04 juin 2009
De l'attente et de l'enfer
Je crois que je viens de saisir quelque chose qui me détermine depuis aussi loin que je m'en souviens.
J'ATTEND QUELQUE CHOSE.
et c'est pas bien
mais
je ne peux pas m'empêcher d'attendre passivement
même si c'est pas bien
même si
comme c'est pas bien
je me sens coupable
et donc
comme ça fait longtemps que j'attend
et que je me sens mal
parce que coupable
je n'ai plus le courage d'agir
et comme je me le répète
parce que je suis attaché à ce qui cloche
je perd espoir
ou même
je ne le gagne jamais.
Et comme je n'ai plus le courage d'agir
je me sens coupable
mal
et donc je n'arrive pas à penser des choses heureuses
je n'arrive pas à vouloir
je n'arrive pas à me définir
je n'arrive pas à croire
et
conséquence dernière
j'écris des comptines folles
mais qui résument bien ma situation
parce que
je ne dis tout ça que pour une raison
L'ESPOIR QUE J'AI DE VIVRE
D'ACCOMPLIR
---
Et ce que je fais en ce moment dans ma vie peut sembler absurde, mes projets, mes boulots, mais je sens que cela me mène quelque part
Le titre de mon existence, pour l'instant, reste malgré tout :
EN ATTENDANT GODOT...
22 février 2009
La souffrance comme fondement de mon existence
La plupart du temps, nous vivons sans nous poser de questions quant aux véritables raisons de nos choix et habitudes. Il nous suffit d'avoir une vague idée de pourquoi nous travaillons ou étudions dans tel domaine plutôt que dans tel autre, pourquoi nous avons une certaine attitude, certains amis, certain(s) amour(s). Ce sont les à priori qui fondent notre quotidien.
Mais comme les voitures, si nous voulons ne pas nous retrouver en panne en plein milieu de nulle part, nous avons fondamentalement besoin de subir des révisions plus ou moins approfondies, de revoir nos choix, de questionner nos habitudes, de déconstruire pour rebâtir différemment, parfois brique par brique.
J'ignore comment cela se passe pour d'autres que moi. Mon expérience personnelle est ce qui me sert de référent dans le domaine. On ne peut vivre sur un questionnement permanent. Pas sous peine de perdre les avantages des systèmes, des habitudes qui nous permettent d'agir avec le plus petit temps de transmission entre le désir/nécessité et l'acte.
Je pourrais comparer l'être humain à un système politique, à n'importe quelle organisation, même à la planète Terre. Souvent, nous repoussons à plus tard et cette révision nécessaire ne se fait qu'à la suite d'une crise grave, après que notre corps/esprit soit durement éprouvé par l'inadaptation de ce qui le fonde.
Lorsque j'ai commencé à écrire ce message, il y a de cela deux semaines, j'étais en pleine crise, en pleine révision. Ma manière de penser le monde était devenue totalement inadaptée. Mon idéologie, totalement inefficace. Moi qui m'était toujours considéré et rêvé comme un créateur, j'ai dû intégrer cette réalité qui est peu à peu devenue la mienne : 50 heures de travail par semaine, la moitié au macdo, l'autre dans un vidéoclub. Chacun de ces deux boulots m'apprend quelque chose et je désire le conserver. Pour l'instant. Même si le premier me donne envie de fuir, sorte de condensé de ce que j'ai toujours cherché à éviter, la réalité et ses règles absurdes à l'état pur, sa stupidité. Le deuxième est un plaisir extraordinaire, mais toujours sous la menace, la sensation de peur absolue de le perdre d'un instant à l'autre.
Bref, cela fait deux mois que je n'ai pas écrit un mot, que tous mes projets sont tombés à l'eau, d'eux même. La réalité s'est imposée.
Quelques réalisations aussi. D'abord, au final écrire des scénarios est une entreprise éprouvante, où la concurrence a quelque chose de cauchemardesque. Et qui me terrifie trop. J'ai toujours eu cette perception de moi comme étant capable de faire des merveilles. Et plus le temps passe, plus Noam a raison : une forme de cynisme et de considération générale désabusée s'installe chez moi. Je découvre toute la distance entre cette vision rêvée, et ma profonde incapacité à agir, implémentée par le fait que je n'essaye pas, de peur de ne pas être parfait du premier coup, du peur d'échouer et d'avoir mal. Ce qui pourtant fait partie du processus normal de la vie et du fait de grandir. Mais pas de ma vie. Jamais.
De fait, je pourrais dire que je m'exclus volontairement de la vie, exactement comme lorsque, enfant, je restais dans mon coin plutôt que de m'aventure là où étaient les autres, refusant tout contact, me faisant passer pour invisible. Quelque chose comme une terreur pure.
Alors, ne faisant qu'accepter ce que mon comportement réel m'impose, je change mes valeurs, découvrant que je désire plus les films que les gens, que le cinéma est au-dessus de mes amis, en terme d'importance et de valeur. Et cela fait étrange à dire, et il y a quelque chose de fondamentalement offensant et désespéré dans cela.
A travers un désespoir insupportable, une insensibilité et une passivité, directes conséquences de la souffrance sans fin qui m'habite, j'entre dans une phase nouvelle de ma vie, une phase dans laquelle je me replie, abandonnant mes rêves et sentiments sur le chemin. J'ai la sensation de devenir un fantôme la plupart du temps. Les seuls moments où ce n'est pas le cas, sont ceux où, après plusieurs heures avec mes amis ou mon aimée, en général, quelque chose décoince en moi. Alors seulement, l'insensibilité s'efface, l'anasthésie du coeur s'en va, je retrouve cette humanité qui m'habite, construite sur une souffrance de chaque instant, une tension de chaque instant. Alors, chaque seconde est un combat, chaque réaction une peur incarnée, un désir refoulé.
Entre une souffrance permanente et une fausse paix, il se trouve que je choisis la seconde, vie passive et abandonnant la plupart des espoirs que je me suis construis.
Evidemment, tout système est vicié quelque part, à terme. La preuve en est lorsque mes amis déboulent soudain dans mon univers. Alors, tout s'effondre comme un château de carte. Ou alors lorsque je suis avec celle que j'aime. Alors, la force de ce que je ressens et désire me dépasse, me chamboule et me remet à ma place dans la réalité. Cela ne va pas sans heurts évidemment.
In a world less real than a tie on a catfish
shapeless, i walk and talk to nameless faces
no eyes, no souls, alone, i may be. And may not.
Life seems easier not lived.
Tout cela reste une illusion, une stratégie de mon inconscient pour éviter toute souffrance. Mais c'est ma réalité pour l'instant. Et vu comme je suis habité par la terreur de m'aventurer dans quelque chose de nouveau, cela risque de durer.
Mes rêves de création attendront une nouvelle vie, que ce soit au sens figuré ou non.
Bien à vous.
Portez-vous bien.
I love you.
17 juin 2008
A l'aide !
Il est 7h44 du matin. Planqué dans mon lit, je sors d'une nuit sans sommeil. Un livre à la main l'instant d'avant. Avant de rallumer cet ordinateur qui, pour la première fois depuis une ou deux semaines, s'était éteint. De sa propre volonté. Un geste maladroit, un fil qui tombe. Et voilà cette adjonction à ma personne, ce speed up, drogue qui s'instille dans la moindre pore de ma peau, aspiration de tout et de rien, qui s'empare de ma vie. Je m'y désincarne, m'y évide, accèlère le rythme insensible de ma vie...
L'ordinateur éteint, j'essayais de dormir. Mais impossible. Silence radio, perdu dans la nuit solitaire, je suis allé chercher des réponses à ce silence incessant qui m'obsède. Et je les ai trouvées dans cette bibliothèque acquise longuement, ce grand pan de livres traitant de mondes qui n'existent pas, dans un futur si lointain, si fascinant, dans un monde qui n'existe pas ailleurs que sur ces pages écornées, derrière ces couvertures si ridicules qu'on s'y attache. Et ces mondes dont je remplis ma tête, plus réels pour moi que le monde réel.
Ce fut donc Fahrenheit 451, lorsque mes yeux tombèrent sur ce titre, qui me parla. J'aime à penser, que chaque livre a sa raison d'être, son mot à dire. Le livre que vous ouvrez, s'il est le compagnon parfait pour ce moment unique dans votre vie, si votre nez de limier a su dénicher l'oeuvre qui répond à vos questions et vous ouvre les portes que vous désirez franchir, est un miroir de vous-mêmes.
Et à la page 108 de ce bouquin terriblement poétique et fin, tellement inattendu, que je n'avais jamais fait que rêver, je ne peux que relever la tête et me dire : c'est ça ! Ce monde dans lequel Montag vit, ce monde où tout n'est plus que loisir vide, sons insensés, c'est celui que je me suis créé. Ce monde où plus rien ne fait sens, où tout n'est que fuite et illusion de bonheur, c'est celui dont je me suis entouré.
Moi qui n'avait ouvert un bouquin de science-fiction en six mois, cherchant autre chose, combien je me suis perdu... Que reste-t-il de ce projet de vie que j'ai toujours voulu avoir ?
Me regardant en face, en cet instant, je ne peux que constater à quel point je suis terrifié par l'idée de vieillir, de perdre mes facultés, avant de disparaître à jamais. Perdre tout... que cette pensée est douloureuse. Combien la vision des chairs fanées et qui bavent, incapables de se mouvoir à vitesse normale, libre, dont d'autres doivent s'occuper, me répugne et me dégoûte.
Et moi, qui était un être humain si plein, je ne ressens plus rien. Les films sont les seuls refuges où je parviens encore à être touché. Rien d'autre, ni sentiment de responsabilité, ni sens de la réalité, rien ne m'atteint. La douleur s'est enfouie, plus de larmes, plus de rêves fous et de révélations mystiques. Tout ce qu'il me reste ce sont de vagues sentiments de désespoir étouffé et des bouffées d'espérance vite noyée. Ne rien faire, perdre mon temps, passer ce temps si précieux à ne rien faire, littéralement, est devenu mon refuge. Avant, au moins, je lisais, j'écrivais de la poésie, j'allais me promener dans la rue, la nuit, réfléchissant...
Mais ce sentiment de solitude intense, absolue, ce vide intérieur, c'est tout ce qu'il me reste. Ma vie est devenue insensée. Prisonnier d'ici, je ne cherche même plus à m'échapper. Je ne suis plus nulle part. Ni ici, avec vous, dans le monde virtuel, ne serait-ce que celui de la pensée, ni dans le monde réel. Et pensée obsédante, revient ce slogan, qui transparaît sur chaque notice de moment de vie : disparaître. Que ce soit en mourant, en m'évanouissant, en tombant dans le coma, en partant voyager, ne laissant rien derrière. Je n'ai pas de vie, pas de courage, pas d'effort. Pas d'amour.
Je me sens marionette vie ballonée par les courants de ces deuils que je n'ai jamais fait, de ces rêves qui se heurtent à une réalité glaçante, qui me terrifie. Caché derrière mes peurs, j'ai transformé ma vie en échappatoire. mais une échappatoire qui tourne en rond.
Je ne compte plus les semaines où j'annule les rendez-vous, cesse de vivre le jour, cesse de vivre tout court, de faire quoi que ce soit. La vie s'automatise. Toutes les tâches qui demandent à être pensées s'effacent d'elles-mêmes. Je deviens un robot.
Je crois que j'ai perdu le goût de la vie. L'envie de vivre est toujours là, mais rien n'a de saveur.
Je suis comme cet homme, qui, dans un monde où personne ne pense, veut apprendre à COMPRENDRE un livre, à comprendre ces mots qui, pour lui ne font pas sens. Pourquoi ne puis-je refaire cela ? Je l'ai déjà fait pourtant. Le jour où je suis allé au cdi, en sixième, pour m'attaquer à des livres dont je ne comprenais que si peu. Mais je me cassais la tête dessus. et au fil du temps, j'ai fini par casser leur code, par découvrir leurs secrets, par aimer leur murmure complexe et structuré, signifiant et touchant. Je suis un amoureux du sens, un amoureux de la vie. Aujourd'hui, le code que je veux casser, est celui de l'action. Mais tous ces mots que j'ai, toute cette pensée, ces talents cachés, s'avèrent inutiles, face à un sceau qui demande l'action, et non la passion, la vie, et non les rêves. Et ce code-là, je ne sais comment le casser.
Apprendre à comprendre les livres, à l'époque, c'était pour moi entrer dans un monde indispensable pour échapper à un monde que je ne supportais plus. C'était un refuge sans lequel je serais mort. Aujourd'hui, je ne veux plus sortir de ce refuge. Vivre est trop dur. La réalité est devenue un monde hostile où tout me fait peur et me renvoie à ce refuge dans lequel je peux fermer les yeux sans avoir peur qu'il m'arrive quelque chose, et voyager.
La vérité, c'est que je ne vais vraiment pas bien. Et ça fait longtemps. Et malgré tous mes efforts, tout ce à quoi je peux penser, c'est ce désir, profond, de disparaître. Tout, plutôt que de subir la vie, de l'affronter, de me battre. Je ne sais rien, ne comprend rien, et crains tout. Je suis un enfant, et j'en ai marre de l'être, d'être considéré ainsi, d'être instable, irresponsable. Personne ne peut me faire confiance dès qu'il s'agit de l'action. Mais tout ce que je peux faire, c'est parler, ou demander de l'aide.
Je voudrais disparaître, mais même ça, je ne peux plus le faire. Alors je m'efface...
19 mai 2008
Esquisse de la perte...
Lorsque la Merveille entre dans ma vie pour en ressortir l'instant d'après, je me rend compte qu'il ne me reste plus que la douleur de son absence. Autant j'ai pu le supporter auparavant, n'ayant jamais éprouvé sa présence, autant après coup seule la douleur est réelle. Une absurde douleur. Constatation de la profonde humanité au centre de cette Merveille qui vogue selon ses vents capricieux et incontrôlables.
Il ne reste plus qu'un rêve, la fragrance d'une rencontre manquée. La faute à la vie, la faute aux coïncidences ratées. La faute à moi. Et la seule question qui reste désormais est : comment expier cette faute ? Comment continuer d'avancer ? Et il faut prendre ces décisions et trouver le courage d'aller de l'avant alors que toutes les couleurs ont viré au gris et tous les goûts au fade, et avec le sourire en plus, sinon on accable de culpabilité, enfermant d'autres de par notre faiblesse, nos rêves qu'on savait pourtant impossibles mais qu'on ne pouvait s'empêcher de rêver, tant ils étaient doux...
C'est la vie. Je n'ai pas le choix. C'est ça où mourir...
18 mai 2008
Isolement
A la fois trop de choses et le vide absolu. D'où mon silence. Le temps passe, et je reste chien errant sans spécialisation, sans passion continue qui me pousserait à mener des recherches si loin que j'aurais quelque chose d'intense, de complexe à révéler. Pas de réflexion vitale à mener.
Passif, je vis au jour le jour, sans vraiment y croire. L'espoir brise. Trop d'espoir tue l'espoir. Au fond l'espoir est l'arme du passif. Elle permet de vivre dans l'aveuglement.
Plus le temps passe, plus le sentiment de solitude prend le dessus. Simple constatation. Mon passé semble plus fort. Tout seul je ne suis pas de taille. Rien de raisonnable là-dedans. Si je marchais au raisonnable, je serais déjà scénariste. Pensées de suicide volages. Envies de fuite, toujours. Et plus j'avance, et plus ce que je suis ne signifie plus rien. Pas le doute, mais un vide étiré entre deux extrêmes : mes rêves et mes désirs.
Comme dirait quelqu'un, j'ai le sentiment d'être comme du beurre sur une tartine de plus en plus grande.
Et pourtant... et pourtant, il n'y a pas de raison. Alors, incapable de bien expliquer, incapable de me retenir, je reste souvent silencieux. Incapable d'exprimer le vide poison qui m'habite et m'emporte lentement. Je ne suis pas poète maudit ni martyr. Je n'ai pas envie d'échouer. Simplement, il y a la vie. Le passé. Ma constitution. Que sais-je encore.
Serais-je l'homme le plus intelligent qui soit que je me sentirais idiot. Le principe du désespoir consiste à viser systématiquement si haut que le concret en devient insupportable et qu'il ne reste plus qu'à serrer les dents et à subir avec une amère passivité la réalité qui vous passe dessus, espérant éprouver quelque sentiment d'obligation absolue et prolongée, qui changerait enfin ma vie.
Mais c'est le silence. Pas d'appel de Dieu. Les armées de Dieu n'enrôlent pas encore. Celles du Diable ne veulent pas de moi non plus... Entre les deux, il n'y a que le vide...
Et dans tout ça, je joue au solitaire saute-mouton...
Bref, vivement une solution, parce que là je n'en peux plus !
23 mars 2008
J'ai toujours été jaloux...
J'ai toujours été jaloux, en effet.
J'ai toujours été jaloux de Noam, qui semblait si facilement nouer contact avec tous les gens et en deux temps trois mouvement les faire s'ouvrir et créer, sans se poser trop de question. J'ai toujours rêvé d'avoir sa confiance en lui, sa facilité à parler, oser, créer et toucher chez les gens une fibre profonde... J'ai toujours rêvé d'être Noam en fait !
J'ai toujours été jaloux de Louis, de son esprit brillant, de sa capacité à raisonner et à venir à bout de mes faibles arguments à chacune de nos discussions. J'aurais voulu avoir la persévérance mentale qui est la sienne, sa capacité à réfléchir de manière systématique.
J'ai toujours été jaloux de Céline, de sa maturité, sa force intérieure. J'ai toujours voulu me battre comme elle, avoir son indomptable esprit de feu, attirer l'attention comme elle et avoir sa capacité à se rappeler les rêves...
J'ai toujours été jaloux d'Aurélie, qui pendant des années s'est souvenue et a écrit ses rêves. Je suis jaloux de la liberté qu'elle assume, de sa graine de folie douce, de son insouciance,...
J'ai toujours été jaloux de Nathan, son flegme, sa gentillesse, sa patience. J'ai toujours envié son approche de la vie. J'aurais aimé avoir la même (on peut se la procurer quelque part ???).
J'ai toujours été jaloux de Julie, bien sûr. Son intelligence, et toutes ses applications. J'ai toujours rêvé de pouvoir penser comme elle, voir ce qu'elle voyait et lire le monde comme elle le faisait, le décoder en un rien de temps, apprendre quoi que ce soit avec une vitesse effarante. Je rêverai toujours d'être comme Julie...
et la liste ne finit pas là. Il n'y a pas un ou une de mes amis et amies dont je n'ai pas été jaloux. Sarah dessine comme un Dieu et est quelqu'un de formidable, Jonathan est le plus gentil garçon sur terre, et il est à Normale, et il a une naïveté géniale, Judith est brillante, et intelligente, et concentrée,...
J'ai toujours été jaloux, j'ai toujours envié les gens que j'admirais et respectais. je voyais en eux ce qui me manquait. J'essayais de le cerner, de comprendre pourquoi, d'acquérir ces qualités qui me plaisaient tant.
La vérité c'est que chacun de mes amis m'a appris un peu. Et si je sais bien que je vois en général les côtés négatifs avant tout, je suis fier d'avoir des amis comme eux, de pouvoir légitimement admirer chacun d'entre eux pour ce qu'ils portent en eux d'extraordinaire. Et je me dis que j'ai mes propres armes, et qu'un jour, j'apprendrai peut-être enfin à m'en servir...
Alors je continue d'essayer tous les chemins pour apprendre à apprendre, et je persiste à jeter des coups d'oeil envieux sur ces qualités que j'aimerais tant piquer...
Esquisse de réflexion sur la liberté intérieure
Juste quelques pensées...
Il y a de ces choses dans la vie, qui comptent plus que le reste. Elles dépassent les désirs simples les satisfactions égoïstes, même si, chez la plupart, elles s'en servent. Ces choses ont maladroitement été interprétées et portées à la plupart sous la forme de la "morale", de règles simples et basiques. Ne pas tuer, faire le bien, tendre l'autre joue. La réalité profonde qui se cache derrière cela est une liberté de soi qui permet de faire librement les choix cruciaux de sa vie. Et la "morale" en est une perversion(une généralisation manipulable qui n'en saisit pas l'essence, à l'image de gens normaux qui veulent simplement vivre), du point de vue d'un puriste...
Il s'agit d'une liberté que je peux imaginer, dont j'ai quelque chose que je qualifierais sans doute de vision. Tout le monde l'a, je suppose. Quoi de plus normal ? Qui ne rêverait pas de pouvoir toujours faire le juste choix, de faire le bien autour de soi, et d'apporter un peu plus de lumière dans le monde ? Quelque part, quand on se rend compte à quel point le chemin est long, à quel point il est ardu, et à quel point on est peu aidé, on laisse filer ce rêve... Quoi de plus normal ?
Je me retrouve à me demander comment on vit en sachant très clairement qu'on est tout sauf un exemple de cette liberté, de ces choix qui se distinguent de la bassesse. Je suis de ceux-là. Incapable de m'élever, de faire les choix nécessaires. Quand j'essaye de me tourner pour faire face à un côté, je suis faible sur tous les autres. Faible, humain, épuisé de désirs, de peurs, de recherche de confort... Incapable d'assumer quoi que ce soit... comme je l'ai souvent regretté, je n'ai pas de maître. Mais je continue de rêver. maladroitement, et sans doute pour échapper à la complexité de la vie, mais de rêver quand même.
Chacun porte en lui sa part d'égoïsme. Un part nécessaire. Désir de reconnaissance, attachement au plaisir, sous toutes ses formes, sentiment de puissance, que sais-je encore. Chacun ses asservissements, ses désirs constructeurs (trop souvent destructeurs ou auto-destructeurs). Ils font la vie, jusqu'à un certain point. Mais l'humanité naturelle a ses limites. Une fois qu'on les atteint, une fois qu'on a grandi assez, la recherche de soi-même commence. La vraie recherche. Celle de la sagesse, celle des choix librement consentis...
Une recherche d'autant plus difficile que presque rien ne nous y aide. C'est comme de marcher sur un chemin invisible. Rien ne nous guide. Il faut le sentir, faire appel à autre chose que nos sens habituels. Et surtout, il faut sentir le juste milieu. Sans arrêt. Et qui n'est pas désaxé, biaisé d'une certaine manière ? Tout le monde a ses douleurs enfouies, ses blessures qui ne demandent qu'à être soignées, que ce soit un amour fini trop tôt, un manque de confiance en soi dû à une blessure reçue trop tôt, ou quoi que ce soit d'autre... Et s'il n'y a pas de blessure majeure, les petites blessures quotidiennes en prennent la place, les petites choses remplaçant les grandes.
Si l'être humain se construit autour de désirs et de plaisirs, il se construit aussi autour de manques et de souffrances. La véritable sagesse consisterait-elle à échapper à ces lignes de construction humaine normale, à aller au-delà ?
Je ne connais pas les textes des différentes religions et sagesses, et je ne les connaîtrai probablement jamais, mais je suis persuadé que c'est là qu'est le chemin... J'en cherche, parfois, la clé. Mais, incapable d'endurance, de résistance à la frustration, je n'ai jamais pu y poser un pied ferme. Sans force de caractère, toutes les portes sont fermées. Alors je cherche la porte qui m'ouvrira toutes les portes, ou qui m'en montrera le chemin en tout cas...
09 février 2008
Note de bas de vie
A peine né de ses cendres, le jour même, mon coeur a été brisé à nouveau... A cause de ma terreur, parce que je n'ai jamais su lire ce que les autres me disaient sans me le dire, et que l'idée d'être aimé ne me vient toujours pas à l'esprit.
Les démons du regret m'assaillent. Les larmes reviennent à nouveau. Ca faisait longtemps. Et les espoirs, la vie qui me manquait tant, l'amour, le partage... il n'en reste plus que poussière et solitude gratuite.
J'en ai marre. La vie n'est pas juste.
26 janvier 2008
La maladie, ça fait réfléchir...
Écrire est étrangement devenu une tâche quasi impossible. Je cherche un passage pour sortir de mon esprit, briser mon emprisonnement. "Raisonner tue" devrait-t-on écrire sur les bouquins d'école, et pas que ceux-là, de bouquins d'ailleurs.
J'ai été malade ces derniers jours. J'ai eu mal. Mal comme je ne me souviens pas d'avoir eu mal, aussi loin que je remonte. SI j'en parle, c'est que j'ai compris pourquoi on peut devenir fou, se tuer d'un trop de douleur, se tordre dans l'insupportable, ce que l'on ne peut arrêter. L'inconcevable douleur, dont je n'ai eu qu'un faible échantillon.
Et face à cette douleur, comme face à la vie, je suis faible. Je m'énerve, je ne supporte rien, je me plains. Pauvre petite chose qui, au lieu de se tenir, se laisse aller. Indifférence de ma part à tout cela, pourtant. Quelque part, à un moment de ma vie, à plusieurs moments même, j'ai vu tout ceci, ce que les autres pensent, s'éloigner de moi, devenir absurde. Dans mon monde, ce qu'il faut faire ne fais pas loi. La logique ne s'impose pas, et la chose la plus naturelle semble d'aller à l'encontre du bon sens.
De toutes les façons, peu importe le prix. Pourquoi me faire sermonner aujourd'hui, je me doute bien que le prix de cette lâcheté, de cette insouciance je devrai le payer sous peu. Pas une seconde je ne doute que ce prix sera des plus élevés.
J'observe, fasciné, cette vie qui nous porte. La liberté m'est éternelle interrogation, la part de choix et celle de ce qui nous fait. Le poids du monde et des autres, le poids des règles et des morales, des attachements et des peurs. L'intérieur et l'extérieur de ce vêtement sur mesure qu'est l'homme. Incapable de faire ma vie, je profite des accroches de la vie, de l'énergie d'autres (dont la générosité, me semblant autrefois si logique, si proche de mon coeur, me sidère aujourd'hui, me passionne et m'émerveille) pour me faire tirer vers le haut, espérant, comme lorsqu'on pousse une voiture, que ça me fera démarrer.
La peur de la prétention, peur de n'être rien ni personne, de n'avoir rien à donner, pas de talent autre que celui de mettre la bonne accentuation passionnée sur mes rêves mégalomanes. Que fais-je, perdu au milieu de ses architectures esquissées qui me semblent plus réelles que le monde même. Je vis de l'autre côté du miroir, dans un rêve dont le prix est la réalité. Une certaine réalité.
Un monde où il faut expliquer, prouver, résumer, mettre en valeur... je ne sais ce que j'y fais, perdu au milieu de mes pensées, dégel tardif et qui n'en finit jamais, paysage en mouvement, rempli du son de la glace qui se brise et des certitudes qui, tantôt glace, tantôt flot, n'en finissent pas de m'ouvrir des horizons.
J'ai tellement envie d'aimer que j'en suis mort de trouille. Tellement envie d'amour que j'en oublie de vivre. Exprès.
A force de grandir, je laisse tomber tout ce que je croyais aimer faire, découvrant un jour ou l'autre que tout a déjà été fait, et qu'en amateur complet, rien de ce que je dis ou crée n'est nouveau. Tout me déçoit. Tout est trop petit, trop moche, trop simple et enfantin. J'ai les yeux plus gros que le ventre et le regard plus loin que l'horizon.
Alors je reste à écouter, essayant tant bien que mal de me tracer un chemin, faisant appel à qui voulait bien me donner son temps, sa patience, et sa foi. Je continue d'avoir peur de m'enfuir un jour, incapable de faire face, incapable d'assumer l'idée d'un futur, l'idée d'une réussite ou d'un échec. J'ai honte de ne pouvoir offrir qu'un mensonge vide aux autres, que promesse et espoir d'avoir un jour cette générosité qui me maintient à flot.
En résumé j'ai peur.
Mais après tout, c'est pour ça que j'écris, pour essayer de lui ouvrir la porte, à cette peur, de l'inviter gentiment à sortir de moi. Marre des démons qui me coulent, marre de la fatigue, de l'abandon et de la peur. Marre de vivre retiré dans mon incompréhension et mon éloignement. Marre de souffrir pour rien. Je suis mort, car je ne crée pas, je n'apprend pas, je n'avance pas.
Je veux vivre.
