Suite à cet article, qui m'a été soumis par une connaissance, j'ai voulu répondre au problème de fond et de forme assez sévère que j'y ai perçu et traiter de la politique urbaine et de transport de la ville de Paris et de Delanoë. Je tiens à préciser que je ne me reconnais ni de gauche ni de droite et que je n'ai aucune affiliation politique. Il ne s'agit donc en rien d'un article politique.

 

Pour la forme, cet article est un l'expression d'une opinion. Point. Aucune statistique, aucune référence à une étude, à des recherches et évaluations. Comme c'est un sujet qui m'intéresse, j'ai vu certaines études sur les politiques d'aménagement des villes, et à priori, voici leurs conclusions et pourquoi il me semble que cet article fait tous les mauvais choix (mais c'est normal, les bons sont contre-intuitifs) :

 

  • La politique consistant à augmenter le nombre de places de parking, le nombre de voies, la facilité à circuler a l'effet opposé à celui attendu, à savoir fluidifier le trafic. Comme ces mesures facilitent la circulation, plus de gens achètent des voitures et circulent en voiture, augmentant ainsi à nouveau le trafic, rendant la circulation encore plus difficile qu'avant à cause de goulots d'étranglement qui se trouvent dans la ville. Conséquence : plus de gens en voiture, plus de pollution, plus d'embouteillages. Et il y a un tel nombre d’habitants à Paris et d’utilisateurs potentiels de voitures qu’il n’y a pas vraiment de limite à cela. Plus on va faciliter la circulation, plus il y aura de gens en voiture, plus on polluera.

    Par ailleurs, Paris a la spécificité d’être très petit et il n’existe pas de solution à l’heure actuelle pour les agrandir.

 

  • Rendre plus difficile la circulation, taper dans le porte-feuille, en effet (rendre l'essence plus cher à l'échelle d'un pays, faire payer une taxe ou n'autoriser dans une ville que les voitures de résidents ou gens y travaillant (système mis en place avec des scanners automatiques dans certaines villes au-dessus des voies d'entrée et de sortie), rendre les stationnements plus chers,...) ce sont les seules méthodes qui améliorent la circulation et la pollution dans une ville. Evidemment, cela signifie que, comme on rend la circulation plus difficile au départ, il y aura en effet plus de bouchons et de problèmes. Mais ce sont ces mêmes problèmes qui vont amener des gens à abandonner leur voiture et se déplacer autrement.

    Pour le fait que cela touche tous les revenus, c'est vrai. on pourrait imaginer une déduction pour les foyers les moins aisés, mais que la politique soit positive (diminuer le cout des transports en commun ou augmenter le prix de l'essence), cela s'appliquera à tous. Et la voiture sera toujours plus chère que le transport en commun dans une ville.

    Par ailleurs, réduire le tarif sur les transports en commun rend plus difficile le financement des investissements indispensables (qui sont de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards). Donc en augmentant le prix de l'essence et en rendant plus cher et plus compliqué le déplacement en voiture, non seulement on change les comportements, mais en plus on finance une partie du réaménagement de la ville.

    En gros, la seule solution pour faire abandonner la voiture aux gens c’est de procéder comme pour la cigarette : taper dans le porte-feuille. Et remplacer par autre chose.

 

  • Il est ainsi bien évident qu'une politique rendant plus difficile la circulation en voiture demande une politique de remplacement : vélib, autolib, voies pour les vélos, aires de stationnement de vélos, politique d’amélioration des transports publics, covoiturage. Paris mène de telles politiques de manière active.

    Et je voulais répondre en particulier à la critique faite aux transports publics parisiens. On a des transports de très grande qualité, mais il faut voir les chiffres de gens transportés. Ca se compte en millions par jour, en augmentation constante, et ce en particulier sur les périodes de pointe. Dans toutes les très grandes villes au monde, vous voyez les mêmes difficultés. Paris étant minuscule, celles-ci sont encore augmentées. Mais le Stiff, la région d’Ile de France et Paris investissent énormément, rénovent le réseau et l’améliorent constamment. J’en tiens pour preuve l’amélioration des bus, les nouveaux trams, le système des bus de nuits (qui est une vraie réussite, malgré la réticence de beaucoup de gens que je connais à l’utiliser) (par ailleurs, il semblerait que le métro et les bus normaux vont être amenés à circuler dans l’année qui vient, ou en tout cas dans un avenir proche...)

    Alors oui, c’est désagréable d’être emballé comme une sardine dans une rame de métro bondée, mais c’est aujourd’hui quelque chose qu’il est très difficile de résoudre dans de grandes et vieilles villes comme Paris.

    Pour les pannes et grèves, là aussi, je trouve que c’est exagéré. Quand vous regardez au plan statistique et pour la quantité de gens transportés, il me semble que le système de transport parisien s’en sort plutôt bien. Et par ailleurs, c’est pour pallier à cela que la ligne 1 est en train d’être automatisée.

 

  • Bref, tout ceci pour défendre une politique qui est finalement ambitieuse au niveau de la région parisienne et de l’Ile de France. Il y a certes des erreurs et des difficultés (les voies de bus aménagées sont en effet très discutées et les avis sont partagés), mais si les voies de Seine doivent être fermées, je soutiens cela. C’est un premier pas pour forcer les voitures hors du centre et amener les Parisiens à changer de mode de vie.

    A nous de faire le reste.