
j'entends silencieuse presque, parfois
une âme à la porte frappant sans y croire
et je crois
je crois en toi.