Voici bien longtemps que je n'ai plus écrit ici. Et pour cause. L'écriture m'est une souffrance, une exigence, un effort immense. Et, allergique à l'effort que je suis, j'ai donc pratiquement cessé d'écrire récemment.


Toute ma vie est en train de basculer lentement dans un monde nouveau. Elle a connu des révolutions hors de toutes proportions précédentes dans leur réalité concrète pour moi. Autrement dit, si dans la décennie précédente (1998-2009), les (r)évolutions de ma vie étaient intérieures, un long chemin de croix, remise en question permanente, changement lent et irréversible de ma vision du monde, désormais, je viens de m'engager dans ce qui s'annonce comme une nouvelle décennie, cette fois caractérisée par des changements directement visibles, s'affichant et transformant en profondeur, mais aussi en surface, ma vie, ses horaires, les objets qui m'entourent.

Une petite liste pour faire démonstration :

- depuis un an, je vis sur iphone, connecté en permanence. La seule manière d'échapper à la réalité et à mes obligations est de nier. Situation morale qui se révèle vite intenable. J'ai créé une écologie d'existence sur ce support, qui me relie à la réalité (calendrier centralisé, podcasts, emails, liste des choses à faire)

- Depuis un an et demi maintenant, je travaille tout le temps, ne fuyant plus un boulot au bout de deux mois. Plus le temps passe, plus ce que je fais me plaît et est proche de ce que je rêve.

- depuis trois ans, je ne me déplace plus qu'à vélo et tiens mes engagements dans le domaine, ne cédant pas à la facilité. Je commence à maîtriser le domaine.

- Réinvention complète de mon espace de vie et de mes outils de travail. Ce travail de transformation vise, à terme, à créer des conditions créant un confort de travail, donc le moins de frottement possibles entre moi et le travail

- Bien qu'éphémères, j'ai su mener à bien, ou au moins porter un temps, des projets personnels : Dream on, un court-métrage qui est presque fini. Je continue de chercher une démarche de psychothérapie adaptée. Malgré mon désir de fuite, je m'accroche.


Cette année nouvelle s'annonce comme la plus riche de mon histoire depuis Louis-le-Grand si je continue dans la voie annoncée et engagée. Grâce à ma réflexion depuis plus d'un an, je commence à me situer par rapport à ce monde, définissant les positions que j'appuie par des engagements réels.

- apprendre le japonais

- être bénévole à la Goutte d'Or comme écrivain public et enseignant de français.

- être bénévole au planning familial. Et je semble être le premier homme bénévole à Paris, donc m'accrocher.

- continuer de travailler pour ma boîte de prod. (difficultés en ce moment, mais à surmonter. Problème de contraintes temporelles)

- faire le nécessaire à l'anpe, faire une formation technique de cinéma et trouver une nouvelle boîte de prod.


Mes buts cette année :

S'il faut en retenir un : CRÉER DES RYTHMES ET HABITUDES DE TRAVAIL. En bref, apprendre à surmonter ma peur de l'effort et me mettre au travail, parvenir à me créer des régularités dans ma vie. Des actions qui ne reposent pas sur un élan temporaire, mais sur un effort continu, à petite dose. C'est la révolution absolue que je vise, un retournement de tout mon système d'existence.

- continuer de développer des projets perso (pour l'instant en pause, à part le 48hours project en octobre)

- assurer mon indépendance financière et vivre à part.


Mes buts futurs :

- faire et maîtriser un sport de combat.

- finir d'apprendre l'allemand.

- courir un marathon et pouvoir faire des randonnées en courant.

- fonder une entreprise et la mener à bon port.

- parvenir à construire une relation amoureuse stable et m'engager.

- trouver et faire le(s) boulot(s) de mes rêves.


Jamais de toute ma vie je n'ai été aussi fort intérieurement, aussi stable, aussi calme, fondamentalement. La confiance que je ressens n'est plus cette confiance aveugle en mes super-pouvoirs contrebalancée l'instant d'après par un désespoir sans fond, mais une certitude forgée par ce que je vois quand je regarde le chemin parcouru depuis aussi loin que je me souvienne. Remontant jusqu'à la maternelle, et à des souvenirs traumatiques d'un univers où tout m'échappe et où j'ai identifié la plupart des êtres humains à des êtres avec lesquels l'interaction est au bord négatif de l'absurde impossible. Essayant de donner sens à un monde que je ne comprenais pas, réfugié dans ma forteresse de solitude, préférant un univers intérieur où la maîtrise absolue était ma règle, mon refuge, à un monde extérieur dont les règles d'interaction et d'interprétation continuent de me donner des maux de crâne et des heures de questionnement indécis, aboutissant à des actions sanctionnées par les réactions des autres, un sentiment de malaise et d'échec permanent.


C'est de là que je me bats pour m'extirper. Sans la violence que j'ai pu exprimer, mais avec une douleur insondable et permanente, dont la conscience n'efface pas l'effet, seconde après seconde. Moins de violence dans mes relations de coeur aussi, où le désir absolutiste d'amour est remplacé par une maturité plus grande permettant de mettre à distance et supporter le manque. Manque d'amour, d'affection, de chaleur humaine et de présence. Et si j'ai conscience d'avoir laissé filer la femme de ma vie, et quelle que soit contradictoire ma conduite vu de l'extérieur, mon coeur reste fidèle et inébranlable. Pour la première fois, je sais ce que je veux.

Et, sachant ce que je veux, je cherche les moyens concrets de réaliser cela. C'est en cela que mon seul et unique but de cette année, indépendamment de n'importe quoi d'autre, qui est secondaire, est de créer enfin cette habitude qui permet l'addiction au travail, en tout cas de donner à l'effort régulier une place réelle dans ma vie.


Ceci dit, je revendique toujours avec la même force les contradictions comme une des définitions centrales de la nature humaine, de ma nature.

Nous verrons à la fin de l'été prochain le chemin fait et les engagements tenus ou pas. Et j'aurai cette page pour me référer à ma vision actuelle.


Il est temps de me battre pour le monde dans lequel je veux vivre et la place que je veux y tenir.


See you in the real life.