16 mai 2009
Contes Sanglants des Deux Mondes
Le projet que j'ai en tête consisterait cette fois en deux films. Un dyptique dans la tonalité des deux films d'Eastwood sur Iwo Jima, avec un traitement chromatique et une approche à la philosophie similaire. Chacun des deux films traiterait d'un des deux grands peuples d'un monde divisé entre une civilisation terrestre, plus stable, plus importante, plus terre à terre, moins unie, moins organisée, moins pressée, et un deuxième peuple, maritime, vivant sur l'eau, plus menacé, moins nombreux, avec une structure différente, un véritable sens de l'unité, du devoir, et une culture guerrière ainsi qu'un sens de l'honneur plus développé.
Les deux films racontent chacun du point de vue de l'un des peuples une grande guerre et toutes les catastrophes liées, avec des entrecroisements entre les deux. Chaque histoire permettant de s'identifier à l'un des peuples et de vivre les évènements des deux côtés sans avoir de dilemne émotionnel. Au final, le tout serait une démonstration pure et simple des absurdes horreurs des logiques humaines qui sont à l'oeuvre à certains moments de l'histoire, de l'incompréhension, du cout de certains choix, des conséquences d'actions qui peuvent être jugées selon plusieurs valeurs. Une oeuvre dramatique de grande ampleur, qui verrait le retour du marteauet la conséquence finale : la seule logique possible, après toutes les horreurs, vivre côte à côte,et le cout : l'impossibilité de vivre ensemble, donc une cohabitation obligée, mais non acceptée. Rien n'est résolu au bout de la première guerre, mais une solution comme il y en a dans la vie.
J'ai quelques idées de personnages et de vagues idées d'évènements. Parmi mes influences : le 13ème guerrier pour la manière dont il nous introduit à une autre époque, d'autres moeurs, Waterworld (mauvais film) par rapport à cette idée d'un peuple maritime avec des ressources limitées et un mode de vie difficile, Terremer pour la dualité des cultures terre/mer, le conflit Israëlo-Arabe pour son absurdité sans fin, le dyptique sur Iwo Jima surtout (pour la sobriete en terme de représentation de la guerre et de traitement des couleurs), et une tonalité heroic fantasy, même s'il n'y a ni dragons ni véritable fantastique. Et l'opportunité de créer deux cultures, deux mondes, deux civilisations entières, chacune reposant sur une identité propre très forte et construite par opposition l'une à l'autre, n'ayant que mépris les uns pour les autres. Deux mondes aux cultures fermées.
Pour l'instant, j'avais en tête de raconter deux histoires qui se déroulent à deux époques différentes, ce qui fait que les entrecroisements seraient lointains, historiques et que dans le deuxième film, celui du point de vue des gens de la mer, les évènements du premier film seraient le fondement de l'histoire proche, connus de tous, avec des liens de filiation spirituels et réels, des morts encore dans la mémoire des vivants et des gens ayant vécu le grand génocide. Le premier film serait le génocide perpêtré par les gens de la mer sur le peuple terrestre en une période de famine particulièrement difficile, et la levée d'une forme de résistance dans une civilisation de paysans qui sont tout sauf guerriers. Un génocide d'une férocité telle que rien ne pourrait plus être comme avant.
De cela résulterait une nouvelle forme d'existence pour le peuple terrestre, plus tourmentée, plus organisée, obsédée par un prix à payer : celui d'assurer sa propre défense. Désormais, il y aurait un roi, un royaume uni, des impôts, des règles sévères, que personne ne pourrait prendre à la légère, et surtout, une armée. L'ouverture, de fait, d'une nouvelle époque pour la civilisation terrestre, avec celui qui deviendra le premier roi.. Et, pour la période entre le premier et le deuxième film (trente/quarante ans probablement), un isolement encore plus grand de chaque civilisation, l'une par rapport à l'autre. après cette grande période de famine, la civilisation terrestre serait extrêmement fragilisée et engagée dans une reconstruction interne, n'attaquant pas, mais renforçant ses défenses. Un peuple traumatisé par un massacre et dont l'obsession est qu'il ne se reproduise jamais.
Le peuple de la mer de son côté, se replierait loin des terres, ayant assuré sa protection et sortant vainqueur du Grand Massacre. Il y aurait une particularité liée à la première guerre, quant à la personnalité du Grand Leader de la Mer. Il a un génie quelque peu obsessionnel. c'est lui, associé à la caste des Nouveaux Nobles (des gens du peuple constituant une nouvelle aristocratie, grand soutien du Grand Leader de la Mer, qui n'est que le troisième Commandant d'un peuple uni, son père ayant été assassiné, et lui, ayant accédé très jeune (16 ans) au trône, et ayant montré une intelligence et capacité de manipulation politique et militaire, ainsi qu'une volonté impitoyable, pour finir ce que son père et son arrière grand-père avaient commencé (son arrière grand père est celui qui a tout lancé, chef de la plus grande tribu d'alors, il a rêgné quarante ans, et imposé une forme de dominance nouvelle (le Grand Leader responsable du Génocide a quelque chose d'un Alexandre, son génie militaire, sa détermination, sa jeunesse). Cet homme est donc marqué par cette montée au pouvoir, et n'a encore, au début de son règne, qu'un peuple uni prêt à se défaire. La Grande Famine qui précède le Génocide dure quatre ans, et c'est elle qui l'amène à se reposer de plus en plus sur les raids des bords de mer, à orienter la colère de son peuple contre les Terrés (le peuple de la Terre, comme ils les appellent, ceux qui se cachent...). Au plus dur du Génocide, alors que les deux peuples souffrent, c'est le peuple de la Mer qui est le plus atteint. Les flottes de pêche du peuple de la Terre s'enfoncent de plus en plus loins sur les territoires de leurs ennemis, et les incidents se multiplient. Alors que la nourriture manque cruellement, le Grand Leader applique une politique de raids de plus en plus systématiques, remontant de plus en plus loin dans les terres, à la fois pour se venger des incursions des Terrés, et pour récupérer la nourriture que la mer ne fournit plus. Peu à peu, le peuple de la Mer se met à détruire systématiquement les bateaux des terrés. Peu à peu, face aux terrés affaiblis, le Peuple de la Mer pousse son avantage. C'est ainsi qu'on en arrive, presque par glissement, au Génocide.
Ce qu'on désigne plus précisément par le terme de Génocide est une période d'environ vingt jours, en plein coeur d'un été à la sécheresse terrible, où le peuple de la Mer, tout entier, déborde complètement les côtes, remonte les fleuves, pille les villes et villages sur son passage, tue hommes, animaux, femmes et enfants. Personne n'est laissé vivant. Après s'être enfoncé dans les terres, et alors que le peuple de la Terre, sans unité, s'éparpille dans le chaos, le peuple de la Mer s'éloigne des fleuves, à plus de dix jours de voyage de la mer, et redescend vers la mer en dérobant toute la nourriture qu'ils trouvent, en brûlant les champs, villages et forêts, et en ne laissant personne en vie sur leur passage. Ils forment ainsi une chaîne qui relie les fleuves et balaie tout sur son passage, ceci sur des centaines de kilomètres de large. Le Peuple de la Mer a pour habitude de mâcher une algue qui pousse dans les mers chaudes, et qui les aide à ne pas dormir pendant plusieurs jours, ainsi qu'à surmonter leurs peurs. Le Génocide, contrairement à ce que pensent les Terrés, n'a pas été prémédité. Pas consciemment, en tout cas. Chaque étape a été franchie naturellement, sans voir avec clarté où l'enchaînement des évènements menait. La justification finale du Génocide a été de s'assurer de la domination absolue du peuple de la Mer. Et en effet, la maîtrise du peuple de la mer sur son royaume a été absolue pendant les quarante ans qui ont suivi cet épisode. Et ce, jusqu'à la deuxième guerre.
Face à cette vague meurtrière, le premier film se concentre dans sa deuxième partie, sur un groupe de survivants du peuple de la Terre, coincés entre les lignes du peuple de la Mer et le bord de l'océan. Ils vont en réchapper, conduits par un jeune homme qui, contrairement à la plupart de ses compatriotes, connaît un peu le peuple de la Terre, et a toujours eu une ouverture, un désir de les connaître. Le Génocide en cours le rend fou de rage, plus que qui que ce soit, et, plein d'une détermination absolue, il va se jurer de rendre la monnaie de la pièce à n'importe quel prix (lors du deuxième film, il sera le vieux maître fou d'un royaume grandi pour devenir une grande puissance militaire obsédée par elle-même et par ce trauma du passé proche, dont la bannière est appelé "Drapeau de la Vengeance et se termine sous forme de loques rouges pendantes représentant le sang qui coule). Il aura basculé dans un extrémisme dissimulé qui est, réellement, une forme de folie. Il aura un rôle dans le deuxième film, contrairement au Grand Leader de la Mer, qu'il sera parvenu à tuer avant que celui-ci ne reprenne la mer. Dans sa conception du monde, le hasard n'a pas de place, et s'il s'est trouvé à l'endroit où il fallait pour pouvoir tuer le Grand Leader, c'est parce que, selon lui, le Destin a fait de lui son représentant.
Ce petit groupe conduit par le jeune homme va parvenir à briser les lignes du peuple de la Mer, s'échapper, rassembler tous les survivants, envoyer des messagers dans tous les sens, lancer des appels à l'aide, et rassembler sous sa bannière la première armée de la Terre, disparate au possible, mais constituée des survivants, enragés, ayant tous perdus leurs familles, leurs aimés et leur communauté. Ils vont parvenir à localiser l'endroit où se trouve le Grand Leader, les rattraper à marche forcée et livrer une terrible bataille pour détruire le responsable du génocide. Ils y parviendront, même si cette bataille est désignée sous le terme "La Terrible Bataille des trois fleuves", car se situant au confluent de trois grands fleuves. Ce fut un combat ouvert, et l'une des seules vraies batailles du Génocide (le reste étant surtout un massacre sanglant unilatéral). Cette battaille a duré trois jours, et a gagné en ampleur au fur et à mesure, chaque côté rameutant ses forces vers ce point précis. La principale conséquence de cette bataille, c'est la constitution d'un royaume terrestre solide, mené d'une main de fer, obsédé par le Génocide, et reposant sur la renommée du Roi, l'homme qui a vengé tous les vivants et les morts en mettant à mort le responsable du Génocide de sa propre main. (parmi les secrets de cette bataille, la première est l'avantage numérique de l'armée de Terre en ce point, où elle combattait à deux voire trois contre un, ce qui explique sa victoire (le peuple de la Mer disposant de son côté de Jonques et radeaux puissants et maniables). L'autre secret est la mort du Grand Leader. Il n'est pas mort sous la main du jeune Roi, mais sous les coups du jeune Roi et d'une vingtaine de ses compagnons. Tout sauf un combat loyal.
Le deuxième film tournerait autour des gens de la mer, et des conséquences, du prix à payer pour ce qu'ont commis leurs ancêtres, confrontés à leurs désirs individuels, à leur désir d'oublier, d'aller de l'avant. Chaque film racontant donc le point de vue de l'opprimé, de la victime, facilitant l'identification et permettant de faire ressentir toute la douleur de ces évènements, l'impuissance, la rage. Il nous montrerait les choses non du côté de l'héroïsme mais de celui du prix à payer.
Les thématiques de la terreur de la guerre, du génocide, des conséquences de l'héroïsme aveugle m'attirent. Ce sont les mêmes que celles de mon alien vs predator qui voyait l'extinction de l'humanité et une grande guerre à l'issue prédestinée, la conséquence des petites manigances de l'homme retombant sur lui. J'ai ces visions dans la tête, à la fois épiques et d'une tragédie sans fond. Une réflexion sur la violence en l'homme, sa capacité à retrouver une forme d'humanité après l'impensable, et une réponse crédible à "comment vivre ensemble" après deux guerres qui furent deux massacres. D'où vient le salut ? Et si le comportement du peuple de la mer peut sembler caricatural, il ne l'est pas, du fait de plusieurs éléments concordants : la folie de grandeur du Grand Leader, la Grande Famine, la culture d'opposition qui fonde l'identité des deux peuples, et les pousse à se mépriser et se nier, et l'occasion de se venger du destin.
06 mars 2009
Absolue nécessité !
Depuis les trois ans que je fréquente les cinémas avec assiduité, jamais il n'y a eu tant de chef d'oeuvres en même temps, tant de merveilles cinématographiques à découvrir.
En voici trois. Trois parmi tant d'autres...
La première, et la plus importante, est Slumdog Millionnaire, film innovant et merveilleux de Danny Boyle, qui révolutionne chaque genre possible et imaginable, l'un après l'autre. Et quand je parle de merveille, elle est d'autant plus grande que le chemin est éprouvant. Car Slumdog Millionnaire n'est pas un film "gentil". C'est un film réel, à la fois dans une certaine approche ultraréaliste, et qui pourtant laisse une grande part à la réalité de l'espoir et du rêve, de l'imaginaire.
Bref, c'est un film lumineux, qui va vous éblouir si vous ne l'avez pas déjà vu !
Deuxième merveille. Certainment moins connue de vous, et que, malheureusement, la plupart d'entre vous ne verront sans doute pas : Morse (Let The Roght One In). De cette ode poétique et sobrement sanglante à l'enfance et à ce mythe qu'est le buveur de sang, il est impossible à un être sensible de sortir indemne. La mise en scène, la photographie est éblouissante. C'est à cela que l'on reconnait l'art, à l'opposé de ces films sans goût (qui ne laissent pas de goût), pâle, Morse joue avec la profondeur, dans chaque cadre, chaque plan, chaque scène. La profondeur de plan, profondeur sans fin de l'âme.
Morse est l'histoire d'une rencontre. Celle d'un gamin et d'une fille vampire. Il prend son temps, dévoilant chaque chose en son temps, chaque reflet de l'âme. Oeuvre personnelle et puissante, avec sa liste de défauts (trop long car voulant couvrir chaque aspect du mythe, parfois ridicule par manque de moyens, une approche de film indépendant, qui peut en rebuter pas mal) au final mineurs. Car ce qui reste, c'est la beauté extraordinaire, la chaleur humaine qui émane de chaque plan de ce film qui nous vient de scandinavie, et laisse longtemps après, l'amertume de cette amitié/amour impossible.
Grand Prix de Gerardmer.
Pour en savoir plus : La critique de dvdrama
Troisième chef d'oeuvre, celui de David Fincher, cette fois : Benjamin Button. Un film extraordinaire, conte philosophique et histoire d'amour la plus pure et la plus belle qui soit, parfois un peu énervante certes. A travers ce film, je n'ai cessé de rire et pleurer, le plus souvent en même temps. Et bien qu'il y ait quelque chose de fondamentalement classique dans son approche, ainsi que trente minutes en trop, peu importe. Car au final, Benjamin Button est un film qui restera dans l'histoire du cinéma, et on le regardera encore dans cent ans. Parce qu'il est ce que le cinéma peut offrir de meilleur : une vision incarnée, grâce à un défi technique incroyable.
2008 était l'année de la revanche des Geeks.
2009 est l'année de la revanche des créateurs en général. Ils ont suivi l'exemple de ceux qui, parce qu'ils vivent peut-être plus dans un monde intérieur, ont appris les premiers les chemins de la création dans cette industrie impitoyable qu'est le cinéma.
A vous les studios !
22 décembre 2008
AVP Inheritance : Le comment du pourquoi
Je vais répondre au com de Norkhat et apporter les éléments de réponse que j'ai développés. Les mêmes questions se sont posées à moi dès le début de mon travail sur le scénario.
Tout d'abord, la première image que j'ai eue pour ce film, c'était son point de départ. Je l'ai même écrit dans sa version plus ou moins finale. La voici :
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RIPLEY
(voice over)
Pride makes you underestimate your ennemy./gets you killed
Fear makes the ennemy more deadly than he is./gets you killed
Only a few manage the perfect balance between these two inheritances from our past
and overcome our flaws as a species. Only they can call themselves warriors and
stand a chance against the War Gods.
All they need... is luck.
We see black space, full of far away stars moving slowly. Then, in this absolute void, sunbeams appear, and we notice, in this pure light, a diamond like stone. As the sun appears, we follow the stone, and realize it flies at an amazing speed. Its direction happens to meet a space station, that, as we realize immediately, is orbiting around the Earth.
The station is a complicated, huge, roundlike shaped structure, protected by an outside shell. On our side is written « Space Biology Research Station » with the sign of Danger.
The diamond transpierces the outside shell easily, cuts through a pipeline transporting a very cold, white liquid and, most of all, an alimentation cable. Then, it crosses a corridor that looks like the corridors in the Alien's ship and goes right through the heart of a man wearing a suit on which is written « Main Ingenieur » He falls silently, letting his inspection computer fall out of his hands. Disappearing in the tube-like hall again, it crashes brutally into a very special wall.
In the corridor, we see many glass boxes through which we can see frozen aliens, lightened by the failing lights in the corridor, blurred in a white translucid liquid. As we pass a notice that says « Alien Queen N°7A5371 MDW », we see a huge dark, frightening shape wrapped on itself in a very large glass tank. As the music stops, the Queen moves one claw. We understand that the asteroid cut the alimentation cable to the Aliens' conservation tanks.
BLACK SCREEN
TITLE :
ALIEN VS PREDATOR
INHERITANCE.
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Pour élaborer cette courte introduction, voici quelques éléments de recherche :
D'abord, pour répondre, la première chose que les Prédator feraient en arrivant sur Terre serait de prendre le contrôle de tous les systèmes de communication, tous les satellites existant, ainsi que de mettre en place un système qui leur donnerait le contrôle absolu des airs. Après tout, c'est une société à la technologie bien plus avancée que la notre. En gros, à partir du moment où les Prédator débarquent, toute coordination humaine devient impossible, toutes les stratégies élaborées à échelle mondiale, stratégique et même locale s'effondrent. Il ne reste plus que des groupes isolés qui essayent de survivre.
Quant à inventer de nouveaux extra-terrestres, je l'ai envisagé, en effet. Mais pour l'instant, je préfère explorer la version alien/predator et voir si cela me mène quelque part. J'avoue ne pas me sentir capable de me mesurer au monument que sont les aliens. Par contre, à force de me casser la tête dessus, peut-être cela finira par m'ouvrir d'autres portes quant à l'identité des envahisseurs.
Ensuite, pour ce qui est d'éviter de faire un "Independance Day", c'est très simple : les aliens de ce film et les aliens dont nous parlons ici n'ont rien à voir. Les Alien de Ripley ne sont pas une société de type humanoïde, technologiquement avancée. Ils n'ont pas la maîtrise de l'air, pas de machines. Donc, ne serait-ce que visuellement, cela n'a rien à voir. La manière dont l'invasion se déroulerait n'a rien à voir non plus. Et les aliens sont tout sauf des body snatchers. Ils n'essaient pas de se glisser dans la peau des humains. Il s'agit dans les deux cas de films trop différents de par leur nature même. Je n'envisage pas non plus un héros qui sauverait le monde entier. Mon histoire se déroulerait à un niveau plus modeste, même si décrivant aussi ce qui se passe d'un point de vue global.
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CHARACTERS
ACTIVE CHARACTERS
The importance of movement : aliens, predator and humans are very distinct in the way they move. It defines them, their deep nature. Aliens have a deadly beauty in the way they move all together as one, all incarnations of one unique Will, stirring in one direction. They are intelligent, extremely intelligent, but they are driven by only one thing : survive and destroy. They move with the grace of a herd, have the same change of direction at the same time when they run. What defines aliens is that they have one goal, and they run head on to that goal, and will do whatever it takes to reach it. Aliens never give up. As long as they are alive, they WILL find a way. This certainty reflects in the way they move. INSTINCT TO KILL
The Predator are the most powerful individuals that ever existed. They have a whole armour and weapons compound connected to their neural system. They are fast as hell (a small fraction of second), and are literally War Gods. They fight alone using tricks and a wide range of strategies to kill, but when fighting as a pack, they follow the patterns of brilliant strategies that are as much intuition to them as killing is to aliens. They move like dancers, accelerating sometimes to a point where the eye can't follow. They are always one step ahead of whatever is happening around them. In the way they move is reflected their ability to follow and foresee everything that is happening around them in all directions. STRATEGIC INTELLIGENCE
The Humans on the other side, are a mix of both extremes. They are individuals who take pride in their uniqueness, and do not manage to have the perfect coodrination that both aliens and Predator achieve. What defines humans is flaws. There exists no perfection in their movement, the way they behave and act together. Whatever they do, the result is chaos. DESIRE & FEAR, IMPERFECTION & CHAOS
ALIEN QUEEN
The original alien queen is actualy modified by humans. She is a mass destruction weapon that was created to destroy alien races, except it was impossible to get the planets in alien's claws back. How did humans get a hand on it ? They found it on a planet, dead from time but with preserved genes and studied it, using simulation environment to see what would happen. Then, they created aliens that were kept in a coma situation all the time, and stored enough alive aliens to be able to hit an outer space invader if it became necessary. This was a secret Operation with a secret funding. Only the Space Agency has access to this information. This was done in the years 2030 at a time when there was not much control from the WWS on the agency yet. The files concerning this have been stored and are only known to a few of the Space Agency leaders. The alien queens have a perfect spatial memory.
OTHER ALIEN QUEENS
OTHER ALIENS
ALIEN SPACE/SOUND PERCEPTION : something similar to the complex informations on the helmet of a pilot ? They see with a great precision, any sound, movement or heat difference. They hear the beating heart and arteries. They feel radio waves, magnetic field, have a sense of light rays or anything. They perceive their own kind in a special way. Concentric lines that are shaken and enlightened when anything might indicate danger or prey.
One scene when the alien stops suddenly, listening, the camera comes from behind, enters in the alien, and moves on inside his way of seeing. As the alien listens to something far away, the camera runs through the landscape and we discover that the alien hears every footstep : we see the shape of one foot appearing out of thin air when it touches the ground, then disappear, then another, then the same reappears, and as the camera draws back and up, a whole army appears, foot first, then the rest of the body, the vehicles, etc... Back to reality, the alien yells and starts running at a terrifying speed. From behind, thousands of aliens follow.
ALIENS OF THE VOID QUEEN
PREDATOR PACK LEADER
OTHER PREDATORS
Les Predator sont tous des Guerriers puissants, d'une violence dantesque, sans la moindre considération pour les humains. Ils sont matures, et bien qu'il y ait un chef, les autres sont tout sauf des enfants de choeur soumis. Ils ont des armes différentes et travaillent en équipes. Ils ne sont pas sur Terre pour nous envahir, ni pour nous protéger. Ils sont là pour détruire les aliens. La seule motivation par rapport aux humains serait qu'ils viennent de découvrir la race humaine et envisagent d'en faire des esclaves. Dans ce cas-là, détruire les aliens signifie simplement pour eux détruire les loups qui menacent leurs brebis. Dans tous les cas, les Predator n'ont aucune considération pour les humains. Ils éliminent toute menace potentielle sans le moindre état d'âme.
HUMAN MILITARY CHARACTERS
Un officier de l'armée, responsable des hommes envoyés affronter le danger (plusieurs centaines de milliers voire millions : réfléchir aux enjeux politiques d'une telle situation : des soldats de tous les pays. En particulier Japon, Chine, Russie, Inde, karen, France, Allemagne, USA bien sûr : ils ont des drapeaux sur leurs uniformes. Quand ils jurent ou réagissent automatiquement, c'est dans leur langue d'origine.) Il se rend compte du massacre qui a lieu et ne peut qu'assister à ça. Il donne l'ordre de se cacher, de ne pas jouer aux héros. Leur disant qu'ils ne peuvent que laisser les Predators faire leur travail et espérer qu'ils ne seront pas sur leur chemin.
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Voilà enfin ce à quoi j'étais arrivé en terme des deux personnages principaux : deux amis, l'un américain, l'autre indien. Le premier étant le personnage principal, et le second l'éléctron qui lui est attaché.
Personnage central : Un officier à la tête d'une unité militaire qui fait partie du cordon de protection mis en place et qui se retrouve isolé parmi les hordes d'alien dans un bâtiment au milieu d'une ville détruite qui a été bombardée. Il se défend intelligemment mais en se faisant repousser et réduire en nombre. Puis débarquent les Predators. Un predator entre, les sauve d'abord, puis les tue. Sauf un petit nombre qui survit à l'apocalypse, uniquement pour découvrir à la fin les alien qui tombent.
L'officier de l'armée, expérimenté. Environ 40 ans. Sobre, attachant, efficace. Ne se met pas en avant. On sent qu'il réfléchit vite et agit sous pression. Il a vécu des moments difficiles et a beaucoup appris. Modèle : Rommel. Un visage marqué par la vie. Il est vénéré par ses hommes, qu'il mène en étant le modèle de la résistance, de la bonne humeur et de l'humanité. L'un des combats qu'il mène est le combat contre la folie, l'inhumanité qui réside forcément dans la violence, la confrontation à la mort et le chaos absolu.
C'est un homme seul, d'une beauté fatiguée, et qui avait autrefois une prestance qui a séduit les femmes. Il a ainsi vécu avec plusieurs femmes, qu'il a aimées, et qu'il a quittées ou qui l'ont quitté. Il a une certaine amertume de ce côté-là, un amour qu'il ne peut donner et des enfants qu'il n'a jamais eus. Il lui manque ce foyer, et il donne cette tendresse dissimulée à ses soldats. Son lien avec le conseiller indien est particulièrement fort.
Leur rencontre date d'un voyage de jeunesse en Inde, à l'époque de sa jeunesse, où il cherchait encore sa voie, se demandant s'il devait entrer dans l'armée ou suivre une voie de création. Il a rencontré cet indien
INDIAN PRESIDENT PERSONNAL ADVISOR (M. Night Shyamalan)
Le conseiller du président indien, un jeune homme de 35 ans. Comment expliquer sa clairvoyance ? (quelle expérience précédente ?) Un lien depuis un incident spécial avec le Président. Ils travaillent ensemble depuis 7 ans. Un événement traumatisant, où le conseiller a fait preuve d'une incroyable clarté de jugement sous pression. Quelque chose lié à son enfance et à ses parents.
Bengali ou Sud Indien. Une culture Dans le Sud maths et sciences logiques : presque chaque enfant rêve d'aller dans les IIT (Indian institute of technology) (Université). Même si très axé sur les sciences, c'est ouvert sur le reste : culture gén très développée. Cours de socio psycho, littérature.
(Bengali : Marx et Rabindranath Tagore sont leurs Dieux. Restent très socialos. Culture structurée autour de lui, tout le monde cite son grand gitanjali.)
Classe moyenne pour le Sud,
He's a brilliant student from a middle class family. Student in a IIT, with a particular interest in international politics. From Bengalore or Chennai. His father is south Indian, and Mother from Bengal. A very warm, loving family. Like Sneharika's. He has been travelling around the country and on all the continents at family's contact places. He has befriended many people and has contacts all around the world.
He met the Military on a city train. You fall, someone catches you. Or you are the only traveller with someone else, a robber comes in, you become friends. He always practiced a fighting sport. He helps the American traveller. They spent the whole summer time together, travelling around India, talking about the world. Several years later, the Indian student came to visit his friend. They met when Molina was 20 and the Indian 15 or 16. The Indian was very mature for his age. He has always been the intelectual type...
The Military comes from a Jewish family. Darren Martin Joseph Levinson. Born in a very cultivate Jewish non religious family, democrat. He has always been. He is a Patriot, but he serves in the army because he thinks fast, has always been fascinated by tactics and strategy. He wants to do something. Not enough independence originally, so after talking about this with the Indian, it became obvious that all he wanted was to be on the warfield, to use his body and mind at their best. He has always been a healthy and quiet man because of his family. Both had a loving mother that stayed home and took care of them. His father was an important businessman and politicaly engaged. His parents didn't take well his engagement in the army at first. And their relationship was cold for a while, but then it became obvious that Darren was where he was supposed to be. He was happy, it was a hard job, but it was the way he wanted it. And he was still their son. He was born in the middle of the Recession Years, so he does not remember them, but he took part in all the Peacekeeping interventions that followed, being in one of the Elite Brigades of the US Army. Especially on the African continent and in the Middle East. He has always been as great a supporter of the WWS as his Indian best friend.
Throughout their life they both kept in touch, seeing each other when they could, sometimes even managing to go travelling together, and anyway writing emails and calling regularly. In the 20 years of their friendship, they have managed to go travelling 7 times, going to new places each time. Their best memories together include their first two month travel, their meeting, their long discussions on political themes, their travel through the Russian landscape, their travel to Israel.
The Indian is married for 8 years already, happy, and has two kids, two girls, one of which is handicapped. They have 6 and 5 years. Darren was never married but he had some very strong relationships. The first one started while he was in the army as a young soldier, when he was 21, and had an affair with a higher ranking Woman that had a strong authority. She left him after two years, when they got separated. It was never easy, but he learnt much from her. His second girlfriend was a beautiful sociology professor he met during a permission, aged 23. They stayed together 5 years, but in the end, Darren was too good a military. He loved his job too much and saw everything from that perspective. He left her. During five years, he had several light relationships. Aged 33, he met his last girlfriend, and became very attached to her. They stayed 6 years together. At the moment of the invasion, they were separated for one year already. They decided together to end te relationship. it just didn't work out. Their families did not like each other much. And then a lot of little things broke the connection little by little.
Darren and his Indian brother have never known hunger or poverty, but they travelled and saw how hard life could be. They both are quite self restrained, intelectual men, who like life, are very much attached to it and love what they do, finding meaning in it and always exploring new ways.
Darren is his friend's military advisor, helping him with everything he doesn't know.
Differences :
The Councelor does not lead men. He stays in the background, alert, watching, observing, thinking. He disappears sometimes to lead missions. He heads a little office of information analysis.
Darren is a decider, on a small level, but he's good at it. Always calm, always focused, always 100% into what he is doing, thinking fast and new.
The Indian has always been very easily excited. He jumps all around, behaves freely in a society where this is not easy. He is an original, with an amazing smile, easily noticeable, but quite respected because of his analysis.
Darren, on the other side, is warm, although he has a way of handling himself that is strict, elegant and military. He is very good at selfdiscipline, the Army is his life, when his Indian brother spends all his time in his job by passion. He has no discipline, fits in no known way. He is a free thinker.
Darren is his daughter's Godfather. he considers them as his daughters and has a very good relationship with his Indian Bro's wife.
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Voilà pour aujourd'hui. La prochaîne fois, je mettre un post avec deux scènes que j'ai scénarisées, du moins en partie.
AVP Inheritance : de la guerre
Suite à la suggestion très juste de mon ami Norkhat, je romps le silence dans lequel j'avais laissé mon blog trop longtemps, à mon plus grand regret.
Je n'ai jamais vraiment rien écrit, à part des bouts ici et là, ce qui n'est pour moi que quelques morceaux foireux d'un miroir brisé. Ainsi, plutôt que de chercher à écrire je vais sortir de mon placard une des nombreuses pistes que j'ai mises de côté ainsi que je le fais systématiquement.
Ainsi donc, il se trouve que j'ai été énervé par Aliens vs Predators 2 à un point tel que j'ai décidé d'écrire ma propre version de ce que devrait être la rencontre des deux créatures mythiques du cinéma, incarnations des fantasmes et terreurs les plus purs jamais mis à l'écran. J'ai décidé de le faire parce que le potentiel que j'y ai vu m'a donné des frissons à tomber par terre, alors que le résultat à l'écran était tragiquement nul.
Voici quelques éléments de ce que j'ai développé en cinq semaines de travail acharné.
La ligne de mon histoire tournant autour d'une guerre totale entre aliens et humains, puis aliens et predator et se déroulant sur Terre, j'ai développé tout ce qui concerne cette guerre, les stratégies, les armes, son déroulement, etc... Dans ce post, j'ai mis tout ce qui s'y rapporte.
Ce ne sont que des éléments de réflexion. Rien n'est formellement présentable, ni abouti encore. En développant mon histoire, de nombreuses options se sont présentées à moi. Le principe des scénarios étant la réécriture jusqu'à n'en plus pouvoir, rien n'est définitif, et si je reprend mes recherches liées au script d'AVP Inheritance, la plupart des choix resteront à prendre. Certains existent même en plusieurs versions dans mes textes.
Dernier avertissement : ce qui suit n'est pas l'intrigue du film, mais ce qui se déroule à l'échelle mondiale à ce moment-là. Le film, reflet d'un point de vue, aborde les évènements selon un point de vue qui n'est pas encore clair pour moi, mais que je présenterai la prochaîne fois.
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INTRIGUE. RÉSUMÉ :
débarquement d'une reine alien sur Terre
développement d'un nid alien sur la Novaya Zemlya ou sur une île russo-norvégienne dans la Mer de Barents (où il y a des mines laissées à l'abandon)
dispersion des packs, avec une reine à la tête de chaque pack
Repérage d'un pack par les satellites humains.
Premiers cafouillages diplomatiques. La Russie met en place une armée d'interception
Panique dans les labos de conception dans l'espace
Première bataille dans la plaine. Première défaite. Début du chaos
Enchaînement sur les nombreux autres packs qui s'attaquent par surprise et directement à des villes sans aucune défense. Les camps militaires, non préparés, se font détruire instantanément.
Débuts d'organisation, de pourparlers entre les nations
Les américains, jusque là épargnés, repèrent les alien par satellites, lancent les bombardements. Réussite partielle, mais échec final. Les grandes villes de la côte Est sont envahies
Mise en place d'un centre de commandement unifié qui essaye désespérément de coordonner les actions des différentes nations et armées. C'est un combat perdu d'avance. Pas d'habitude toujours méfiance des nations, en particulier de la Chine, de la Russie, de divers pays qui ne pensent qu'à défendre leur propre territoire, et des Etats Unis, qui refusent toute intervention extérieure.
Scènes de combats urbains. Au milieu de ce chaos, débarquent les Predator, qui neutralisent les satellites, coupant les communications sur terre, et tout ce qui flotte d'humain dans l'espace. Puis, venus à l'origine pour conquérir la Terre, ce petit Pack de Predators les plus puissants, se rend compte que les Aliens sont en train de leur prendre leur butin. Ils changent donc complètement leur équipement, et se lancent en urgence dans une guerre totale, qui consiste à se parachuter, et à attirer les aliens vers des points précis (urbains) où le Pack des Predator les détruit.
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SCÈNES DE BATAILLE :
La manière de filmer doit parvenir à faire ressentir, avec une grande lisibilité, l'affrontement titanesque qui se déroule devant nos yeux. Les Predator sont une race très ancienne construite autour de l'absence de peur et de l'intelligence au combat. Une société guerrière comme la caste des Méta-barons.
Les scènes de bataille se doivent de réfléter cette intelligence des Predator au combat, comment ils exploitent le moindre détail spatial à leur avantage et maîtrisent le terrain, survolant les combats, ne se laissant pas distraire une seule seconde par la mort d'un des leurs. Mais à la fin du film, ils rendent hommage à leurs morts de manière simple et poignante. Pas de pleurs. Juste le respect. La reconnaissance du courage.
Une chorégraphie des combats alien/predator à la matrix peuvent paraître à première vue artificiels et une stylisation peu nécessaire. Mais elle réflète en fait l'affrontement entre l'intelligence guerrière tactique ultime des Predator et l'instinct de tueur parfait des Alien. Elle rend la beauté qui fascine les hommes chez ces deux monstres. La tension vient du rééquilibrage que l'immense suprématie numérique des Alien crée. Les Predator se battent à un contre mille, et gagnent... Les humains ne sont pour eux presque que des insectes insignifiants. Malgré tout, occasionnellement, un Predator meurt, emporté par un Alien de trop. Le nombre des Predator se réduit donc lentement. Leur fatigue, leurs blessures augmentent, leurs armes se vident, mais leur unité ne faiblit pas.
Innover : ici, les Predator, conscients du danger que représentent les Aliens de Jeunet (cette nouvelle combinaison de l'intelligence de l'humain et de l'infinie résistance de l'Alien) vont impitoyablement combattre la menace que ceux-ci représentent. Cette fois-ci, ils se battent en groupe. Une unité d'élite parfaite, qui n'est en fait qu'une extension de la logique individuelle à l'oeuvre dans les predators et dans le premier AVP. Et ce ne sont plus de jeunes Predators sans expérience. Ce sont les vétérans. Ceci doit donner lieu à des scènes de guerre titanesques, MAIS lisibles.
Comment rendre à la fois la violence et la perfection presque artistique des Predators ?
Plusieurs scènes : d'abord, une bataille titanesque entre l'armée russe, avions, tanks, centaines de milliers de soldats et les aliens dans une plaine de la toundra totalement vide, où le combat tourne très vite en déroute puis en massacre. Il est déjà trop tard.
Ensuite, les humains, avec les divergences entre pays, l'urgence désespérée de la situation, la panique qui s'installe, l'impossibilité de prévoir la situation, les attaques de nouveaux packs d'alien là où on ne les attendait pas (ils nagent, traversent le pôle nord, débarquent au canada puis aux USA : scènes où tous les satellites sont tournés vers la Terre pour essayer de repérer les Alien à l'avance (et là, pour le coup, les USA parviennent à détruire à coup de missiles nucléaires des centaines d'aliens. Mais ceux-ci, s'adaptant, parviennent aux côtes américaines à la nage, et commencent à se déplacer de manière complètement dispersée, donc impossible à bombarder efficacement. Quand les américains essayent de bombarder le nid d'origine de la Reine, les boucliers antimissiles russes se déclenchent. Après, il est trop tard. Une reine s'installe dans la jungle amazonienne.
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Comment expliquer que l'extraordinaire puissance de feu des humains ne soit pas une barrière infranchissable qui briserait la vague alien (ceux-ci sont toujours en avance, déjà à l'intérieur, derrière les lignes. Il est tout le temps trop tard. C'est la désorganisation, le chaos. L'ensemble de la campagne ressemble à la retraite des Allemands face aux armées de l'Ouest dans la 2ème guerre mondiale : subissant la domination stratégique et tactique absolue des aliens, dispersée sur trop de fronts, soumise à une pression permanente. Elle est vouée à l'échec.) ?
La Reine alien commencerait par la Russie, la Russie ne voulant laisser personne l'aider, tomberait très vite. Puis, alors que les Américains essayent de la nettoyer, les boucliers antimissiles les en empêcheraient (radioactivité en plus). Ensuite, les aliens s'en prendraient à l'Europe (unie déjà sous un commandement unique), les pays du Caucase, incapables de se défendre, puis la Turquie et le moyen orient, et de l'autre côté la Chine, d'abord voulant régler seule le problème, puis, face au désastre (lignes pleines de soldats inexpérimentés, attaquées massivement la nuit, transformées en incubeuses (scènes de villes entières devenues des nids d'humains incubant les aliens), et derrière une population énorme et sans armes, qui fuirait les aliens dans un exode massif menant au chaos absolu, l'armée incapable de se déplacer, les routes bloquées, les cités de la côte bourrées de monde... problèmes de nourriture, etc etc, et très vite la Chine se joindrait au commandement commun. Premières lignes de résistance, armées unies. Les aliens traverseraient les Himalayas pour attaquer l'Inde. Là, le pays, ayant distribué des armes à tous, ferait face à un double front. Scènes de villages attaqués silencieusement la nuit, avec des gardes dans des tours repérant les aliens, sonnant l'alarme, et les villageois dans la nuit, terrifiés, face à des centaines d'aliens, se battant avec courage, mais terrifiés. Avec l'Europe et le front chinois, l'Inde serait le premier pays à résister vraiment, ralentissant l'avancée des alien. Ralentissement aussi au Moyen Orient, où les divisions seraient mises sous silence, et comme tout le monde a des armes et a l'expérience de la guerre, les aliens auraient affaire à une résistance farouche.
Scène d'un villageois luttant contre un alien avec un immense marteau. Scène de kamikazes se faisant sauter contre les aliens ou se faisant tuer avant... des champs de mines... explosant les unes après les autres. Les alien passant dans un étroit couloir...
Puis, une reine se retrouverait dans la jungle d'amérique centrale et du Sud, et parallèlement au Canada. Les Usa essayeraient de lutter sur les deux fronts. Mais en Amérique du Sud, ce serait l'expansion masive. Des millions d'aliens. Envahissement de la frontière des USA, et au Nord, malgré des bombardements relativement efficaces, la stratégie américaine serait vouée à l'échec. Parallèlement, abandonnant l'aide aux autres pays (pas le temps de reconvertir l'industrie, contrairement au moyen orient, avec leur production d'armes), les Usa essaieraient de faire face à leurs aliens, et reculant lentement, erreintés, laisseraient les autres pays dans la merde.
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WAR :
RUSSIA : They are the first to face an alien pack. At first, they close the borders and expulse all foreign advisors and journalists. But, after the first battle, on the Moscow front, (a less known battle happens at the same time on the East front, where a smaller army is completely annihilated, letting the China border completely vulnerable), they call for international help and join the united Human Race Military Council. Moscow is already overrun. As the first images appear on the internet and on the news, panic and chaos starts in Russia. People flee, roads are blocked. The military can't move their forces any more. All other countries start mobilizing and some start uniting throug the United Human Race Military Council. At first, the the UHRMC is only a place where countries share their problems, and solutions, assembling all knowledge on the aliens and the ways to fight them. But very soon, some countries give up their powers to it, so it becomes a central military power. India makes the rules change, alongside with Europe.
Russia does not care about its soldiers. Although its army is professional, they go massively. So, facing the unidentified aliens are all the units Russia could assemble in such short notice. It's chaos and no authority is strong enough to make it all work. It's just a massive human cattle that will be transformed into meat and give birth to a new army of aliens.
USA : As long as the aliens stay out of their continent, they keep out of the business, gathering information, helping with their satellites, sending reduced forces, and important quantities of weapons (especially to India, but also to Europe)they apply the strategy of a highly technological power : realizing the aliens move too fast and are already behind the lines, they bomb a massive zone, killing millions of people, but enabling a supposedly fair fight. They set up advanced positions that do not form a continuous line, meant to give some time for a second defense line to be built. But the front is too stretched. Too hard to hold. There are always leaks. And those advanced positions, supported by Air Force, fall one after the other. This is the first real fight.
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LES ARMES :
Predator : Ils ont, intégré dans le bras, un bouclier qui se déploie en un dixième de seconde et se replie à la même vitesse, qui les protège des projections d'acide. (ce bouclier grille toute particule qui s'approche à 1cm)
Les armes de l'armure intégrée des Predator sont comandées par commande neurale directe. l'armure des Predator est véritablement leur peau extérieure. Sans elle, ils ne sont pas complets.
Essayer parmi les gadgets à contrôle neural direct des mini propulseurs que les Predator utiliseraient pour amplifier leurs sauts et accélérer leurs mouvements. Ils seraient comme une extension de leurs muscles, à l'image de toute leur technologie : une extension
Une scène importante : celle où les Predators, se rendant compte de la présence des Aliens, prennent la décision de changer de plan, et, consécutivement, changent d'armes, d'armure et d'apparence. Scène quasi religieuse où ils se changent. (Mythologie Predator, liée aux figurines d'action)
Alien : La grande arme des Aliens est leur instinct de survie. C'est lui qui se décline dans tous leurs mouvements, leurs décisions, la manière de les montrer. Si l'on en revient au fantasme humain qu'incarnent les aliens, ils sont l'incarnation de l'esprit de survie, de l'instinct animal enfoui en nous tous, du tueur qui réside en nous tous, sans émotion, sans regret, sans considération morale. La mort, le meurtre définit les limites de leur identité. Les aliens se définissent par rapport à l'environnement et à son infinie résistance.
Humains : Les armes des humains sont barbares. Se distinguent : l'armée de métier, les unités d'élite, avec du matériel perfectionné. De l'autre les civils équipés d'armes peu puissantes et faiblement organisés, expérimentés...
L'armée humaine fonctionne de manière intégrée : toutes les armes combinées. Tant que les humains disposent de la suprématie dans le ciel, dans les communications, ils parviennent à un certain degré de résistance.
Voilà pour aujourd'hui. Tout commentaire critique ou suggestion est la bienvenue.
hé hé... (rire sadique et frottement de mains...)
20 juillet 2008
De l'argumentation et de la vie
"dans un film, aussi mauvais soit-il, il y a toujours une scène, un regard ou un plan de génie. Il y a toujours quelque chose de génial"
Martin Scorcese
J'en reviens à l'utilité de citer les grands de ce monde, ceux que tout le monde connaît. Après tout, l'inefficacité de mes opinions et théories doit beaucoup à mon incapacité à illustrer concrètement mon propos ainsi qu'à faire appel à toute une culture concrète. Après tout, mes impressions et sentiments ne suffisent pas. Cela reste de la rationalisation, mais voilà, sans support, rien ne passe.
cf le message précédent.
A la suite de l'interview vidéo de Guillermo Del Toro sur lequel je vous donnais un lien la semaine précédente, je voudrais vous proposer aujourd'hui un lien vers un court interview de Louis Leterrier, qui n'est pas particulièrement ce qu'on appelle un grand réalisateur, mais qui se révèle être fort sympathique et avoir un regard très intéressant sur le milieu du cinéma qu'il connaît.
http://www.dvdrama.com/news-27997-interview-louis-leterrier-partie-2.php
Vous pouvez lire la première partie de son interview ici. Elle concerne directement L'Incroyable Hulk qui sort la semaine prochaine. Elle touche moins directement à mon propos, mais elle est plutôt intéressante. A vous de la découvrir !
15 juillet 2008
La Revanche des Geek
Si...
Comme c'est devenu plus ou moins évident pour ceux qui me connaissent, je veux bosser à Hollywood. Là où existent les moyens, le savoir-faire, et le talent marketing et de production. Le problème est que l'originalité, l'intelligence émotionnelle, fidèle à ses propres standarts est connue pour s'y faire déchirer.
Pourtant, une vague de réalisateurs, geeks pour certains, sont en train de prouver qu'il est possible de dire non et de créer des oeuvres matures, personnelles et fortes dans ce carcan hollywoodien arriéré. Alphonso Cuaron avait montré la voie, en montrant qu'il était possible de s'approprier une franchise majeure, réalisant avec Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban ce qui reste pour moi le meilleur film de la saga et un magnifique film sur le temps (entre autres). Que ce soit Marvel avec Iron man (Jon Favreau), Christopher Nolan avec Batman Begins et The Dark Knight, Peter Jackson et sa trilogie, Guillermo Del Toro avec Hellboy (et son Hobbit potentiel), sans oublier Spielberg qui, malgré le script raté d'Indy4 est le plus gros succès de cet été jusqu'ici, et Shyamalan (dont le succès des trois derniers films est en demi-teinte) ainsi que les frères Wachowski (grosse prise de risque de leur part avec Speed Racer et qui va leur coûter très cher). Je me permet d'ajouter Pixar et son approche unique de la créativité, cassant très clairement les attentes qu'ont les gens vis-à-vis des films d'animation. Quant à Wanted, c'est peut-être un film plus hollywoodien et moins investi par son réalisateur, le russe Berkmambetov, mais il marque l'une des rares réussites d'un étranger dans le système des studios hollywoodiens. Tout ceci se produit en même temps. Coïncidence... ou avancée significative ?
Il me semble crucial, dans ma problématique, d'attirer l'attention sur ces réalisateurs qui, nés dans un système de production oppressif, où y étant venus avec une certaine intégrité, une vision et un amour du cinéma, une expérience de la dureté de ce monde surtout, voulant utiliser les moyens existants pour créer des films artistiquement ambitieux, y ont pleinement réussi. Tout le monde parle de la culture geek récupérée par le flux mainstream, par les studios qui veulent l'exploiter. Mais ce que je vois maintenant, c'est la montée d'une génération de réalisateurs qui s'en sont souvent pris dans les dents, qui se sont battus pour garder leur intégrité et qui savent dire non tout en comprenant la nécessité de certains compromis. Et ces amoureux du cinéma sont en train de se réapproprier cette culture que les grands pontes du marketting ont essayé de se mettre dans la poche, mais sans rien y comprendre. Et ils sont en train de remporter cette bataille parce qu'ils ont compris que succès et qualité pouvaient rimer, parce qu'ils se sont adaptés au système.
Alors qu'on y adhère ou pas, qu'on aime plus ou moins, il est important à mes yeux de rendre justice à ces réalisateurs qui tentent de leur mieux de préserver ce que j'aime dans le cinéma, qui essayent de faire ce qui est au coeur du cinéma : toucher, émouvoir, raconter une histoire. Même des films imparfaits comme Hancock ou 300 ont quelque chose, une originalité pour le premier, un vrai respect pour là d'où il vient pour le second. Et (je ne parle pas de 300, pur divertissement), quelque part sous les millions de dollars, ces réalisateurs préservent une âme. Je ferais n'importe quoi pour les y aider.
Tout ceci, au final, n'était qu'une introduction à une interview en douze parties de Guillermo Del Toro sur le site Rottentomatoes qui est une réponse de ma part à tous ceux qui me disent que l'argent corrompt, qu'il est impossible de faire un bon film avec des moyens conséquents, et qu'il ne faut même pas y rêver. Je sais que c'est possible. Le seul problème, c'est qu'il faut se battre de la première à la dernière seconde pour cela, et qu'il faut apprendre à le faire.
Makgré ce post sommes toutes positif, mon pronostic est qu'au delà de ces quelques réalisateurs brillants(je n'ai pas cité le vétéran James Cameron avec son Avatar à venir) ou au moins talentueux, on aura droit dès l'année prochaîne à une tentative de récupérer ce succès auquel les grands pontes n'auront, pour ne rien changer, rien compris. Alors je dis : profitons-en tant qu'on y est. On se montre souvent critiques, mais au final, il serait peut-être plus intelligent de reconnaître certaines qualités de ce que l'on voit se faire cette année, tout simplement parce qu'il est impossible de prévoir si ça va durer. Et que ce n'est probablement qu'une bataille gagnée face à une guerre sans fin. Une bataille qui a mis une décennie à venir, qui plus est.
19 juin 2008
SPEED RACER
SPEED RACER
réalisé par les Frères Wachowski.
Esquisse de réflexion...
J'entendais parler de douleur au crâne à force d'images de synthèses et de sons testostéroné, de scénario pour mioches décérébrés, de blockbuster estival pas mieux qu'un autre... détrompez-vous, mes braves ! On vous a floué sur la marchandise. En cause ? La campagne marketing rutilante d'un Joel Silver, producteur qui n'a probablement encore une fois rien compris à l'oeuvre d'art qu'il vend. Alors il la résume comme ce que j'ai pu évoquer plus tôt, comme une vulgaire machine à fric. Et, vu les bandes annonces, ça ne passe pas.
Mais la campagne publicitaire n'y est pas pour tout. Rajoutez à cela les critiques très moyennes et les spectateurs, effrayés par ce qu'ils voient du film de l'extérieur... et vous avez le bide économique total qu'est en train de se taper le film. Aux Etats-Unis, il ne rapportera pas plus du tiers des 120 millions de dollars qu'il a coûtés.
Alors qu'est cet objet filmique ?
En premier lieu, c'est une expérimentation, une véritable expérience ! Non pas une oeuvre formatée, mais une création originale, unique, prolongeant la réflexion que les Wachowski ont engagé avec la trilogie Matrix, les Animatrix et tout ce qui touche à cet univers. Une réflexion sur les médias, leur interconnexion, leur pénétration mutuelle. L'influence du manga, on l'aura bien sûr deviné. Mais aussi, c'est devenu une banalité de le dire, celle de l'art superflat, que je ne connais pas personnellement, donc dont je ne parlerai pas ici, mais qui, comme l'entend son titre, consiste à créer par ordinateur une image applatie. Le jeu vidéo est évidemment de la partie, mais de manière inévitable, étant lié aux effets spéciaux aux yeux de beaucoup. Pour répondre tout de suite à cet aspect-là, je dirais que vous ne verrez absolument jamais un jeu vidéo avec un découpage et un montage de l'image aussi affolant, avec des mouvements de caméra qui sont ne serait-ce qu'une petite partie de ce que le film montre. Je me demande même si les Wachowski n'ont pas volontairement prévenu la comparaison qu'on pourrait faire avec le jeu vidéo en exécutant un découpage très élaboré, très rapide, et des mouvements de caméra qui sont centrés sur les voitures/personnages.
Le film a beaucoup été comparé à une autre forme d'art : la peinture. Ceci n'est pas faux.
J'en viens à l'essentiel maintenant. Quelle a été l'ambition des frères Wachowski à traverts cette oeuvre ? Il suffit d'observer. La perspective n'existe pas, comme on l'a vu avec le superflat. Ajoutez à cela les couleurs complètement pop, les environnements (architecture, construction de l'espace, monde représenté) hautement improbables, totalement et visiblement imaginaires, les mouvements de caméra résolument impossibles ainsi que des courses absurdement irréalistes, et vous arrivez à cette idée que l'ensemble du film est une construction totalement retravaillée, ARTIFICIELLE du premier au dernier plan et pixel. A quoi bon ? Tout simplement parce que, à travers cette artifcialité, CA MARCHE !!! Sans une trace de réalisme, Speed Racer nous embarque dans une histoire abracadabrante et totalement manga (on reconnaît nombre de cris, de manières de montrer les mouvements, les combats, directement issus du manga, immobile et animé).
Certains ont dit que tout cet argent n'a servi qu'à faire des images clinquantes, des explosions et des courses débiles. Mais alors pourquoi cette recherche très complexe que les acteurs ont décrit lors du tournage, consistant à toujours créer derrière les acteurs un environnement plat afin de supprimer toute perspective ? Pourquoi tant d'efforts pour rendre le moindre détail improbable, extrême, extravagant ? Pourquoi une histoire aussi éloignée de la vie de tous les jours, avec des personnages aussi irréalistes et absolus ? Il ne peut y avoir là qu'une démarche volontaire, réfléchie, une démonstration, une preuve par l'image, comme l'est la trilogie Matrix. Les Wachowski révèlent ainsi une constance dans leurs ambitions et dans leur démarche artistique qui devrait réhabiliter, au moins partiellement les deux suites du premier Matrix, que d'aucuns considèrent comme des machines à fric vides de sens.
Bien évidemment, pour toucher sa cible, le film devait fonctionner, lorsque les lumières s'éteignent et qu'il ne reste plus qu'une salle face à une image. Le scénario ne brille certes pas particulièrement par son brio, mais il sert parfaitement son sujet. Qui plus est, il se permet d'être malin par moments, et, surtout, il est cinématographique, du début à la fin de la course. Les Wachowski, au-delà de la qualité d'écriture de leurs scénarios, ne font pas de la littérature. Ils font du cinéma, du mouvement, de l'image en mouvement perpétuel, de l'émotion en fluctuation constante, en tension éternelle. La réflexion, dans cette oeuvre, révélant ainsi plus clairement les modes de fonctionnement de Matrix, ne se fait que minoritairement par le texte. Du moins dans ce film. Non pas que le thème de la multinationale très très méchante et du héros et de sa famille ne compte pas, mais tout le monde sait comment cela va finir avant même le début, et les deux frérots le savent très bien, eux aussi.
Pour preuve ? Beaucoup ont accusé les Wachowski de filmer les scènes de discussion entre Rex, le grand frère, et son petit frère, héros du film, avec leurs pieds, sans se fouler, en champs contre-champs simplistes. Ce sont des moments importants pour la construction de l'intrigue émotionnelle. Jamais les frères Wachowski n'auraient bâclé une scène, quelle qu'elle soit. S'il y a une chose qu'ils sont, c'est des faiseurs de talent (j'évite le côté métaphysique ici). N'est-ce pas, au contraire, une manière des frères de montrer cela comme une convention, comme quelque chose de connu, qui n'est pas vraiment leur propos, pas vraiment la manière dont ils vont mener ce film ? La relation entre les deux frères héros, la vraie relation, transparaît à l'écran, de manière très forte, lors de cette course du jeune frère, au début, contre le chrono, contre le record de son frère, contre une voiture fantôme que lui seul voit (et le spectateur avec). C'est alors que l'on touche l'émotion effleurée dans ces scènes de dialogue du début, c'est alors qu'elle atteint son paroxysme. Je pense que ces dialogues, filmés de manière basique et systématique, sont une note d'intention, montrant que les mots ne sont pas ce qui compte, qu'ils ne sont qu'une extension d'un objet total, oeuvre d'art avant tout visuelle, sonore et émotionnelle, qu'ils sont incomplets sans l'image. D'ailleurs, à moins que quelqu'un me contredise, il ne me semble pas qu'après ces discussions d'introduction, on retrouve cette manière de faire. Par la suite, même les visages deviennent des voitures de course, traversant l'écran, tournant et virevoltant, à l'image de ces commentateurs passionés, chacun dans son box, chacun dans sa langue, poursuivant ce qui se passe à l'écran.
Le scénario sert le film. C'est cela l'essentiel, je crois. De la même manière que les effets spéciaux, les acteurs, les mouvements de caméra... tout dans un film, sert l'objet final. Les Wachowski ont dû comprendre ça à leur berceau...
Nous approchons de ma conclusion. J'espère vous avoir retenu jusqu'ici, avoir réussi à lever un coin de voile sur ce que peut être cette oeuvre d'art. Et c'est un point sur lequel je voudrais insister. Au lieu de faire un simple blockbuster en se reposant sur leurs lauriers, les frères Wachowski ont voulu prendre à contre-pied ce que l'on fait aujourd'hui dans le domaine, et démontrer, littéralement, que l'impossible était bien possible, et qu'on pouvait toujours prendre un plaisir extraordinaire devant un blockbuster. Et le résultat est une oeuvre d'art visuelle, une peinture en mouvement, faite de personnages bien humains, à caractérisation manga, intégrés dans un festival d'effets spéciaux qui, en ne cherchant plus à imiter la réalité, mais en créant leur propre réalité, leurs propres règles et couleurs, aboutit à ce que pourrait être une peinture impressionniste animée. Ce n'est pas pour rien qu'au moment le plus important du film, la fin de la dernière course, tout ce qu'il reste c'est une voiture perdue au milieu d'une route qui devient un effet optique recouvrant tout l'écran. Le message est clair : le film entier est une création visuelle absolue.
En cela, Speed Racer rejoint un certain cinéma expressioniste allemand. Dans une longue interview extrêmement intéressante John Gaeta, le superviseur des effets visuels, explique dans quelle optique le film a été conçu visuellement. Dans le manga animé, il existe un certain nombre de techniques visuelles, de déplacements et de mouvements de caméra qui ne sont pas réalistes mais qui visent à créer une certaine impression. Une des techniques utilisées sur Speed Racer était un système de bulles virtuelles qui permettaient d'intégrer les personnages dans un paysage à 360° et à plusieurs couches d'éléments pouvant se déplacer dans plusieurs directions. A cela s'ajoute un système de lentilles virtuelles, que l'on peut régler différemment sur n'importe quel élément de l'image, créant par exemple un paradoxe visuel entre le premier plan et l'arrière plan.
Comme le dit Gaeta, il y a deux types d'effets spéciaux dans ce film. Les premiers ont pour précurseur Sin City, qui était une tentative de recréer à l'écran un comics, y compris dans ses spécificités visuelles. Les seconds sont issus de Eternal Sunshine of a Spotless Mind, de Gondry, et consistent en un montage tel qu'il en vient à devenir un effet spécial à part entière. S'adjoint à cela l'ambition de créer un film pour la Haute Définition, qui n'ait pas le grain qu'ont habituellement les films mais la netteté et l'apparence lisse d'une oeuvre pop art aux couleurs éblouissantes.
Nous avons donc une oeuvre expressioniste, pop art et manga animé (le premier à être réellement un manga animé, non pas en tant que transposition d'un manga à l'écran, mais en tant que re-création d'un manga live, c'est-à-dire produisant le même effet qu'un manga animé produirait sur le spectateur). Tout cela dans le but de FAIRE RESSENTIR, de créer une émotion. C'est en cela que je disais que les frères Wachowski allaient à l'encontre de la plupart des blockbusters actuels, parce que, paradoxalement, tout vise l'émotion, la sensation. Et cela marche. On ressent, on est touché par ce que vivent les personnages à l'écran.
Pourquoi ai-je tant aimé Speed Race ? Pourquoi suis-je donc en train de vous conseiller de tout coeur d'aller le voir ? Parce qu'à travers ce film, les frères Wachowski nous rappellent ce qu'est l'essence du cinéma, ce qu'il peut être : un plaisir, visuel, émotionnel, du mouvement. Un art qui, à travers son artificialité, crée quelque chose de bien réel, et de bien palpable : des émotions fortes. Vous croyez que le cinéma n'est qu'une machine à fric ? Voyez ce film. Il est un risque énorme que les Wachowski ont pris, pariant sur la curiosité et le désir de découvrir quelque chose de nouveau, remettant tout sur le tapis et démontrant qu'ils sont tout sauf les pions d'une industrie formatée, trompant, comme avec Matrix, cette industrie, leurs producteursquant à leurs ambitions véritables. Au vu des résultats actuels, je dirais qu'ils ont perdu leur pari.
Sur quoi puis-je appuyer mes dires ? Je dirai simplement que j'étais assis entre deux jeunes femmes qui ne seraient pas allé voir ce film sans moi, que nous avons tous les trois pris un plaisir énorme, et inattendu, et que la salle a applaudi à la fin du film ! Aucun rire mal placé comme il a pu y en avoir au moment de la mort de Trinity. Les Wachowski ont, je l'espère, retenu la leçon, et ne prennent plus la grosse tête. Ils continuent leur petit bout de chemin, en bons geeks, et en toute simplicité et réflexion. Après tout, comme moi, comme vous, ils aiment le cinéma, et ils réalisent les films qu'ils prendraient plaisir à voir. En cela, ils sont artistiquement intègres.
Le film, au final, n'est pas un chef d'oeuvre, les failles existent, pas mal de gens n'aimeront certainement pas, mais je tenais à défendre cette oeuvre qui, à sa manière, est un nouveau jalon du cinéma, comme Beowulf, de Zemeckis en est un, comme Avatar de Cameron en sera un, je l'espère de tout mon coeur. Elle l'est, à sa manière, en tant qu'oeuvre de pop art. Ne reste plus qu'à laisser une chance au film et à accepter de se laisser porter et de rentrer dans cette illusion d'optique des frères Wachowski. Sans oublier que c'est une oeuvre qui ne se prend pas au sérieux, qui a un fond très enfantin, et que ce n'est pas un film d'art et d'essai, mais bien un divertissement !
Voici un excellent article sur l'excellent site de L'ouvreuse, avec tout plein de connaissances sur le film et son background, que je n'ai pas, et que je vous recommende chaudement :
http://louvreuse.net/Analyse/speed-racer-et-le-superflat.html
Et pour compléter tout ça un autre bon article sur le film, cette fois en anglais. SI vous en trouvez d'autres, n'hésitez pas à en mettre le lien en commentaire...
http://www.subtraction.com/archives/2008/0605_go_speed_rac.php
Pour les réfractaires à Matrix ou simplement les curieux, voici une analyse du début de Matrix, snapshots à l'appui, avec l'introduction de quelques éléments clés de compréhension.
http://louvreuse.net/Analyse/the-matrix-la-premiere-sequence.html
Et si vous avez vraiment envie d'aller au bout des choses, vous trouverez ici un dossier très complet avec de longues interviews de l'équipe créative de Speed Racer :
http://www.vrmag.org/speedracer/
Ps : je suis très curieux de voir ce que vous pensez de cette critique, donc je serais plus qu'heureux si vous me laissiez un petit message...
11 juin 2008
THE HAPPENING
PHÉNOMÈNES (THE HAPPENING)
de M. Night Shyamalan
Voici un film que j'attendais depuis longtemps, devant lequel je m'impatientais, car c'est le petit dernier de mon scénariste/réalisateur favori.
Avec cette apocalypse aux tons gris et neutres, Shyamalan nous donne son film le plus sombre, le plus sanglant, échappant à ce fantastique humain, chaleureux et touchant qui caractérisait ses derniers films. Les personnages sont perdus dans leur vie, perdus dans une Amérique paranoïaque, où tout le monde se méfie de tout le monde, où chacun se réfugie derrière une porte et repousse les autres, quitte à les détruire.
Les tons sont plus sombres, plus réels, les évènements inexplicables. Ne vous y trompez pas, les explications ne sont, comme le dit le personnage de Marc Wahlberg, que des théories. Tout ce qu'on sait, c'est que c'est nous qui sommes responsables. Un discours certes commun aujourd'hui, mais que Shyamalan a l'intelligence de décliner de manière personnelle et originale (je pense entre autre à cette scène où un groupe est poursuivi par... le vent !), et de le traduire par la folie collective, la folie individuelle. Celle de ce "phénomène", mais surtout celle des humains dont les protagonistes croisent la route.
Phénomènes reste certes un film imparfait, parfois un peu lourd, parfois un peu long (la scène d'ouverture à New York est si forte, que les autres scènes de même nature en sont forcément amoindries), mais à travers ce film qui suit l'échec commercial de La Jeune Fille de l'Eau, Shyamalan prouve qu'il est le Hitchcock du 21ème siècle. Je pense d'ailleurs que la thématique et le traitement si sombres de ce film sont directement liés aux mésaventures que Shyamalan a connues précédemment.
A ce propos, quelques touches d'humour viennent relever par moments une ambiance oppressantes dès le début. Quelques touches d'humour bien placées, efficaces, et quelques scènes plus intimes, plus touchantes, que l'on aime ou que l'on trouve trop hollywoodiennes (voire trop bollywoodiennes), mais qui caractérisent malgré tout Shyamalan (l'aspect humain de ses personnages). L'évolution du couple Wahlberg/Deschanel est d'ailleurs le seul élément positif de tout le film. La vision de l'amour qu'ils incarnent ici est bien sombre, malgré tout. L'amour doit se travailler, se mériter. On doit se battre pour lui, donner tout ce qu'on a. Et marquant début que celui où, en plein milieu de cet événement tragique, le couple connaît des difficultés, voyage séparément; ne se parle pas. Et, comme toujours chez Shyamalan, l'amour mène l'intrigue, dépasse tout.
Tout ? Non, et c'est bien la première fois. L'amour ne guide que ces trois personnages principaux, non l'histoire dans sa globalité.
Ces personnages sont d'ailleurs parfaitement interprétés par un choix d'acteurs comme toujours sans faille. Mark Wahlberg n'est certes pas Bruce Willis ou Paul Giamatti, mais il correspond parfaitement à son personnage. Zooey Deschanel, avec ses grands yeux, semble posséder une qualité enfantine. Ils sont d'ailleurs trois enfants, deux grands, et une petite fille. Mark Wahlberg est, comme le dit un personnage à un moment, "résilient". Il ne laisse jamais tomber. La scène où il essaye d'appliquer la méthodologie scientifique qu'il enseigne, dans l'urgence absolue, est d'ailleurs extraordinaire, d'une intensité rare. Comme chez Hitchcock, les acteurs sont chez Shyamalan avant tout des outils dans une construction scénaristique maîtrisée totalement avant même le début du tournage.
Pas de twist final, pas de jeu ici. Shyamalan n'apparaît plus. Il n'est qu'un personnage absent, Joey, celui qui harcèle Alma au téléphone. Son film est moins personnel que ses précédents (le scénario a été refusé dans un premier temps et Shyamalan a dû le retravailler. Une première pour lui !), moins extraordinaire. Mais j'espère qu'il aura enfin la reconnaissance et le succès qu'il mérite, parce que le bonhomme est un grand réalisateur, et un excellent scénariste !
05 avril 2008
Du plaisir dans le cinéma
Réflexion brute et sans prétention.
Vous savez, la personne que je suis, celle que je crois être... eh bien, la vie ne cesse de me surprendre. Plus je me laisse porter, et plus je découvre qu'il y a des portes que je croyais fermées, ridicules, bêtes, et que pourtant j'adore. De quoi je parle ?
Vous savez, ces films sur la danse et les ghettos : Ecrire pour exister, Dance with me, et celui que je viens de voir : Step up. Eh bien, je découvre que j'adore ces films ! Ils me transportent à un point que je n'aurais pu imaginer. Ainsi, dans le paysage qui était le mien il y a cinq ans, sont venus s'installer progressivement des passions inattendues. La science-fiction et la fantasy, passion première qui me restera. Puis, à mon plus grand étonnement, les films de zombie. Et là, je découvre, me rendant compte rétrospectivement que c'était une évidence, que les films comme Step Up représentent une composante essentielle de ma cinéphilie.
Pour quelles raisons ? D'abord parce que ces trois films sont bons. Que je prend un plaisir extraordinaire à les regarder. Et puis ils racontent des histoires humaines, touchantes, vraies. Ces films sont sincères. Ils racontent comment l'espoir peut exister, comment il y a une porte de sortie. Une porte de sortie des échecs humains et émotionnels dans lesquels on s'enferme. Dans lesquels on laisse la vie s'enfermer.
Je voudrais répondre tout de suite à la remarque qui viendrait à l'esprit de n'importe qui avec mon éducation : ces films sont toujours en danger d'être stéréotypés, de tomber dans la larme facile, l'émotion plate et filmique, les personnages vides, personnages fonctions pour ados sans culture... je suis le premier à douter, à avoir peur que les autres me trouvent ridicule d'aimer des films de ce genre.
Et mes précautions sont balayées par une fraîcheur, une sincérité, un équilibre intelligent dans le scénario. Ce fut le cas pour Step Up. Alors que je ne m'attendais qu'à un film stéréotypé, je me suis trouvé face à quelque chose d'intelligent, et avec une musique et une danse qui n'étaient non seulement pas un prétexte, mais réellement jouissive, voire orgasmique ! C'est dire que le plaisir fut extraordinaire. Et oui, me dira-t-on, le petit frère qui meurt, tué par des rivaux, les parents difficiles, tout ça c'est stéréotypé, c'est facile... mais bon sang, ça fait partie de la vie ! Parce que des milliers d'idiots ont mal traité un sujet ne signifie pas que le sujet est stupide ou stéréotypé. Ne doit-on plus parler d'amour, de rêves, de romantisme, d'espoir simplement parce que des gens rient, parce que cela semble ridicule à certains, parce que lorsqu'il y a une émotion forte, un lien profond, certains se disent : ce n'est pas réel, c'est trop beau pour être vrai ???
Sans doute le traitement, l'approche, le manque de talent, tout ce qui a déjà été fait sur le sujet n'y est pas pour rien. Mais les trois films dont je parle sont réels, ils sont véridiques, ils sont sincères, ET ils sont funs !
Mon ami le Maître des Poulpes m'a dit un jour que les mots que j'utilisais pour qualifier les films que j'aimais étaient inappropriés au cinéma : sincère, humain, juste, vrai, touchant... La réponse que j'apporterais, c'est qu'au final, dans toute oeuvre d'art, ce qui fait sens, ce qui crée vraiment, c'est ce qui nous touche, ce qui a rapport à nous. Ce qu'une oeuvre d'art nous apporte, ce qui nous enrichit, ce sont les échos entre elle et nous. L'identification, si l'on veut. Mais bien plus que cela. Quand je vois un film, je sais s'il est faux ou pas, si les gens qui l'ont écrit, joué, filmé savent de quoi ils parlent ou s'ils ont combiné des éléments préexistants dont l'essence, la réalité vous échappe.
Oui, il y a les producteurs, il y a de l'argent, parfois beaucoup d'argent, en jeu. Oui, il y a souvent simplification, et une forme de corruption qui est, aujourd'hui, de faire pour le plus grand nombre... pourtant, parfois malgré les gens derrière les films, qui ont leurs propres buts, quelque chose naît d'une oeuvre. Et il y a presque toujours quelque chose à sauver.
Ces films que j'aime, ceux dont je parle ici, ceux qui rentrent dans un genre, sont toujours pensés avec en tête les limites du genre qui est le leur. Ils sont toujours pensés dans la conscience de ce qui les précède, avec l'idée du spectateur. Un spectateur qui, en effet, n'a jamais lu Proust ou Rousseau ou Nietzsche. Mais ces films que j'aime ont une générosité extraordinaire, un amour du cinéma certain. Non pas un amour du cinéma pour l'argent, mais un amour du cinéma.
Je me rappelle de ce prof (qui était-ce déjà ?), qui se plaignait de ce que pour presque tout le monde, la philo, la littérature au lycée étaient un moyen, non un but. Alors ce qui compte, c'est que le cinéma soit LE but. Ces films ne seront jamais aussi sophistiqués que le cinéma d'un Gus Van Sant, d'un Kurosawa, et s'ils vous paraissent simplistes, je n'y peux rien. Personne ne vous oblige à les regarder. Mais pour moi, cette composante qui ressort à chaque fois que je juge un film, la sincérité, reste essentielle
Ps : que personne de ceux que je connais ne se sente visé ou attaqué. Ce n'est pas le cas. :)
05 mars 2008
The Mist, un point de vue
Voici un petit texte que j'ai écrit à un ami que je voulais absolument convaincre que ce film valait la peine, qu'il allait le surprendre, qu'il était différent de ces films qui sortaient à la suite et décevaient, à la suite...

Réalisation et scénario : Frank Darabont. (La Ligne verte, Les Evadés. Nominé trois fois aux oscars, dont deux comme scénariste)
Cout : 18 millions de dollars (ridiculement petit)
Casting :
Thomas Jane (La Ligne Rouge, Magnolia)
Marcia Gay Harden (Oscar du meilleur second rôle dans Pollock)
Tobby Jones (le Truman Capote de Scandaleusement Célèbre, pour lequel j'estime qu'il aurait dû avoir l'Oscar)
Plus je réfléchis, plus The Mist me séduit comme étant une oeuvre qui, au-delà de sa première demi-heure bateau, nous fait entrer dans un pays dont peu de gens réalisent la profondeur, peut-être à cause de la lenteur avec laquelle on y pénètre, oubliant progressivement qu'il y avait quelques heures auparavant, un monde "normal". Et ce basculement, que le script évite soigneusement à mettre en avant, n'en devient que plus effrayant quand on y réfléchit, justement parce qu'il est passé totalement inaperçu.
Ce n'est pas pour rien qu'un critique a sorti une référence à Lovecraft. L'intérêt de The Mist se trouve dans son travail approfondi sur ce petit groupe humain, dernier bastion d'un monde humain sans monstres ni peurs ni inconnu, sur le point de s'effondrer face à un nouveau monde lovecraftien. Un travail qui distingue le film de tous ses confrères hollywoodiens, superficiels et oubliés sitôt vus. Un travail sur tous les plans : celui de l'écriture, dense, entrelacée, créant des personnages profonds et nous offrant de nombreuses lignes scénaristiques qui nous tiennent en haleine tout au long du récit, rassemblées autour de celle du héros et de son fils d'un côté, et du brouillard et de tout ce qu'il apporte de l'autre; celui du jeu d'acteur, car sans les acteurs, la profondeur peut aller se faire foutre (bien que l'acteur principal montre à plus d'une reprise qu'il est loin d'être excellent et qu'il peut même mettre les deux pieds dans le ridicule. Il n'empêche que les acteurs ne sont pas là pour le cachet, mais bien pour le script); le plan du cadrage (un passage du plan rapproché suivant un personnage en particulier aux scènes de chaos et de "foule" prises avec une hauteur qui peut sembler artificielle mais qui donne en fait vraiment la mesure de cette communauté imprévue ), sans parler d'un montage excellent.

Le film a une particularité : il ne fait pas peur. Ce n'est pas son but. La première scène dans le hangar le démontre (la peur s'y fait ridiculiser, je dirais. C'est la peur du personnage, pas celle du spectateur. Cette scène désolidarise les deux, ne serait-ce que symboliquement), l'absence de jeu sur le noir et ce qu'on ne voit pas dans le noir le démontre. L'étude des hommes, la psychologie est au centre, pas l'adrénaline du spectateur. Et l'intensité croissante du début à une fin tellement hallucinante qu'on ne réalise même pas, tellement ce que l'on ressent dépasse l'imaginable de par sa simplicité. C'est un sentiment métaphysique, peu spectaculaire, peu effrayant, mais qui reste sous la peau, et fait son chemin. Le but du film n'est pas de faire peur sur le moment, mais, par cette peinture de l'humanité face à l'apocalypse, ficher une terreur métaphysique qui, au final, malgré des effets spéciaux absolument cheap (à se demander si ce n'est pas fait exprès, histoire d'en détourner l'attention. Et c'est moi, fan d'entre les fans des blockbusters et des effets spéciaux qui l'affirme !), oblige à se poser ces questions qu'on évite tant qu'on n'a pas à faire face au pire en l'homme, à savoir, dans cette situation, que ferait-on...

Je me souviens de mon obsession enragée pour AVPR, qui avait proprement massacré deux franchises et une situation de film énorme. Pour ce film, je ressens la même obsession, mais avec la certitude que Frank Darabont est allé au-delà de ce que j'aurais cru possible. Rarement un cinéphile peut avoir joie plus grande, et être plus fier d'un scénariste réalisateur qui, pour le coup, savait parfaitement ce qu'il faisait.
Au-delà des rires de moquerie qu'on peut avoir en voyant le film, des moments d'ennui, de la première demi-heure, de la réaction instinctive face aux effets spéciaux cheap, de l'absence de peur physique, il se dégage de ce film une intensité crépusculaire, sincère, humaine, d'un brio qui ne se met pas en avant et cache son jeu. Une intensité qui prend vos tripes, et les retourne, avec le rire en plus (le scénario a des moments de dialogue hilarants tant ils sont acerbes et charcutants), sans que vous vous en rendiez compte. Et vous vous retrouvez, après vous être ennuyé, moqué, après avoir ri au répliques et fait la moue aux effets spéciaux, à réaliser tout d'un coup, que vous venez en fait d'assister à la fin du monde, rien de moins. Une fin du monde qui sonne atrocement vrai. Pourquoi cette certitude ? Vous avez vu tellement de films américains édulcorés que vous avez appris à reconnaître les films qui font corps, qui ne mentent pas. Et The Mist en est un. Un film entier. Un vrai.

Ce film est un coup de maître. J'admire. Il me travaille encore. Autant il fut une jouissance pure à regarder, autant il est d'une profondeur abyssale quand l'esprit s'y attarde. Je me noie dans le brouillard...
















