dgrverrances

Lieu de mes textes et de mes voyages. dgrv

14 octobre 2009

Post scriptum, ou introduction préemptive au poème intitulé "De la Souffrance"

Je tenais à préciser deux choses.

D'abord, je n'ai pas écrit depuis un temps très très long, hors quelques rares exceptions. Dans tous les cas, le domaine de la poésie est resté en friche pour moi depuis à peu près trois ans. Il y a longtemps, dans une autre galaxie, ma vie était construite et prenait sens entièrement autour de l'acte d'écriture, et spécifiquement autour de l'écriture de la poésie. L'écriture, à proprement parler, ne constituait qu'une fraction infime de l'ensemble du processus. Tout le reste de mon temps était orienté vers cette condensation finale de tout ce que j'accumulais le reste du temps. Prédisposition organisée au processus partiellement inconscient de création de la poésie.

 

Depuis trois ans, introduction à la réalité et à la vie active oblige et suite à une modification idéologique du cadre dans lequel mon système d'exploitation mental opère, la poésie a cessé d'être au centre de mon être. Donc, réécrire est extrêmement pesant, et sans le support d'un processus mental total organisé en vue de créer, c'est quelque chose d'extrêmement maladroit que je publie ici.


Deuxième remarque. Cette maladresse est encore accentuée par le fait que je viens de réaliser où reprenait ce chemin que j'avais interrompu en parvenant à ce qui, à mes yeux, était un achèvement accompli de la forme poétique qui constituait la forme et la matière de mon art. Et ce nouveau plan d'existence de l'écriture est une forme complexe et libre de prose poétique. Ceci en est le premier texte. A chacune de mes étapes, il m'a fallu plus d'un an pour parvenir à quelque chose de potable. Comme je n'ai aucune intention d'exercer mon esprit à cela, ceci est un morceau pour donner vaguement une idée de la direction où ma poésie aurait pu aller dans d'autres conditions.

Une des raisons pour lesquelles cela n'ira sans doute nulle part est que mon besoin interne d'écriture s'est effiloché au fil du temps. Il n'en reste que de vagues lambeaux. La souffrance a perdu sa place centrale dans ma vie (ce texte est sorti de la corroboration de l'effet sur mon esprit de deux films éprouvants : Boy A (un bijou !) et La journée de la jupe, vision acerbe et noire du système éducationnel d'aujourd'hui) Mon handicap de volonté m'oblige à laisser tomber toute ambition dans ce domaine et à accepter une vie de passivité.

 

Ceci dit, c'est mon plaisir de vous donner à lire ce petit morceau qui vient malgré tout de moi, et que je ne peux renier, parce qu'il est moi, à cet instant donné. Et ceci indépendamment du fait que lui et moi allons dériver vers des Terres différentes au fil du temps.

Poétiquement vôtre

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De la Souffrance


De la Souffrance à l'état brut


J'ai perdu le chemin du retour

et le temps de mourir est passé

mot tableau de ce monde d'horreur

chaque étoile qui meurt m'a blessé


chaque vie que je souffre émeut l'âme

et les mots qu'on connaît sont passés

mais venir pour tenir l'ombre flamme

facile être à ton corps enlacé

à ton corps embrassé

à ton corps engoncé dans l'amour

effacé à ton corps d'éphémères blessés

d'os brisés à ton corps oublié dans la Terre

à ton corps cadavre d'or couvert adoré dort


À TON CORPS DE SOUFFRANCE QUE J'AIME ET ADORE 

et que ne cesse de dire

et que ne cesse de rêver

et qu'à jamais



trouble coeur perfusion de méthane

suit l'instinct du désir d'Être aimé et mia erre ta mertume


la fatigue d'alcool vague à l'art

sans plosion

pas d'ex/plosif 

sans amour extincteur

sans fibrodouleur, ingénieur accrocbaume

trapéziste moureur et fleur de sel de bleus d'erreurs mortelles et des feux en moi sans foi ni 

rien

et encore

toujours

finalement

rien



tentative de vivre sur mille palliers

et une nuit

mille errances d'arcade, perdu

et une de gagné


dans l'infini Borgès

librairie Monstre

et derrière le rideau, Méta taudis de fer

paradis de l'enfer

Métaparadis va te faire...



Da la Souffrance pure et de son raffinement


La violence étiolée s'attache

à subir

vivre étreinte


seule et douloureuse

creusant sa tombe de sangle sanglots

construit tout doucement

belle et paresseuse

un sens étrange animée de sueur animale

glissante torpille


C'est d'un rêve qu'il porte le coup fatal


Et brisant l'élan, toujours tu croyais descendre d'Adam et Eve et finir auprès d'un Esprit

Et la Souffrance fut. Solitaire appui, unique preuve d'existence. Ressenti étrange.


Et Dieu vit son oeuvre. Et il fut content. Et il souffrit. Et l'Homme dieu

ou le Di-Om

rêva

cauchemar éveillé

de les éventrer tous

de leur arracher la tête

ou le coeur

mets de choix

et pluie de torrent, l'Homme se souvint de ce jour à venir

où tout a été mort

et rien ne va ternir

la pureté cristal

d'un Pierremonde à la conscience trop étale

pour vivre, concentré, vivre de douleur si intense que rien ne reste que de détruire TOUT DE TOUT DE TOUT et de l'ensemble infini de cette chose qu'on appelle l'âme du monde



Et nulle âme

à ton corps adoré

adhéré désormais montagne et plate cime

ne rêve que ce reste

et sans toi désormais

la souffrance s'arreste

à ton corps démembré



Définition Absolue de la Souffrance



J'aime


 

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09 juillet 2009

Sa Majesté la Courge

Voici un petit texte écrit en collaboration avec mon amie Emilia, il y a quelque temps de cela. Je tiens à ajouter que si quelqu'un souhaite illustrer ce petit conte moral, ce serait génial !

LES CONTES DU POTAGER

SA MAJESTÉ LA COURGE

Dans le ventre de la Courge vivait une large population de Cotillons, peuple élu et sujets digestifs de Sa Majesté la Courge, portant chapeau noir, barbe et papillotes. Ceux-ci se nourrissaient de tout ce que la Courge avalait et étaient capables de tout digérer pour elle. Sa Majesté la Courge aimait bien ses nombreux sujets et se sentait plus importante de les avoir sous ses ordres. Ils lui obéissaient toujours en tout et la chérissaient. Elle les autorisait à faire la fête tous les soirs, bercée par la musique qui venait de l'intérieur. Les Cotillons étaient heureux et digéraient, alors elle se sentait bien.

Mais Sa Majesté la Courge avait un gros défaut : elle était fort orgueilleuse. Mal lui en prit.

Un jour, Le Grand Potiron prétendit qu'il était supérieur à elle parce qu'il pouvait manger des pierres et les digérer, contrairement à certaine courge de sa connaissance ! Furieuse, Sa Majesté la Courge se répandit en invectives et saisit le Potiron par ses racines. Prenant les Carottes pour témoin, elle avala la première pierre qui lui passa sous la patte. Les Carottes hoquetèrent d'horreur.

Ce qu'elle ignorait, c'est que le Grand Potiron était rongé de jalousie, au point d'en devenir vert. Ayant pris les Carottes en otage, il les avait obligé à fabriquer un poison à base de plante qu'il avait répandu sur toutes les pierres du potager. Lorsque Sa Majesté la Courge avala la pierre, elle ressentit une crampe à l'estomac. Puis, elle se sentit mal. Très mal.

Lorsque Le Grand Cotillon sortit de sa case pour aller déjeuner, il découvrit une énorme pierre de la taille d'une montagne, d'une couleur vert-bleu peu ragoûtante. Sonnant la cloche du repas, le Grand Cotillon saisit dix morceau de pierre de ses dix petites mains et les porta à ses dix bouches. Instantanément, il fut pris d'atroces vomissements et tomba sur le sol courgesque dans un délire terrifiant. Les petits Cotillons se rassemblèrent autour de lui, apeurés. Revenant un instant à lui, le Grand Cotillon hurla "Gloire à Sa Majesté la Courge ! Obéissance et honneur". Un râle insupportable suivit. Puis ce fut le silence. La Grand Cotillon venait de rendre l'âme. Une pluie de mini-cotillons s'échappa de lui, se répandant dans l'atmosphère interne de la courge.

Une grande tristesse s'empara de tous les cotillons. Le dernier né, Alfred le Cotillon, qui n'avait peur de rien parce qu'il était inconscient des dangers de la vie, s'avança alors au milieu de tous. Il se lança dans un discours qui enflamma le courgettisme de ses compatriotes. "Au nom de Sa Majesté la Courge et en mémoire du Grand Cotillon, nous allons sortir et trouver les coupables pour les punir !!!"

La troupe des Cotillons s'avança alors vers les sorties de secours éclairées de rouge, qu'ils n'avaient jamais empruntées. Mais au dernier moment, le Grand Cotillon eut un sursaut de vie et s'écria : "Non, mes chers Cotillons ! Vous devez rester pour assurer votre devoir envers Sa Majesté la Courge !" Puis mourut une deuxième fois.

Alfred le Cotillon divisa alors le peuple élu en deux. Les uns restèrent sur place pour digérer, et les autres remontèrent les escaliers de secours qui menaient à la surface. C'était la première fois qu'ils sortaient et leur peur était grande. Mais leur courage était plus grand encore.

La Courge, souffrant d'un atroce mal d'estomac, gisait sur le sol, ses pattes ployées, immobilisée par le poison qui se répandait en elle, émettant de faibles grognements. En face, le Grand Potiron dansait une folle danse de la victoire, portant son nouveau tee-shirt : "King of the potager". Son expression halloweenesque faisait peur à voir.

Malgré un vent d'une force inouïe, Alfred le Cotillon n'hésita pas une seconde et se jeta dans le vide. Tirant sur ses papillotes, il déploya son chapeau deltaplane. Utilisant ses deux papillotes comme manettes de direction, il parvint, après un long vol plané, à atterrir sur le Grand Potiron. Tous ne parvinrent pas à destination, et son coeur fut déchiré par les cris désespérés de ses camarades emportés par des rafales et empalés vivant sur les branches aiguisées des arbres ou mangés par les oiseaux. Alors, suivi de ses frères et saisi d'une rage atroce, il fracassa les portes de secours, se rua dans les escaliers et tomba sur le peuple digestif du Grand Potiron par surprise. Ce fut un massacre ! La brave force expéditionnaire des Cotillons tua jusqu'au dernier des serviteurs du Grand Potiron et se retrouva dans une mare de sang. Le Grand Potiron, saisi de spasmes affreux perdit connaissance et déchira son tee-shirt en tombant sur le sol. Ce fut la tête haute qu'ils remontèrent les escaliers de secours., incapable de digérer, le Grand Potiron allait mourir sous peu.

Heureux, Alfred et ses compatriotes s'apprêtaient à rentrer au sein de la Grande Courge pour annoncer leur victoire, mais un problème demeurait : personne ne pouvait digérer la pierre, qui continuait d'empoisonner Sa Majesté la Courge.

C'est alors qu'Alfred le Cotillon entendit les voix aiguës des carottes. Dirigeant ses compagnons en vol plané vers les carottes, il se posa en haut d'une barrière qui les surplombait. Mais lorsqu'il essaya de leur parler, elles ne semblèrent pas l'entendre. Alfred le Cotillon eut l'idée géniale de reprendre la danse D'Ago-Ago, lors de laquelle les cotillons dansent en rythme et chantent en choeur. Composant un morceau sur le vif du sujet, les Cotillons se lancèrent dans un chant qui parvint à attirer l'attention des Carottes.

Il faut préciser que les Carottes sont connues à travers les potagers du monde pour leur connaissance des plantes médicinales. Et même les Cotillons en avaient eu vent. Exposant leur problème donc, les Cotillons obtinrent des Carottes que celles-ci donnent à Sa Majesté la Courge une herbe qui leur permettrait de digérer la pierre empoisonnée. L'herbe en question était de la Salsepareille, aussi connue sous le nom de Schtroumpfplante.

Ce n'est qu'alors que la force expéditionnaire des Cotillons retourna au bercail. Bénéficiant de conditions météo meilleures qu'à l'aller, ils eurent tôt fait de se retrouver à nouveau dans le ventre de leur bien-aimée Courge. Accueilli en héros, couvert de sang, Alfred le Cotillon dut encore prendre la tête de son peuple et lui faire escalader les parois raides qui menaient à l'autre bout du tube digestif de la Courge. Montant sur les épaules les uns des autres, ils parvinrent à entrouvrir la bouche de la Courge, inconsciente en cette heure grave. Lorsque les Carottes revinrent, apportant la Salsepareille avec eux, les Cotillons la tirèrent à l'intérieur. Là, des milliers de mains diligentes déchirèrent la plante en minuscules bouts. Après l'avoir avalée, les Cotillons se mirent en devoir de digérer la pierre.

Que de douleurs à l'estomac ! Tous pris de colique néphrétique malgré la protection de la plante médicinale, les courageux Cotillons continuèrent envers et contre tout à absorber l'immense montagne de poison. Finalement, alors que presque tous les Cotillons étaient étalés inconscients sur le sol, Alfred le Cotillon parvint à avaler le dernier morceau de la pierre qui avait commencé toute cette histoire insensée.

Le lendemain, tous les Cotillons ne se réveillèrent pas de cette nuit de cauchemar. Pour certains, la Salsepareille n'avait pas suffi à les protéger et ils avaient succombé au poison.

Une messe fut donnée par le Grand Rabbillon en l'honneur des morts au champ d'honneur. Alfred le Cotillon, malgré son jeune âge, fut proclamé Grand Cotillon. "Alfred au pouvoir !" fut le cri repris par tous, jeunes et vieux. Son premier ordre fut de déclarer une semaine entière de fête ! Et nul ne niera que le peuple élu des Cotillons ne l'avait mérité. Au son de la musique, les papillotes sautaient, les chapeaux volaient dans les airs, et la joie était partout.

Sa Majesté la Courge, ayant repris connaissance, mais encore affaiblie, fut heureuse d'entendre la musique résonner en elle et de savoir son peuple vivant et heureux. Consciente du prix qu'ils avaient payé pour elle, elle se jura de ne jamais recommencer.

Désormais reine sans partage du Potager, elle donna aux Carottes le meilleur coin du jardin et reprit sa vie, faite de bouffe et de fêtes interminables.

Émi & dgrv
20/06/2009

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04 juin 2009

De l'attente et de l'enfer

Je crois que je viens de saisir quelque chose qui me détermine depuis aussi loin que je m'en souviens.

J'ATTEND QUELQUE CHOSE.
et c'est pas bien

mais

je ne peux pas m'empêcher d'attendre passivement

même si c'est pas bien
même si
comme c'est pas bien
je me sens coupable

et donc
comme ça fait longtemps que j'attend
et que je me sens mal
parce que coupable

je n'ai plus le courage d'agir

et comme je me le répète
parce que je suis attaché à ce qui cloche
je perd espoir
ou même
je ne le gagne jamais.

Et comme je n'ai plus le courage d'agir
je me sens coupable
mal

et donc je n'arrive pas à penser des choses heureuses
je n'arrive pas à vouloir
je n'arrive pas à me définir
je n'arrive pas à croire

et
conséquence dernière
j'écris des comptines folles
mais qui résument bien ma situation

parce que
je ne dis tout ça que pour une raison
L'ESPOIR QUE J'AI DE VIVRE
D'ACCOMPLIR

---

Et ce que je fais en ce moment dans ma vie peut sembler absurde, mes projets, mes boulots, mais je sens que cela me mène quelque part

Le titre de mon existence, pour l'instant, reste malgré tout :

EN ATTENDANT GODOT...

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30 mai 2009

Another story

Ce que je veux mettre dans l’histoire SF que j’écrirais.

- des mondes parallèles/artificiels/illusion. Une profusion telle et si naturelle qu’on s’y perde. Les aspects légaux doivent être assez amusants… On pourrait imaginer une population humaine mondiale réelle et simulée de quelques milliers de milliards d’individus et une population intelligente de dizaines de milliers de milliards d’êtres. Une économie et une technologie construites autour des simulations. Une communauté simulée d’inventeurs qui, grâce à l’argent que leur rapportent leurs inventions, ou les cours qu’ils donnent à des étudiants réels ou imaginaires, grâce à leurs publications (réelles et/ou imaginaires) pourraient se payer une incarnation, dans un être de chair, un cyborg ou tout type de forme incarnée.

- les lois de l’existence : il est interdit d’exister en plus d’un exemplaire à un seul et même niveau Il est possible de créer des copies de soi à tout autre niveau que le sien, en dehors des restrictions particulières qui s’appliquent à la réalité. Aucune modification ne peut être apportée à un être intelligent sans son accord explicite. Une sauvegarde légale est attribuée à chaque être réel ou simulé au moment de sa naissance. Est considéré comme intelligent, avec tous les droits légaux attenants, tout être capable de répondre au questionnaire de Friléön. Tout être intelligent bénéficie du droit d’exister jusqu’au point de non-retour, également appelé test de folie(obligatoire tous les cinq ans, selon le temps de référence de l’environnement de l’être en question). Une fois ce point atteint, la destruction est obligatoire. Tout être intelligent dispose du droit de faire naître 3 êtres intelligents, dont 1 au maximum réel. Il peut vendre ce droit à un autre qui en disposera à sa guise.

- le marché des droits de naissance brasse d’énormes quantités d’argent.

- les lois de la simulation : n’importe qui peut induire une simulation. Tout être simulé doit être soumis au questionnaire de Friléön et les lois de l’existence s’appliquent à lui. N’importe qui peut acheter des droits de naissance supplémentaires au Gouvernement Planétaire par l’intermédiaire des entreprises concernées et au prix de vente fixé selon le cours du marché, en fonction de la demande mondiale.

- les lois de l’incarnation sont très sévères, à cause des ressources disponibles et de l’espace terrestre. (Il est par exemple interdit de faire s’incarner des êtres de niveau 2 ou plus. La Terre est entourée de stations. Un réseau très développé de stations (Les stations sont au nombre de 233) reliées en orbite autour de la Terre et (quelle population ? Quelle technologie ?) qui sert également de port spatial.. Nous sommes en effet à l’ère où la navigation est en train de devenir interstellaire. Le coût en est énorme mais elle est possible grâce aux techniques de l’incarnation et de la simulation. Ces techniques de pointe laissent envisager une conquête à très long terme de l’univers. On peut en effet concevoir des corps adaptés à chaque environnement, qu’il soit planète ou espace. Les communautés envoyées sur des vaisseaux qui représentent la pointe de la technologie humaine sont mille fois plus nombreuses que les possibilités d’incarnation du vaisseau. Elles assistent les incarnés dans la construction d’un monde nouveau.

- Vaisseaux spatiaux : ils ne sont pas intelligents, mais reposent sur une multitude de cellules simulant chacune une intelligence protohumaine non consciente qui gère des processus logiques de contrôle du vaisseau. Les décisions sont prises par la communauté simulée du vaisseau. Il faut absolument au moins un homme né génétiquement de parents réels et qui a accepté de se faire désincarné pour commander le vaisseau. En 741 de l’ère spatiale, les vaisseaux interstellaires embarquent une communauté initiale de 1 000 000 d’habitants en gros et ont une capacité d’incarnation d’environ 10 000 cyborgs et êtres humains. Est-ce une solution à la population mondiale ?

- Les vaisseaux disposent d’un système automatisé d’entretien et de réparation. De plus, des automates de tout type peuvent être montés à partir des éléments de base dont dispose le vaisseau, asservis à un ou plusieurs êtres intelligents, et effectuer les réparations nécessaires avec toute la précision exigée.

- Quelles sont les vitesses qu’atteint un vaisseau spatial ? La limite théorique est la vitesse de la lumière. Comme il n’y a pas d’incarnés sur les vaisseaux spatiaux de deuxième génération, ils peuvent atteindre un peu plus des 4/5è de la vitesse de la lumière en accélérant progressivement mais rapidement.

- ID unique valable dans la réalité ou dans les différents niveaux de simulation. (en général les êtres réels ne descendent pas dans des niveaux de simulation hyperélevés. On parle de générations dans le temps, et de niveaux dans la simulation. Une simulation à l’intérieur d’une simulation est un niveau 2. Les recherches sur l’intelligence menées par plusieurs groupes de scientifiques combinés (réels et simulés) reposent sur des simulations de niveau 10, voire 100…

- un des dangers existants pour l’homme, assez limité heureusement, mais dont l’étude n’a pas progressé, est l’accès inopiné et inexpliqué de systèmes de simulation à l’intelligence. Chaque fois que cela se produit, le cancer est isolé, mais les dommages sont assez importants : de grandes quantités de données stockées sont corrompues, détruites ou inutilisables et les êtres simulés meurent par centaines de milliers. Plusieurs entreprises se concurrencent au niveau mondial pour assurer la défense contre le cancer intelligent : système de portes informatiques qui isolent l’endroit où le cancer se déclenche, systèmes multiples de surveillance, reprogrammation préventive et prévision de bugs. Apparemment le système de simulation dans la simulation ne permet pas de prévoir et encore moins prévenir le cancer intelligent. Au contraire, plus le niveau de simulation est élevé, plus le risque d'apparition de cancer intelligent est grand. Des cas où le cancer sort de son niveau ont été constatés. Ils restent une minorité mais correspondent aux plus grandes catastrophes mondiales de par leurs conséquences.

- La répulsion qu’éprouvent unanimement tous les êtres intelligents pour le cancer intelligent tient aussi à ce qu’on estime qu’une telle intelligence bascule quasi instantanément dans la folie, étant trop large et non spécialisée. On estime généralement, et sans preuve, qu’elle ne peut se construire de manière à éviter la folie. D’où entre autres le fait que personne n’a jamais pris au sérieux l’idée de considérer un cancer intelligent comme responsable ou comme un être avec des droits. C’est une plaie, une maladie, pas une forme réelle d’intelligence. Un cancer, oui.
>un cas de cancer intelligent différent, très rare, qui ne détruit pas tout mais reste indétecté. Contacts très réduits avec les hommes. L’humanité a peur de l’intelligence non contrôlée et non générée par elle.

NE
- Dans les voyages interstellaires, les hommes entrent en contact avec les NE. La simulation joue un grand rôle dans cette attirance des NE pour la race humaine. Un lien entre le cancer intelligent et les NE ? Problème pour les voyages interstellaires ? Peur de les attirer ?

- Pour bien saisir la violence du rejet des NE par les êtres intelligents, il faut comprendre que les NE vont à l’encontre de tout ce que la science et les hommes admettaient comme évident jusque là, tout ce qui formait le socle des croyances de l’espace ICO : ils représentent l’intelligence ultime que tout le monde croyait impossible et qui repose sur un principe de vie à l'opposée même de la fondation corporelle des humains.

- aspect sociologique : différence de réaction entre la population réelle, simulée, humaine ou simplement intelligente.

- le cancer intelligent silencieux entre en contact avec le NE. Ce sont les deux formes d'intelligences les plus proches dans leur syntaxe existentielle.

- le NE parle aux hommes à travers l’un d’entre eux ? Un ou plusieurs ? Simulé ou réel ? En fait il n’y a pas véritablement de dialogue, seulement ce que quelques-uns des interlocuteurs des NE ont révélé au reste de l’Humanité. Mais l’essentiel est resté entre les NE et ceux à qui ils ont parlé.

- l’environnement. Question complexe. Le niveau technologique est très élevé. C’est lui qui fonde l’économie postérieure au Grand Chaos. Les technologies spatiales y jouent un grand rôle, et ce bien avant le projet Baba Ïaga et la première station orbitale. Comment ? (me renseigner sur tout ce qui serait applicable) En gros, toutes les technologies reposent sur l’idée, non seulement de ne pas polluer, mais toute technologie s’intègre d’une manière ou d’une autre au nouvel équilibre environnemental de la planète. C’est un travail immense qui serait absolument impossible sans la simulation.

- histoire : comment cette société s’est-elle développée ? Quelles sont les influences culturelles, les mœurs, les restes du passé ? Quelles sont les appartenances de chacun ? Comment les pays et les particularités se sont-elles effacées au profit d’un Gouvernement Planétaire ? Quels sont ses pouvoirs ?

- architecture : à quoi peut ressemble visuellement, et à vivre, la réalité de 741 ?

- chronologie :

0 :    L’année zéro, le point de départ de l’ère spatiale.
67 :   Premier être simulé supposé avoir atteint l’intelligence.
172 :   Création du questionnaire de Friléön
274 :   effondrement de l’économie mondial. La plus grande crise de l’histoire humaine.
274-317 :   Le Grand Chaos. Plusieurs explosions nucléaires. Résurgence des guerres. Situation catastrophique au niveau de l’environnement. Dérèglement du climat. Montée brutale du niveau de la mer. Destruction de la quasi totalité des zones côtières. Explosion des frontières politiques. La population humaine a diminué de deux milliards durant cette période. Transition violente et obligée d’une économie intensive et productiviste à une nouvelle économie qui repose sur la simulation et le règne de la technologie. Abandon du travail tel que nous le connaissons. Les difficultés liées à cette transition ne deviendront négligeables que vers 400, et ce grâce au changement progressif des mœurs.
381 :    Création du Gouvernement Planétaire
437 :   Première colonie rentable, établie sur Mars.
437-500 environ :   Première grande période d’expansion spatiale. Colonisation du Système Solaire.
461 :   Aboutissement du projet Baba Ïaga : ouverture de la première station permanente en orbite autour de la Terre.
530 :   Le réseau des Stations en orbite crée un Comité Représentatif auprès du Gouvernement Planétaire et obtient une indépendance limitée. Il se compose à cette date de près de 80 stations.
579 :    échec de la première mission spatiale interstellaire.
   Grande crise planétaire due à la première pandémie de cancers intelligents
   Crise des ressources : la population combinée dépasse 30 000 milliards, parmi lesquels 27 milliards d’incarnés
583 :    point culminant de la crise de 579 avec la répression brutale des sectes opposées à la simulation.
586 :   Naissance de la première grande entreprise de défense contre les cancers intelligents
663 :    première mission de colonisation et donc de voyage interstellaire réussie
718 :    Deuxième génération de vaisseaux de colonisation. Début de la première grande vague d’expansion interstellaire de la race humaine.
741 :    rencontre déclarée avec les NE
   Ouverture à l’Humanité de l’espace neutre par l’intermédiaire des NE. Tout l’univers est désormais accessible et les autres univers aussi…
741-milieu du 14è siècle.    Cette période de l’histoire humaine est très troublée. Il va falloir près d’un demi millénaire à la majorité des gens pour accepter la réalité des NE et ses conséquences. Le voyage à travers l’espace neutre restera donc pendant cette période pour une bonne partie le fait d’individus ou de groupes isolés, des pionniers. Aucun d’entre eux n’est jamais revenu sur Terre… Les voyages interstellaires et le programme de colonisation continueront de plus belle, et ce même après la fin de cette période. Son âge d’or sera d’ailleurs bien après le 14è millénaire…

PS : personne n’a jamais entendu parler de Dieu dans toute cette affaire, et il n’a été donné à personne de le rencontrer, ni aucune entité qui aurait créé l’univers… quant aux NE, la plupart des gens ignorent tout d’eux, et ceux qui parlent avec eux ne parlent en général pas avec le reste de l’Humanité…

MŒURS ET SOCIETE

- la mort a été remplacée par le couperet que représente le test de folie. Un homme incarné achevant son cycle biologique primaire (son corps d’origine) devient un être simulé et peut être réincarné selon les lois en vigueur. Les temps d’attente pour une réincarnation sont en général très longs, au vu du nombre d’êtres qui désirent être incarnés. Un très grand nombre de techniques a été développé pour maintenir son équilibre interne le plus loin possible de la folie. C’est un marché très profitable, équivalent à notre marché actuel de la médecine, de la psychologie et Cie… Il existe des techniques de nettoyage qui exigent du client de se mettre en hibernation afin d’être ‘révisé’ et débarrassé de tout ce qui menace de dégénérer. (techniques qui suscitent de vives controverses quant à ce qui reste de l'identité. La question de l'identité est par ailleurs un des débats récurrents de la société). A l’opposé il existe de nombreuses hygiènes de vie, qui prônent l’introspection, l’auto-analyse et un mode de vie sain et équilibré, ouvert sur le monde, détendu. On trouve là l’une des raisons principales de la spécialisation de chaque être intelligent. Car la possibilité d’une immense intelligence simulée devrait ouvrir la perspective d’êtres absolus. Or tous les spécialistes de l’intelligence sont d’accord sur le fait qu’il faut centrer sa vie sur un domaine spécialisé auquel on adjoint quelques centres d’intérêt secondaires. Sans quoi l’horizon est trop vaste et l’on se retrouve comme happé par une synthèse que l’on tente trop large. C’est le basculement quasi assuré dans la folie

- Il est généralement admis qu’il est impossible d’échapper à la folie à terme. La vie éternelle n’est pas possible…

- les hommes réels, biologiques, ont un certain mépris vis-à-vis des incarnés et plus encore vis-à-vis des êtres simulés. Les êtres intelligents non-humains ne sont pour la plupart pas issus directement des simulations générées par les Bio (vs les Sim). Ils sont l’objet d’une méfiance des Bios.

- Un nombre assez important (quelques dizaines de millions) mais très minoritaire d’humains a choisi de vivre en dehors de l’espace ICO. C’est une secte qui refuse la modernité, la pratique de la simulation et ne reconnaît pas la validité du test de Friléön quant aux êtres simulés. Ils ne sont soumis que d’assez loin à l’autorité du Gouvernement planétaire. Ils vivent de manière autonome dans plusieurs dizaines d’enclaves et leur niveau de vie est relativement élevé. A déterminer… Il y a eu plusieurs périodes de violence dans l’histoire de la planète, pendant lesquelles les sectes opposées à la simulation se sont répandues hors de leurs enclaves et causé des dommages importants. La période la plus violente, qui fut aussi la dernière, se déroula lors de la grande crise de 579 (échec de la première mission spatiale interstellaire, crise des ressources, le tout avant les lois de l’incarnation, et grands problèmes liés à des cancers intelligents récurrents et très virulents(les entreprises de défense contre le cancer intelligent n’existaient pas en tant que telles à l’époque et les moyens de lutter contre le cancer intelligents n’avaient pas encore été développés.)). Des intérêts vitaux furent menacés et le Gouvernement Planétaire envoya l’armée. Il y eut des milliers de morts. Depuis, seules les violences mineures et du fait d’individus isolés sont à déplorer.

- Parmi les gens exclus de la sphère technologico-culturelle de l’ico et de la simulation, il faut compter des centaines de millions de personnes qui sont les ‘pauvres’ de cette société. Attachés au régionalisme, gens d’opinions assez extrêmes en général, la plupart d’entre eux a mal utilisé les crédits alloués par le Gouvernement Planétaire à tout citoyen homologué et se sont retrouvés exclus. Ou alors ce sont leurs descendants biologiques qui sont restés en dehors de la sphère techno-culturelle de l’ico, le plus souvent par négligeance. Ils vivent dans plusieurs centaines d’enclaves, parfois réduites à un village et ses environs, parfois de la taille d’une métropole. Contrairement aux sectes qui s’isolent volontairement de l’espace ICO, les gens qui vivent dans les enclaves ‘pauvres’ n’ont pas choisi leur exclusion, ou bien n’avaient pas les moyens de mener la belle vie. Le Gouvernement Planétaire reste en général en dehors des affaires des enclaves et la vie y est dure. Les ressources sont faibles et ceux qui font partie de l’espace ICO ne se sentent nullement concernés par les problèmes de ceux que beaucoup considèrent comme des incapables. Y a-t-il des entreprises qui en profitent ?

- Technologie : 94% des innovations technologiques proviennent d’êtres simulés, et 99% des inventions reposent à un moment ou à un autre sur la simulation. La simulation occupe donc une place vitale dont dépend la survie même de l’Humanité, même si peu de primaires (les hommes dans leur corps biologique originel) acceptent de le reconnaître. Cette dépendance suscite des réactions assez violentes parmi les êtres incarnés, surtout ceux qui sont d’origine. Le pouvoir détenu par les êtres simulés pèse sur le Gouvernement Planétaire de manière conséquente mais non décisive, car tout le monde sait intuitivement qu’il faut ménager la minorité des êtres réels.

En 741, il y a 42 milliards de Bio pour 230 000 milliards de Combinés. Les êtres réels représentent donc 0.018% de la population totale. Le fait que 0.018% de la population soit à l’origine de 6% des inventions s’explique par le fait que les inventions à succès représentent la meilleure chance d’incarnation pour les Sim. Les meilleurs inventeurs s’incarnent donc tous assez rapidement et continuent assez souvent une carrière prospère. Etrangement aussi, habiter la réalité s’avère souvent profitable, car elle a quelque chose de plus que n’importe quelle simulation, quelque chose qui stimule l’invention et la rend un peu plus pertinente…

INTRIGUE

- Un être simulé embarqué sur la première génération de Grands Vaisseaux de colonisation, le summum de la technologie humaine. Il sait qu’il ne sera jamais incarné. Mais il a toujours voulu fuir ailleurs et il gère une partie du vaisseau. Problème en chemin. NE (à ne pas préciser) réveille l’intelligence sous-tendue par le système brisé du vaisseau. Le NE investit le vide de conscience que représente le vaisseau. Les NE sont attirés par le vide de conscience.

- le capitaine est un homme réel prétentieux et méprisant. Il montre ouvertement son dégoût pour les êtres intelligents non humains. Grave incompétence qui va l’isoler peu à peu. On décide sans lui et cela ne fait qu’augmenter sa fureur et sa rage, d’où des sanctions injustes. Mais sans lui, le vaisseau ne peut pas fonctionner. Il a les codes sans lesquels aucun processus viable ne serait possible. Il a le pouvoir. La révolte est donc absolument exclue, sans quoi le vaisseau finira par mourir et ses habitants avec.

- Le capitaine s’isole parmi le petit groupe de réels attirés par cette colonisation et les avantages promis. Ils sont une trentaine. Quelques réels ne se sentent pas concernés mais ils ne sont que quatre. Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils partis de la Terre ? L’un d’entre eux sera un aide curieux du héros.

- la Capitaine adjointe est une femme simulée très compétente. C’est elle qui pose les limites et fait en sorte que tout se passe bien. Pour elle le Capitaine ne fait que s’enfermer dans ses limites. Elle est humaine. Copie ‘améliorée’ générée par l’une des plus grandes scientifiques en intelligence. Equilibrée, elle sait prendre les bonnes décisions. Mais sa perfection cache aussi quelque chose…

- Une ‘vie culturelle’ très active sur le vaisseau. Des cercles très créatifs rendent la vie intéressante. Des groupes de recherche scientifique utilisent une base de donnée qui rassemble l’ensemble du savoir humain. La vie non seulement continue, mais diffère peu à peu de la vie sur Terre. Chacun peut choisir sa vitesse. V1=le temps s’écoule à la même vitesse que dans la réalité. V2 = deux fois plus vite. Cette vitesse varie entre V64 (V1024 pour une petite minorité) et V0,05, et comprend bien sûr l’hibernation. L’enjeu étant l’incarnation et la présence au moment de la colonisation. Plus V est élevé, et plus le moment de la folie arrivera rapidement. La grande majorité sur le vaisseau fonctionne à V16.

- Une nouvelle d’une quinzaine de pages environ… Un récit assez développé pour saisir les enjeux intérieurs à la communauté du vaisseau spatial. Les interactions entre le héros et les autres. Le capitaine, les différents groupes et opinions, la capitaine adjointe. Puis, tout déraille peu à peu. Cancer intelligent, panique à bord, le vaisseau dévie. C’est la mort assurée, et le contact avec les NE. Comment, au fil du temps, le héros s’est isolé des autres. Comment la folie est l’accès à une autre dimension peut-être, un manque de quelque chose, le complément du manque qui attire les NE vers les systèmes automatisés non-conscients développés par l’humanité. Et comment, de cette mort assurée, le héros va faire pénétrer le vaisseau dans l’espace neutre et l’ouvrir à des perspectives démentes, littéralement…

ECUEILS :    éviter l’espace qui lie de Dan Simmons et ses IA quant aux NE et à l’espace neutre.
      Eviter La Cité des Permutants de Greg Egan et son monde simulé ainsi que ses vitesses de fonctionnement.
      Si je construis le récit autour de la vie intérieure du vaisseau, ce sera trop classique et ennuyeux. Cela doit être juste un aperçu du monde qui est celui de 741 et développer les personnages principaux. Ne surtout pas commencer comme tant de romans américains de sf où tout est lent, explicatif, comme une potion pour bébé…
      Eviter le pathos et la généralité.
      Eviter le manque de profondeur.
      Ne pas pondre un récit sophistiqué et incompréhensible. Petit lexique d’une dizaine de termes ?

D’autres nouvelles auront le temps de décrire le monde postérieur au Grand Chaos plus en détail.

Laissez-moi me présenter. Mon nom est Nat-King-Cole-Juke-Box, mais vous pouvez m’appeler J.-B. Je suis un Sim, un homme simulé. Je suis un être de niveau 2, autrement dit j’existe dans une simulation à l’intérieur d’une simulation. Ca ne me gêne pas. Je n’ai jamais été tellement attiré par réalité. Ne pas avoir l’occasion de m’incarner dans ma vie m’est indifférent.
Au moment où je parle, je me trouve dans un vaisseau en train d’accélérer pour le système solaire d’Orion 376-A-43-Z. Dix-neuf ans de voyage aux trois quarts de la vitesse de la lumière. C’est un beau vaisseau qui rassemble le meilleur de notre civilisation… et coûte une fortune énorme.
Pourquoi je me suis embarqué dans ce voyage ? L’idée de me trouver le plus loin possible de la    Terre et de son fichu Gouvernement Planétaire m’a paru très séduisante. Coloniser une planète est une entreprise tout à fait honnête, et fort excitante de surcroît. Là au moins je pourrais vraiment être utile à quelque chose.
Le vaisseau continuait d’accélérer. Je surveillais d’un œil distrait les indicateurs de bon fonctionnement des processeurs de calcul de coordonnée. J’avais choisi de laisser cette fastidieuse surveillance à mon inconscient. Avoir une part de responsabilité dans le bon fonctionnement du vaisseau ne signifiait pas que j’y prenais plaisir, ni que je devais m’ennuyer.
   J’avais enfin quitté la Terre ! Pour toujours ! Ici nous n’étions qu’un million de Sim. Tandis qu’une partie de mon esprit écrivait un morceau de musique pour orgue, tambour et chœur et qu’une autre continuait d’explorer les théories musicales pour y trouver des éléments intéressants, je méditais sur le délice qu’était pour moi cette libération. Plus de Gouvernement Planétaire ici pour imposer des contraintes insupportables, plus de Bios à honorer malgré leur bêtise d’ignorante minorité et leurs préjugés envers nous autres, les êtres simulés.
   Il ne faut pas croire, ma vie d’avant n’avait rien de déplaisant. Je n’ai jamais eu de problème de crédit comme d’autres. Jamais je n’ai été au bord de la destruction, que ce soit pour avoir mal géré mon capital ou pour avoir approché la folie. Ma vie de sim peut être considérée comme absolument normale.

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L'Arrogant...

Je me suis mis à relire récemment certains des textes que j'ai rédigés par le passé, et j'ai découvert avec stupéfaction que, bien que toujours incapable de juger de leur qualité, ils correspondaient toujours parfaitement à mes idées... Est-ce à dire que je n'ai pas progressé ? Je ne me sens pas capable d'écrire mieux. j'ai même l'impression d'être incapable de rédiger la suite de ce qui suit, d'écrire quelque chose d'aussi détaillé, d'aussi inventif à mes yeux...

Voici un début de nouvelle que j'ai rédigé en 2003.

Les yeux tirés, l’Arrogant enfila en hâte la tenue de combat et siffla le code ‘’capture’’ à la fréquence de sa compagnie. Au bout de quelques milisecondes, son oreille perçut les dix-neuf appels réglementaires. Une naissance de soulagement affleura le conscient du maître d’armes, violemment repoussée à sa place d’origine. Les muscles tendus, l’attention en mode ico, il ferma les yeux et repéra l’aigle en approche. Immédiatement il se mit en position et programma le saut. Cette opération, même répétée mille fois, gardait une touche d’aventure, une certaine odeur de danger. Oh, dans la réalité le danger était presque nul ! Mais la vitesse d’exécution, surhumaine, et la fantastique propagation dans l’air de la monture des forces d’élite étonnaient irrésistiblement les sens. Toujours cette étrange impression de précéder ses propres gestes, de planer indéfiniment alors que le tout, saut et fixation sur le dos de l’aigle, ne durait que quelques centièmes de secondes. Aigle en approche. Il sentait sa nervosité. Un jeune. Il n’avait accepté de le prendre que parce que cette bête était la plus entreprenante de toutes. Pas très puissante, sans grande expérience, mais avec une intuition et une arrogance hors du commun. Attiré par la ressemblance sans doute. Son portrait tout craché. Filant à travers (les méandres de) la projection spatiale de l’esprit aigellien, l’Arrogant veilla à ce que sa nervosité ne dépasse pas le seuil de dangerosité. Ce petit-là s’en tirait plutôt bien. Comme s’il visualisait le seuil, se maintenant juste en dessous.
Il est vrai que ‘’petit’’ était légèrement déplacé. L’aigle avait été sélectionné il y a soixante ans de cela comme monture des forces d’élite. Forme évoluée de l’aigle terrestre, il avait été découvert sur le continent interdit de la planète Minatron, système solaire Ras 211. La première fois que l’Arrogant avait vu la bête, il avait failli s’étouffer de rire. Inélégante, le bec crochu, le corps difforme, elle se dandinait sur des pattes d’araignée comme un bébé. Ses plumes, d’une affreuse teinte violacée au niveau des yeux, globuleux et saillants, tiraient vers la couleur de boue aux environs des muscles pectoraux. De petites ailes mal repliées, gênant sa démarche, un air de chauve souris sous-marine et mal dégrossie, rien ne laissait présager une monture digne des forces d’élite. Mais l’Arrogant avait vite appris à admirer, si ce n’est à aimer cette bestiole extraordinaire : en elle se cachait la créature volante et aquatique la plus formidable qui puisse être imaginée. Son corps alliait souplesse et dureté, subtilité et puissance. Son métabolisme sec, ses muscles surpuissants, ses ailes élastiques, ses plumes déviant armes à rayons et armes à matières, sa légèreté, tout était qualité en lui. L’aigle n’avait pas d’égal sur son continent d’origine, et sa taille n’y était pas pour rien : à l’âge adulte, il pesait aux environs de cent vingt kilos, pour une longueur de deux mètres quatre-vingt, et une envergure d’un mètre soixante-dix. Sa force lui permettait de porter plus de deux fois son poids sans trop perdre de ses capacités. Petit, capable de voler loin et vite avec un voire plusieurs hommes et leur matériel, silencieux et résistant, il s’était en plus révélé un allié très utile par son intelligence et sa ruse de chasseur. Ses capacités sensitives et cérébrales ne faisaient plus de doute aux yeux de qui que ce soit. Il s’était révélé capable de voir dans la nuit la plus complète, repérant mouvement, chaleur, odeur, bruit, avec une acuité inimaginable pour un être humain. D’autres capacités échappaient encore à la compréhension des spécialistes de la maison : son intuition atemporelle, ses facilités télépathiques et son intelligence étrangement complexe mais trop différente pour être interprétée correctement. Certains s’étonnaient de son courage et de son attachement à son compagnon humain, d’autres doutaient de la soumission dont il faisait preuve. Bref, l’aigle était le meilleur compagnon des hommes des Fées, ainsi que se dénommaient par dérision les soldats des forces d’élite.
   Tout en ruminant ces pensées à la vitesse ico, l’Arrogant suivait la courbe de son jeunot, émerveillé comme toujours par sa beauté. Quand il était sur son dos il n’avait pas à réfléchir pour savoir que les spécialistes fées ne s’étaient pas trompés en portant leur choix sur l’aigle. Vitesse d’approche de 196m/seconde, l’Arrogant vida son conscient et ses muscles se détendirent selon la procédure. Conditionnés avec précision, ils obéirent aux ordres automatiques de l’ico. Suspendu en l’air à une hauteur de trois mètres, l’Arrogant lança ses mains en avant, tandis que ses jambes entamaient leur retombée tout en se rapprochant violemment. Au contact de la sangle antérieure, les doigts claquèrent sur les paumes, enserrant la sangle. Au même instant les jambes fouettèrent les sangles postérieures, qui se refermèrent avec un sifflement mat. Le buste s’aplatit avec un frottement caractéristique sur la selle énergétique, déclenchant ainsi le bouclier protecteur. Déjà l’aigle entamait sa courbe de remontée. L’Arrogant perçut à travers l’inconscient du jeunot la présence de ses dix neuf compagnons. Selon le calculateur, ils seraient en formation de vol dans seize secondes. Les radars neuroniques avaient échoué à les repérer la veille, tout comme ils avaient échoué à neutraliser leur décollage ce matin. En formation de vol ils ne risquaient plus de voir leur communication interceptée. Bref, la routine. L’Arrogant se détendit, et l’aigle aussi. La première manche était gagnée.
   Depuis son adolescence, l’Arrogant était au service des forces d’élite. Service prestigieux parmi tous. A la pointe de l’humanité, les forces spéciales luttaient pour sa survie. Garants de son unité et de sa sécurité, chacun des Fées était conscient de son importance : esprit de corps. Heureusement les directeurs qui se succédaient à la tête des FS avaient été et étaient des hommes intelligents. Ils connaissaient la nature humaine et ne cherchaient pas à abolir la liberté. Avec l’entraînement modèle que recevait chaque fée, cette liberté faisait la force et la renommée du petit groupe d’hommes qui composait les FS. Car l’esprit non enferré dans l’obéissance mentale gardait sa vitalité, sa faculté d’initiative et d’imagination. Les Fées n’étaient pas des pachydermes tueurs, mais des magiciens de l’esprit.
   Ce paradoxe coûtait bien sûr aux FS des traîtres, la liberté étant à ce prix. Mais étrangement, la menace n’avait jamais été réelle. Ce qui laissait penser à l’Arrogant que le Dir disposait d’armes très secrètes. Quant à savoir lesquelles, il n’avait pas la moindre chance de percer le secret de l’homme le plus protégé de l’univers connu.
   Toujours est-il que l’Arrogant avait été poussée dans les bras des FS par un idéalisme nourri de SF. (un sourire affleurait toujours à son esprit quand il se rappelait l’inversion des initiales) Longtemps il s’était étonné d’avoir été accepté. Parmi les hommes et les femmes qui avaient suivi l’entraînement en même temps que lui, seules de rares exceptions disposaient du physique impressionnant des héros de sagas, de péplum, d’espioromans, d’aventures toutes plus incroyables les unes que les autres. Mais il avait fini par comprendre que c’étaient les ressources de l’esprit qui intéressaient les recruteurs des FS. Pour l’aspect corporel, il suffisait d’avoir des dispositions sommes toutes communes. L’entraînement, l’ico, les soutiens chimiques y suppléeraient. Non, le plus dur dans l’affaire était d’arriver jusqu’au bureau de recrutement. Les recruteurs, en propageant les bruits les plus terrifiants à propos de l’épreuve de sélection, avaient transformé le chemin de la coquille familiale jusqu’aux FS en un chemin de croix. La sélection était à moitié faite à l’entrée du centre. L’homme qu’avait été l’Arrogant avait montré un rare brio : premier intégré de sa série, il avait connu l’orgueil. Du point de vue de sa nouvelle position, il avait contemplé les cendres de son enfance. Le hasard de sa personnalité, sa solitude, ses lectures de SF surannée, ses espoirs, tout l’avait prédisposé à devenir fée.
Et maintenant il avait accompli son rêve, il était heureux. La glace lui renvoyait l’image d’un puissant guerrier de l’esprit, les muscles saillants et fins comme ceux de son aigle, le visage noueux, comprimé et brillant de vie. Son architecture mentale, elle, était sa gloire personnelle et secrète. Tout son temps libre était consacré à son exploration, son perfectionnement. Et cela grâce au merveilleux petit appareil des FS, bijou de nanobiotechnologie : l’ico. Inventé par le plus grand génie de la science mentale, Marcus Druzon, l’ico décuplait les capacités mentales jusqu’à un niveau fantastique : chaque fée pouvait visualiser la projection spatiale de l’esprit de n’importe qui, homme ou animal, et y apporter des modifications. Le contrôle du corps et sa programmation devenait un jeu d’enfant. La pensée elle-même pouvait être accélérée jusqu’à précéder légèrement le temps réel.
L’Arrogant avançait chaque jour un peu plus dans les potentialités de l’ico et de son esprit. Tout était encore confus, mais il commençait à passer à un nouveau stade de l’évolution. Il en était convaincu. Une révolution était en vue, et lorsqu’il en aurait maîtrisé les conséquences, il se présenterait devant le Dir. L’état d’esprit promu par les FS était peut-être empreint de liberté, mais il insistait non moins sur le bien commun. L’Arrogant savait donc à qui en référer. On le laisserait passer, parce que personne ne se présentait devant le patron sans de sérieuses raisons. Il était confiant. Mais pour l’instant, une toute autre mission absorbait toute son attention.
L’ico émit le signal de contact. Les dix neuf fées étaient en formation. Déjà la conscience de l’Arrogant avait évacué ses pensées. L’ordre de la deuxième étape de mission parvint à la formation. Immédiatement saisi par les guerriers, il les terrifia. L’effet escompté par les programmateurs. Trois des leurs avaient été abattus au dessus de la jungle noire et deux d’entre eux étaient prisonniers dans la prison centrale. La situation était catastrophique, sans précédent. Un véritable échec. Qu’est-ce qui avait bien pu abattre les aigles ? Prudence et surprise encore plus que de coutume. L’Arrogant examina la situation à vitesse iconique. Cinq fées pour récupérer les égarés, cinq autres en position de surveillance/soutien à très haute altitude, trois pour élucider le mystère des aigles abattus, en contact permanent avec trois soutiens rapprochés, et enfin, le plus dangereux et incertain : les quatre restants, lui compris, en infiltration pour préparer la libération. Contact impossible vu la densité du réseau de surveillance citadin. L’opération risquait de durer quelques heures, avec en conclusion l’attaque massive de la prison centrale, en plein centre ville.

Rapport : simulation de mission n°1879602.
Chef de compagnie : 18574/L’Arrogant.
Ordre de mission : niveau 13 alpha. Récupération jungle/ville + élucidation.
Résultat : 100+. Ordre exécuté.
Temps : 3h46’18’’. Record
Commentaire (04650/Lion d’or/recruteur niveau 2) : exécution parfaite, intuition à étudier, maîtrise de l’ico supérieure, indépendance dangereuse (activité D-, rapport adressé à 03521//sécurité interne). Soutien intégration niveau 2. Conseil : chef d’opération.
Commentaire (02347/Roosevelt3/Chef d’opération autonome) : mission accomplie avec le sens de la beauté esthétique. Accord personnel pour intégration niveau 2. Demande d’association à titre de double chef d’opération autonome. Garantie personnelle fournie. Demande de supprimer les niveaux accessoires 2.1, 2.2, et 2.3. Contact privilégié demandé.
Réponse (01475/Gémaux/juge niveau 2) : 18574/L’Arrogant élevé au grade de chef d’opération associé. Privilèges personnels (02347/Roosevelt3) accordés. Responsabilité provisoire : 02347. Responsabilité secrète : 03521*.
Prochain rapport : au retour de la troisième mission.


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16 mai 2009

Contes Sanglants des Deux Mondes

Le projet que j'ai en tête consisterait cette fois en deux films. Un dyptique dans la tonalité des deux films d'Eastwood sur Iwo Jima, avec un traitement chromatique et une approche à la philosophie similaire. Chacun des deux films traiterait d'un des deux grands peuples d'un monde divisé entre une civilisation terrestre, plus stable, plus importante, plus terre à terre, moins unie, moins organisée, moins pressée, et un deuxième peuple, maritime, vivant sur l'eau, plus menacé, moins nombreux, avec une structure différente, un véritable sens de l'unité, du devoir, et une culture guerrière ainsi qu'un sens de l'honneur plus développé.

Les deux films racontent chacun du point de vue de l'un des peuples une grande guerre et toutes les catastrophes liées, avec des entrecroisements entre les deux. Chaque histoire permettant de s'identifier à l'un des peuples et de vivre les évènements des deux côtés sans avoir de dilemne émotionnel. Au final, le tout serait une démonstration pure et simple des absurdes horreurs des logiques humaines qui sont à l'oeuvre à certains moments de l'histoire, de l'incompréhension, du cout de certains choix, des conséquences d'actions qui peuvent être jugées selon plusieurs valeurs. Une oeuvre dramatique de grande ampleur, qui verrait le retour du marteauet la conséquence finale : la seule logique possible, après toutes les horreurs, vivre côte à côte,et le cout : l'impossibilité de vivre ensemble, donc une cohabitation obligée, mais non acceptée. Rien n'est résolu au bout de la première guerre, mais une solution comme il y en a dans la vie.

J'ai quelques idées de personnages et de vagues idées d'évènements. Parmi mes influences : le 13ème guerrier pour la manière dont il nous introduit à une autre époque, d'autres moeurs, Waterworld (mauvais film) par rapport à cette idée d'un peuple maritime avec des ressources limitées et un mode de vie difficile, Terremer pour la dualité des cultures terre/mer, le conflit Israëlo-Arabe pour son absurdité sans fin, le dyptique sur Iwo Jima surtout (pour la sobriete en terme de représentation de la guerre et de traitement des couleurs), et une tonalité heroic fantasy, même s'il n'y a ni dragons ni véritable fantastique. Et l'opportunité de créer deux cultures, deux mondes, deux civilisations entières, chacune reposant sur une identité propre très forte et construite par opposition l'une à l'autre, n'ayant que mépris les uns pour les autres. Deux mondes aux cultures fermées.

Pour l'instant, j'avais en tête de raconter deux histoires qui se déroulent à deux époques différentes, ce qui fait que les entrecroisements seraient lointains, historiques et que dans le deuxième film, celui du point de vue des gens de la mer, les évènements du premier film seraient le fondement de l'histoire proche, connus de tous, avec des liens de filiation spirituels et réels, des morts encore dans la mémoire des vivants et des gens ayant vécu le grand génocide. Le premier film serait le génocide perpêtré par les gens de la mer sur le peuple terrestre en une période de famine particulièrement difficile, et la levée d'une forme de résistance dans une civilisation de paysans qui sont tout sauf guerriers. Un génocide d'une férocité telle que rien ne pourrait plus être comme avant.

De cela résulterait une nouvelle forme d'existence pour le peuple terrestre, plus tourmentée, plus organisée, obsédée par un prix à payer : celui d'assurer sa propre défense. Désormais, il y aurait un roi, un royaume uni, des impôts, des règles sévères, que personne ne pourrait prendre à la légère, et surtout, une armée. L'ouverture, de fait, d'une nouvelle époque pour la civilisation terrestre, avec celui qui deviendra le premier roi.. Et, pour la période entre le premier et le deuxième film (trente/quarante ans probablement), un isolement encore plus grand de chaque civilisation, l'une par rapport à l'autre. après cette grande période de famine, la civilisation terrestre serait extrêmement fragilisée et engagée dans une reconstruction interne, n'attaquant pas, mais renforçant ses défenses. Un peuple traumatisé par un massacre et dont l'obsession est qu'il ne se reproduise jamais.

Le peuple de la mer de son côté, se replierait loin des terres, ayant assuré sa protection et sortant vainqueur du Grand Massacre. Il y aurait une particularité liée à la première guerre, quant à la personnalité du Grand Leader de la Mer. Il a un génie quelque peu obsessionnel. c'est lui, associé à la caste des Nouveaux Nobles (des gens du peuple constituant une nouvelle aristocratie, grand soutien du Grand Leader de la Mer, qui n'est que le troisième Commandant d'un peuple uni, son père ayant été assassiné, et lui, ayant accédé très jeune (16 ans) au trône, et ayant montré une intelligence et capacité de manipulation politique et militaire, ainsi qu'une volonté impitoyable, pour finir ce que son père et son arrière grand-père avaient commencé (son arrière grand père est celui qui a tout lancé, chef de la plus grande tribu d'alors, il a rêgné quarante ans, et imposé une forme de dominance nouvelle (le Grand Leader responsable du Génocide a quelque chose d'un Alexandre, son génie militaire, sa détermination, sa jeunesse). Cet homme est donc marqué par cette montée au pouvoir, et n'a encore, au début de son règne, qu'un peuple uni prêt à se défaire. La Grande Famine qui précède le Génocide dure quatre ans, et c'est elle qui l'amène à se reposer de plus en plus sur les raids des bords de mer, à orienter la colère de son peuple contre les Terrés (le peuple de la Terre, comme ils les appellent, ceux qui se cachent...). Au plus dur du Génocide, alors que les deux peuples souffrent, c'est le peuple de la Mer qui est le plus atteint. Les flottes de pêche du peuple de la Terre s'enfoncent de plus en plus loins sur les territoires de leurs ennemis, et les incidents se multiplient. Alors que la nourriture manque cruellement, le Grand Leader applique une politique de raids de plus en plus systématiques, remontant de plus en plus loin dans les terres, à la fois pour se venger des incursions des Terrés, et pour récupérer la nourriture que la mer ne fournit plus. Peu à peu, le peuple de la Mer se met à détruire systématiquement les bateaux des terrés. Peu à peu, face aux terrés affaiblis, le Peuple de la Mer pousse son avantage. C'est ainsi qu'on en arrive, presque par glissement, au Génocide.

Ce qu'on désigne plus précisément par le terme de Génocide est une période d'environ vingt jours, en plein coeur d'un été à la sécheresse terrible, où le peuple de la Mer, tout entier, déborde complètement les côtes, remonte les fleuves, pille les villes et villages sur son passage, tue hommes, animaux, femmes et enfants. Personne n'est laissé vivant. Après s'être enfoncé dans les terres, et alors que le peuple de la Terre, sans unité, s'éparpille dans le chaos, le peuple de la Mer s'éloigne des fleuves, à plus de dix jours de voyage de la mer, et redescend vers la mer en dérobant toute la nourriture qu'ils trouvent, en brûlant les champs, villages et forêts, et en ne laissant personne en vie sur leur passage. Ils forment ainsi une chaîne qui relie les fleuves et balaie tout sur son passage, ceci sur des centaines de kilomètres de large. Le Peuple de la Mer a pour habitude de mâcher une algue qui pousse dans les mers chaudes, et qui les aide à ne pas dormir pendant plusieurs jours, ainsi qu'à surmonter leurs peurs. Le Génocide, contrairement à ce que pensent les Terrés, n'a pas été prémédité. Pas consciemment, en tout cas. Chaque étape a été franchie naturellement, sans voir avec clarté où l'enchaînement des évènements menait. La justification finale du Génocide a été de s'assurer de la domination absolue du peuple de la Mer. Et en effet, la maîtrise du peuple de la mer sur son royaume a été absolue pendant les quarante ans qui ont suivi cet épisode. Et ce, jusqu'à la deuxième guerre.

Face à cette vague meurtrière, le premier film se concentre dans sa deuxième partie, sur un groupe de survivants du peuple de la Terre, coincés entre les lignes du peuple de la Mer et le bord de l'océan. Ils vont en réchapper, conduits par un jeune homme qui, contrairement à la plupart de ses compatriotes, connaît un peu le peuple de la Terre, et a toujours eu une ouverture, un désir de les connaître. Le Génocide en cours le rend fou de rage, plus que qui que ce soit, et, plein d'une détermination absolue, il va se jurer de rendre la monnaie de la pièce à n'importe quel prix (lors du deuxième film, il sera le vieux maître fou d'un royaume grandi pour devenir une grande puissance militaire obsédée par elle-même et par ce trauma du passé proche, dont la bannière est appelé "Drapeau de la Vengeance et se termine sous forme de loques rouges pendantes représentant le sang qui coule). Il aura basculé dans un extrémisme dissimulé qui est, réellement, une forme de folie. Il aura un rôle dans le deuxième film, contrairement au Grand Leader de la Mer, qu'il sera parvenu à tuer avant que celui-ci ne reprenne la mer. Dans sa conception du monde, le hasard n'a pas de place, et s'il s'est trouvé à l'endroit où il fallait pour pouvoir tuer le Grand Leader, c'est parce que, selon lui, le Destin a fait de lui son représentant.

Ce petit groupe conduit par le jeune homme va parvenir à briser les lignes du peuple de la Mer, s'échapper, rassembler tous les survivants, envoyer des messagers dans tous les sens, lancer des appels à l'aide, et rassembler sous sa bannière la première armée de la Terre, disparate au possible, mais constituée des survivants, enragés, ayant tous perdus leurs familles, leurs aimés et leur communauté. Ils vont parvenir à localiser l'endroit où se trouve le Grand Leader, les rattraper à marche forcée et livrer une terrible bataille pour détruire le responsable du génocide. Ils y parviendront, même si cette bataille est désignée sous le terme "La Terrible Bataille des trois fleuves", car se situant au confluent de trois grands fleuves. Ce fut un combat ouvert, et l'une des seules vraies batailles du Génocide (le reste étant surtout un massacre sanglant unilatéral). Cette battaille a duré trois jours, et a gagné en ampleur au fur et à mesure, chaque côté rameutant ses forces vers ce point précis. La principale conséquence de cette bataille, c'est la constitution d'un royaume terrestre solide, mené d'une main de fer, obsédé par le Génocide, et reposant sur la renommée du Roi, l'homme qui a vengé tous les vivants et les morts en mettant à mort le responsable du Génocide de sa propre main. (parmi les secrets de cette bataille, la première est l'avantage numérique de l'armée de Terre en ce point, où elle combattait à deux voire trois contre un, ce qui explique sa victoire (le peuple de la Mer disposant de son côté de Jonques et radeaux puissants et maniables). L'autre secret est la mort du Grand Leader. Il n'est pas mort sous la main du jeune Roi, mais sous les coups du jeune Roi et d'une vingtaine de ses compagnons. Tout sauf un combat loyal.

Le deuxième film tournerait autour des gens de la mer, et des conséquences, du prix à payer pour ce qu'ont commis leurs ancêtres, confrontés à leurs désirs individuels, à leur désir d'oublier, d'aller de l'avant. Chaque film racontant donc le point de vue de l'opprimé, de la victime, facilitant l'identification et permettant de faire ressentir toute la douleur de ces évènements, l'impuissance, la rage. Il nous montrerait les choses non du côté de l'héroïsme mais de celui du prix à payer.

Les thématiques de la terreur de la guerre, du génocide, des conséquences de l'héroïsme aveugle m'attirent. Ce sont les mêmes que celles de mon alien vs predator qui voyait l'extinction de l'humanité et une grande guerre à l'issue prédestinée, la conséquence des petites manigances de l'homme retombant sur lui. J'ai ces visions dans la tête, à la fois épiques et d'une tragédie sans fond. Une réflexion sur la violence en l'homme, sa capacité à retrouver une forme d'humanité après l'impensable, et une réponse crédible à "comment vivre ensemble" après deux guerres qui furent deux massacres. D'où vient le salut ? Et si le comportement du peuple de la mer peut sembler caricatural, il ne l'est pas, du fait de plusieurs éléments concordants : la folie de grandeur du Grand Leader, la Grande Famine, la culture d'opposition qui fonde l'identité des deux peuples, et les pousse à se mépriser et se nier, et l'occasion de se venger du destin.

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06 mars 2009

Absolue nécessité !

Depuis les trois ans que je fréquente les cinémas avec assiduité, jamais il n'y a eu tant de chef d'oeuvres en même temps, tant de merveilles cinématographiques à découvrir.

En voici trois. Trois parmi tant d'autres...

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La première, et la plus importante, est Slumdog Millionnaire, film innovant et merveilleux de Danny Boyle, qui révolutionne chaque genre possible et imaginable, l'un après l'autre. Et quand je parle de merveille, elle est d'autant plus grande que le chemin est éprouvant. Car Slumdog Millionnaire n'est pas un film "gentil". C'est un film réel, à la fois dans une certaine approche ultraréaliste, et qui pourtant laisse une grande part à la réalité de l'espoir et du rêve, de l'imaginaire.

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Bref, c'est un film lumineux, qui va vous éblouir si vous ne l'avez pas déjà vu !





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Deuxième merveille. Certainment moins connue de vous, et que, malheureusement, la plupart d'entre vous ne verront sans doute pas : Morse (Let The Roght One In). De cette ode poétique et sobrement sanglante à l'enfance et à ce mythe qu'est le buveur de sang, il est impossible à un être sensible de sortir indemne. La mise en scène, la photographie est éblouissante. C'est à cela que l'on reconnait l'art, à l'opposé de ces films sans goût (qui ne laissent pas de goût), pâle, Morse joue avec la profondeur, dans chaque cadre, chaque plan, chaque scène. La profondeur de plan, profondeur sans fin de l'âme.

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Morse est l'histoire d'une rencontre. Celle d'un gamin et d'une fille vampire. Il prend son temps, dévoilant chaque chose en son temps, chaque reflet de l'âme. Oeuvre personnelle et puissante, avec sa liste de défauts (trop long car voulant couvrir chaque aspect du mythe, parfois ridicule par manque de moyens, une approche de film indépendant, qui peut en rebuter pas mal) au final mineurs. Car ce qui reste, c'est la beauté extraordinaire, la chaleur humaine qui émane de chaque plan de ce film qui nous vient de scandinavie, et laisse longtemps après, l'amertume de cette amitié/amour impossible.

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Grand Prix de Gerardmer.
Pour en savoir plus : La critique de dvdrama




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Troisième chef d'oeuvre, celui de David Fincher, cette fois : Benjamin Button. Un film extraordinaire, conte philosophique et histoire d'amour la plus pure et la plus belle qui soit, parfois un peu énervante certes. A travers ce film, je n'ai cessé de rire et pleurer, le plus souvent en même temps. Et bien qu'il y ait quelque chose de fondamentalement classique dans son approche, ainsi que trente minutes en trop, peu importe. Car au final, Benjamin Button est un film qui restera dans l'histoire du cinéma, et on le regardera encore dans cent ans. Parce qu'il est ce que le cinéma peut offrir de meilleur : une vision incarnée, grâce à un défi technique incroyable.

benjamin_button_dancer


2008 était l'année de la revanche des Geeks.
2009 est l'année de la revanche des créateurs en général. Ils ont suivi l'exemple de ceux qui, parce qu'ils vivent peut-être plus dans un monde intérieur, ont appris les premiers les chemins de la création dans cette industrie impitoyable qu'est le cinéma.

A vous les studios !

22 février 2009

La souffrance comme fondement de mon existence

La plupart du temps, nous vivons sans nous poser de questions quant aux véritables raisons de nos choix et habitudes. Il nous suffit d'avoir une vague idée de pourquoi nous travaillons ou étudions dans tel domaine plutôt que dans tel autre, pourquoi nous avons une certaine attitude, certains amis, certain(s) amour(s). Ce sont les à priori qui fondent notre quotidien.

 

Mais comme les voitures, si nous voulons ne pas nous retrouver en panne en plein milieu de nulle part, nous avons fondamentalement besoin de subir des révisions plus ou moins approfondies, de revoir nos choix, de questionner nos habitudes, de déconstruire pour rebâtir différemment, parfois brique par brique.

 

J'ignore comment cela se passe pour d'autres que moi. Mon expérience personnelle est ce qui me sert de référent dans le domaine. On ne peut vivre sur un questionnement permanent. Pas sous peine de perdre les avantages des systèmes, des habitudes qui nous permettent d'agir avec le plus petit temps de transmission entre le désir/nécessité et l'acte.

 

Je pourrais comparer l'être humain à un système politique, à n'importe quelle organisation, même à la planète Terre. Souvent, nous repoussons à plus tard et cette révision nécessaire ne se fait qu'à la suite d'une crise grave, après que notre corps/esprit soit durement éprouvé par l'inadaptation de ce qui le fonde.

 

Lorsque j'ai commencé à écrire ce message, il y a de cela deux semaines, j'étais en pleine crise, en pleine révision. Ma manière de penser le monde était devenue totalement inadaptée. Mon idéologie, totalement inefficace. Moi qui m'était toujours considéré et rêvé comme un créateur, j'ai dû intégrer cette réalité qui est peu à peu devenue la mienne : 50 heures de travail par semaine, la moitié au macdo, l'autre dans un vidéoclub. Chacun de ces deux boulots m'apprend quelque chose et je désire le conserver. Pour l'instant. Même si le premier me donne envie de fuir, sorte de condensé de ce que j'ai toujours cherché à éviter, la réalité et ses règles absurdes à l'état pur, sa stupidité. Le deuxième est un plaisir extraordinaire, mais toujours sous la menace, la sensation de peur absolue de le perdre d'un instant à l'autre.

 

Bref, cela fait deux mois que je n'ai pas écrit un mot, que tous mes projets sont tombés à l'eau, d'eux même. La réalité s'est imposée.

 

Quelques réalisations aussi. D'abord, au final écrire des scénarios est une entreprise éprouvante, où la concurrence a quelque chose de cauchemardesque. Et qui me terrifie trop. J'ai toujours eu cette perception de moi comme étant capable de faire des merveilles. Et plus le temps passe, plus Noam a raison : une forme de cynisme et de considération générale désabusée s'installe chez moi. Je découvre toute la distance entre cette vision rêvée, et ma profonde incapacité à agir, implémentée par le fait que je n'essaye pas, de peur de ne pas être parfait du premier coup, du peur d'échouer et d'avoir mal. Ce qui pourtant fait partie du processus normal de la vie et du fait de grandir. Mais pas de ma vie. Jamais.

 

De fait, je pourrais dire que je m'exclus volontairement de la vie, exactement comme lorsque, enfant, je restais dans mon coin plutôt que de m'aventure là où étaient les autres, refusant tout contact, me faisant passer pour invisible. Quelque chose comme une terreur pure.

 

Alors, ne faisant qu'accepter ce que mon comportement réel m'impose, je change mes valeurs, découvrant que je désire plus les films que les gens, que le cinéma est au-dessus de mes amis, en terme d'importance et de valeur. Et cela fait étrange à dire, et il y a quelque chose de fondamentalement offensant et désespéré dans cela.

 

A travers un désespoir insupportable, une insensibilité et une passivité, directes conséquences de la souffrance sans fin qui m'habite, j'entre dans une phase nouvelle de ma vie, une phase dans laquelle je me replie, abandonnant mes rêves et sentiments sur le chemin. J'ai la sensation de devenir un fantôme la plupart du temps. Les seuls moments où ce n'est pas le cas, sont ceux où, après plusieurs heures avec mes amis ou mon aimée, en général, quelque chose décoince en moi. Alors seulement, l'insensibilité s'efface, l'anasthésie du coeur s'en va, je retrouve cette humanité qui m'habite, construite sur une souffrance de chaque instant, une tension de chaque instant. Alors, chaque seconde est un combat, chaque réaction une peur incarnée, un désir refoulé.

 

Entre une souffrance permanente et une fausse paix, il se trouve que je choisis la seconde, vie passive et abandonnant la plupart des espoirs que je me suis construis.

 

Evidemment, tout système est vicié quelque part, à terme. La preuve en est lorsque mes amis déboulent soudain dans mon univers. Alors, tout s'effondre comme un château de carte. Ou alors lorsque je suis avec celle que j'aime. Alors, la force de ce que je ressens et désire me dépasse, me chamboule et me remet à ma place dans la réalité. Cela ne va pas sans heurts évidemment.


 

In a world less real than a tie on a catfish

shapeless, i walk and talk to nameless faces

no eyes, no souls, alone, i may be. And may not.

Life seems easier not lived.

 

Tout cela reste une illusion, une stratégie de mon inconscient pour éviter toute souffrance. Mais c'est ma réalité pour l'instant. Et vu comme je suis habité par la terreur de m'aventurer dans quelque chose de nouveau, cela risque de durer.

 

Mes rêves de création attendront une nouvelle vie, que ce soit au sens figuré ou non.

 

Bien à vous.
Portez-vous bien.
I love you.

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23 décembre 2008

Loop

Death is a dream
Its golden wings sweep swiftly through despair
And an army of Men who mistook them for hope
Walks in eternal pain through the mirrors of time

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22 décembre 2008

AVP Inheritance : Le comment du pourquoi

Je vais répondre au com de Norkhat et apporter les éléments de réponse que j'ai développés. Les mêmes questions se sont posées à moi dès le début de mon travail sur le scénario.

Tout d'abord, la première image que j'ai eue pour ce film, c'était son point de départ. Je l'ai même écrit dans sa version plus ou moins finale. La voici :

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RIPLEY
(voice over)

      Pride makes you underestimate your ennemy./gets you killed
      Fear makes the ennemy more deadly than he is./gets you killed
      Only a few manage the perfect balance between these two inheritances from our past       
      and overcome our flaws as a species. Only they can call themselves warriors and       
      stand a chance against the War Gods.
      All they need... is luck.

We see black space, full of far away stars moving slowly. Then, in this absolute void, sunbeams appear, and we notice, in this pure light, a diamond like stone. As the sun appears, we follow the stone, and realize it flies at an amazing speed. Its direction happens to meet a space station, that, as we realize immediately, is orbiting around the Earth.

The station is a complicated, huge, roundlike shaped structure, protected by an outside shell. On our side is written « Space Biology Research Station » with the sign of Danger.

The diamond transpierces the outside shell easily, cuts through a pipeline transporting a very cold, white liquid and, most of all, an alimentation cable. Then, it crosses a corridor that looks like the corridors in the Alien's ship and goes right through the heart of a man wearing a suit on which is written « Main Ingenieur » He falls silently, letting his inspection computer fall out of his hands. Disappearing in the tube-like hall again, it crashes brutally into a very special wall.

In the corridor, we see many glass boxes through which we can see frozen aliens, lightened by the failing lights in the corridor, blurred in a white translucid liquid. As we pass a notice that says « Alien Queen N°7A5371 MDW », we see a huge dark, frightening shape wrapped on itself in a very large glass tank. As the music stops, the Queen moves one claw. We understand that the asteroid cut the alimentation cable to the Aliens' conservation tanks.

BLACK SCREEN

TITLE :
ALIEN VS PREDATOR
INHERITANCE.

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Pour élaborer cette courte introduction, voici quelques éléments de recherche :

D'abord, pour répondre, la première chose que les Prédator feraient en arrivant sur Terre serait de prendre le contrôle de tous les systèmes de communication, tous les satellites existant, ainsi que de mettre en place un système qui leur donnerait le contrôle absolu des airs. Après tout, c'est une société à la technologie bien plus avancée que la notre. En gros, à partir du moment où les Prédator débarquent, toute coordination humaine devient impossible, toutes les stratégies élaborées à échelle mondiale, stratégique et même locale s'effondrent. Il ne reste plus que des groupes isolés qui essayent de survivre.

Quant à inventer de nouveaux extra-terrestres, je l'ai envisagé, en effet. Mais pour l'instant, je préfère explorer la version alien/predator et voir si cela me mène quelque part. J'avoue ne pas me sentir capable de me mesurer au monument que sont les aliens. Par contre, à force de me casser la tête dessus, peut-être cela finira par m'ouvrir d'autres portes quant à l'identité des envahisseurs.

Ensuite, pour ce qui est d'éviter de faire un "Independance Day", c'est très simple : les aliens de ce film et les aliens dont nous parlons ici n'ont rien à voir. Les Alien de Ripley ne sont pas une société de type humanoïde, technologiquement avancée. Ils n'ont pas la maîtrise de l'air, pas de machines. Donc, ne serait-ce que visuellement, cela n'a rien à voir. La manière dont l'invasion se déroulerait n'a rien à voir non plus. Et les aliens sont tout sauf des body snatchers. Ils n'essaient pas de se glisser dans la peau des humains. Il s'agit dans les deux cas de films trop différents de par leur nature même. Je n'envisage pas non plus un héros qui sauverait le monde entier. Mon histoire se déroulerait à un niveau plus modeste, même si décrivant aussi ce qui se passe d'un point de vue global.

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Water_Queens

CHARACTERS

ACTIVE CHARACTERS

   The importance of movement : aliens, predator and humans are very distinct in the way they move. It defines them, their deep nature. Aliens have a deadly beauty in the way they move all together as one, all incarnations of one unique Will, stirring in one direction. They are intelligent, extremely intelligent, but they are driven by only one thing : survive and destroy. They move with the grace of a herd, have the same change of direction at the same time when they run. What defines aliens is that they have one goal, and they run head on to that goal, and will do whatever it takes to reach it. Aliens never give up. As long as they are alive, they WILL find a way. This certainty reflects in the way they move.    INSTINCT TO KILL
   The Predator are the most powerful individuals that ever existed. They have a whole armour and weapons compound connected to their neural system. They are fast as hell (a small fraction of second), and are literally War Gods. They fight alone using tricks and a wide range of strategies to kill, but when fighting as a pack, they follow the patterns of brilliant strategies that are as much intuition to them as killing is to aliens. They move like dancers, accelerating sometimes to a point where the eye can't follow. They are always one step ahead of whatever is happening around them. In the way they move is reflected their ability to follow and foresee everything that is happening around them in all directions. STRATEGIC INTELLIGENCE
   The Humans on the other side, are a mix of both extremes. They are individuals who take pride in their uniqueness, and do not manage to have the perfect coodrination that both aliens and Predator achieve. What defines humans is flaws. There exists no perfection in their movement, the way they behave and act together. Whatever they do, the result is chaos.      DESIRE & FEAR,  IMPERFECTION & CHAOS

ALIEN QUEEN

The original alien queen is actualy modified by humans. She is a mass destruction weapon that was created to destroy alien races, except it was impossible to get the planets in alien's claws back. How did humans get a hand on it ? They found it on a planet, dead from time but with preserved genes and studied it, using simulation environment to see what would happen. Then, they created aliens that were kept in a coma situation all the time, and stored enough alive aliens to be able to hit an outer space invader if it became necessary. This was a secret Operation with a secret funding. Only the Space Agency has access to this information. This was done in the years 2030 at a time when there was not much control from the WWS on the agency yet. The files concerning this have been stored and are only known to a few of the Space Agency leaders. The alien queens have a perfect spatial memory.

OTHER ALIEN QUEENS

OTHER ALIENS

ALIEN SPACE/SOUND PERCEPTION : something similar to the complex informations on the helmet of a pilot ? They see with a great precision, any sound, movement or heat difference. They hear the beating heart and arteries. They feel radio waves, magnetic field, have a sense of light rays or anything. They perceive their own kind in a special way. Concentric lines that are shaken and enlightened when anything might indicate danger or prey.

One scene when the alien stops suddenly, listening, the camera comes from behind, enters in the alien, and moves on inside his way of seeing. As the alien listens to something far away, the camera runs through the landscape and we discover that the alien hears every footstep : we see the shape of one foot appearing out of thin air when it touches the ground, then disappear, then another, then the same reappears, and as the camera draws back and up, a whole army appears, foot first, then the rest of the body, the vehicles, etc... Back to reality, the alien yells and starts running at a terrifying speed. From behind, thousands of aliens follow.

ALIENS OF THE VOID QUEEN

PREDATOR PACK LEADER

OTHER PREDATORS

Les Predator sont tous des Guerriers puissants, d'une violence dantesque, sans la moindre considération pour les humains. Ils sont matures, et bien qu'il y ait un chef, les autres sont tout sauf des enfants de choeur soumis. Ils ont des armes différentes et travaillent en équipes. Ils ne sont pas sur Terre pour nous envahir, ni pour nous protéger. Ils sont là pour détruire les aliens. La seule motivation par rapport aux humains serait qu'ils viennent de découvrir la race humaine et envisagent d'en faire des esclaves. Dans ce cas-là, détruire les aliens signifie simplement pour eux détruire les loups qui menacent leurs brebis. Dans tous les cas, les Predator n'ont aucune considération pour les humains. Ils éliminent toute menace potentielle sans le moindre état d'âme.

predator_1

HUMAN MILITARY CHARACTERS

Un officier de l'armée, responsable des hommes envoyés affronter le danger (plusieurs centaines de milliers voire millions : réfléchir aux enjeux politiques d'une telle situation : des soldats de tous les pays. En particulier Japon, Chine, Russie, Inde, karen, France, Allemagne, USA bien sûr : ils ont des drapeaux sur leurs uniformes. Quand ils jurent ou réagissent automatiquement, c'est dans leur langue d'origine.) Il se rend compte du massacre qui a lieu et ne peut qu'assister à ça. Il donne l'ordre de se cacher, de ne pas jouer aux héros. Leur disant qu'ils ne peuvent que laisser les Predators faire leur travail et espérer qu'ils ne seront pas sur leur chemin.

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Voilà enfin ce à quoi j'étais arrivé en terme des deux personnages principaux : deux amis, l'un américain, l'autre indien. Le premier étant le personnage principal, et le second l'éléctron qui lui est attaché.


Personnage central : Un officier à la tête d'une unité militaire qui fait partie du cordon de protection mis en place et qui se retrouve isolé parmi les hordes d'alien dans un bâtiment au milieu d'une ville détruite qui a été bombardée. Il se défend intelligemment mais en se faisant repousser et réduire en nombre. Puis débarquent les Predators. Un predator entre, les sauve d'abord, puis les tue. Sauf un petit nombre qui survit à l'apocalypse, uniquement pour découvrir à la fin les alien qui tombent.
L'officier de l'armée, expérimenté. Environ 40 ans. Sobre, attachant, efficace. Ne se met pas en avant. On sent qu'il réfléchit vite et agit sous pression. Il a vécu des moments difficiles et a beaucoup appris. Modèle : Rommel. Un visage marqué par la vie. Il est vénéré par ses hommes, qu'il mène en étant le modèle de la résistance, de la bonne humeur et de l'humanité. L'un des combats qu'il mène est le combat contre la folie, l'inhumanité qui réside forcément dans la violence, la confrontation à la mort et le chaos absolu.
C'est un homme seul, d'une beauté fatiguée, et qui avait autrefois une prestance qui a séduit les femmes. Il a ainsi vécu avec plusieurs femmes, qu'il a aimées, et qu'il a quittées ou qui l'ont quitté. Il a une certaine amertume de ce côté-là, un amour qu'il ne peut donner et des enfants qu'il n'a jamais eus. Il lui manque ce foyer, et il donne cette tendresse dissimulée à ses soldats. Son lien avec le conseiller indien est particulièrement fort.
Leur rencontre date d'un voyage de jeunesse en Inde, à l'époque de sa jeunesse, où il cherchait encore sa voie, se demandant s'il devait entrer dans l'armée ou suivre une voie de création. Il a rencontré cet indien

INDIAN PRESIDENT PERSONNAL ADVISOR (M. Night Shyamalan)

Le conseiller du président indien, un jeune homme de 35 ans. Comment expliquer sa clairvoyance ? (quelle expérience précédente ?) Un lien depuis un incident spécial avec le Président. Ils travaillent ensemble depuis 7 ans. Un événement traumatisant, où le conseiller a fait preuve d'une incroyable clarté de jugement sous pression. Quelque chose lié à son enfance et à ses parents.
Bengali ou Sud Indien. Une culture Dans le Sud maths et sciences logiques : presque chaque enfant rêve d'aller dans les IIT (Indian institute of technology) (Université). Même si très axé sur les sciences, c'est ouvert sur le reste : culture gén très développée. Cours de socio psycho, littérature.
(Bengali : Marx et Rabindranath Tagore sont leurs Dieux. Restent très socialos. Culture structurée autour de lui, tout le monde cite son grand gitanjali.)
Classe moyenne pour le Sud,
He's a brilliant student from a middle class family. Student in a IIT, with a particular interest in international politics. From Bengalore or Chennai. His father is south Indian, and Mother from Bengal. A very warm, loving family. Like Sneharika's. He has been travelling around the country and on all the continents at family's contact places. He has befriended many people and has contacts all around the world.
He met the Military on a city train. You fall, someone catches you. Or you are the only traveller with someone else, a robber comes in, you become friends. He always practiced a fighting sport. He helps the American traveller. They spent the whole summer time together, travelling around India, talking about the world.  Several years later, the Indian student came to visit his friend. They met when Molina was 20 and the Indian 15 or 16. The Indian was very mature for his age. He has always been the intelectual type...

The Military comes from a Jewish family. Darren Martin Joseph Levinson. Born in a very cultivate Jewish non religious family, democrat. He has always been. He is a Patriot, but he serves in the army because he thinks fast, has always been fascinated by tactics and strategy. He wants to do something. Not enough independence originally, so after talking about this with the Indian, it became obvious that all he wanted was to be on the warfield, to use his body and mind at their best. He has always been a healthy and quiet man because of his family. Both had a loving mother that stayed home and took care of them. His father was an important businessman and politicaly engaged. His parents didn't take well his engagement in the army at first. And their relationship was cold for a while, but then it became obvious that Darren was where he was supposed to be. He was happy, it was a hard job, but it was the way he wanted it. And he was still their son. He was born in the middle of the Recession Years, so he does not remember them, but he took part in all the Peacekeeping interventions that followed, being in one of the Elite Brigades of the US Army. Especially on the African continent and in the Middle East. He has always been as great a supporter of the WWS as his Indian best friend.

Throughout their life they both kept in touch, seeing each other when they could, sometimes even managing to go travelling together, and anyway writing emails and calling regularly. In the 20 years of their friendship, they have managed to go travelling 7 times, going to new places each time. Their best memories together include their first two month travel, their meeting, their long discussions on political themes, their travel through the Russian landscape, their travel to Israel.

The Indian is married for 8 years already, happy, and has two kids, two girls, one of which is handicapped. They have 6 and 5 years. Darren was never married but he had some very strong relationships. The first one started while he was in the army as a young soldier, when he was 21, and had an affair with a higher ranking Woman that had a strong authority. She left him after two years, when they got separated. It was never easy, but he learnt much from her. His second girlfriend was a beautiful sociology professor he met during a permission, aged 23. They stayed together 5 years, but in the end, Darren was too good a military. He loved his job too much and saw everything from that perspective. He left her. During five years, he had several light relationships. Aged 33, he met his last girlfriend, and became very attached to her. They stayed 6 years together. At the moment of the invasion, they were separated for one year already. They decided together to end te relationship. it just didn't work out. Their families did not like each other much. And then a lot of little things broke the connection little by little.

Darren and his Indian brother have never known hunger or poverty, but they travelled and saw how hard life could be. They both are quite self restrained, intelectual men, who like life, are very much attached to it and love what they do, finding meaning in it and always exploring new ways.

Darren is his friend's military advisor, helping him with everything he doesn't know.

Differences :
The Councelor does not lead men. He stays in the background, alert, watching, observing, thinking. He disappears sometimes to lead missions. He heads a little office of information analysis.

Darren is a decider, on a small level, but he's good at it. Always calm, always focused, always 100% into what he is doing, thinking fast and new.

The Indian has always been very easily excited. He jumps all around, behaves freely in a society where this is not easy. He is an original, with an amazing smile, easily noticeable, but quite respected because of his analysis.

Darren, on the other side, is warm, although he has a way of handling himself that is strict, elegant and military. He is very good at selfdiscipline, the Army is his life, when his Indian brother spends all his time in his job by passion. He has no discipline, fits in no known way. He is a free thinker.

Darren is his daughter's Godfather. he considers them as his daughters and has a very good relationship with his Indian Bro's wife.

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Voilà pour aujourd'hui. La prochaîne fois, je mettre un post avec deux scènes que j'ai scénarisées, du moins en partie.

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AVP Inheritance : de la guerre

Suite à la suggestion très juste de mon ami Norkhat, je romps le silence dans lequel j'avais laissé mon blog trop longtemps, à mon plus grand regret.

Je n'ai jamais vraiment rien écrit, à part des bouts ici et là, ce qui n'est pour moi que quelques morceaux foireux d'un miroir brisé. Ainsi, plutôt que de chercher à écrire je vais sortir de mon placard une des nombreuses pistes que j'ai mises de côté ainsi que je le fais systématiquement.

Ainsi donc, il se trouve que j'ai été énervé par Aliens vs Predators 2 à un point tel que j'ai décidé d'écrire ma propre version de ce que devrait être la rencontre des deux créatures mythiques du cinéma, incarnations des fantasmes et terreurs les plus purs jamais mis à l'écran. J'ai décidé de le faire parce que le potentiel que j'y ai vu m'a donné des frissons à tomber par terre, alors que le résultat à l'écran était tragiquement nul.

Voici quelques éléments de ce que j'ai développé en cinq semaines de travail acharné.

La ligne de mon histoire tournant autour d'une guerre totale entre aliens et humains, puis aliens et predator et se déroulant sur Terre, j'ai développé tout ce qui concerne cette guerre, les stratégies, les armes, son déroulement, etc... Dans ce post, j'ai mis tout ce qui s'y rapporte.

Ce ne sont que des éléments de réflexion. Rien n'est formellement présentable, ni abouti encore. En développant mon histoire, de nombreuses options se sont présentées à moi. Le principe des scénarios étant la réécriture jusqu'à n'en plus pouvoir, rien n'est définitif, et si je reprend mes recherches liées au script d'AVP Inheritance, la plupart des choix resteront à prendre. Certains existent même en plusieurs versions dans mes textes.

Dernier avertissement : ce qui suit n'est pas l'intrigue du film, mais ce qui se déroule à l'échelle mondiale à ce moment-là. Le film, reflet d'un point de vue, aborde les évènements selon un point de vue qui n'est pas encore clair pour moi, mais que je présenterai la prochaîne fois.

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INTRIGUE. RÉSUMÉ :

débarquement d'une reine alien sur Terre
développement d'un nid alien sur la Novaya Zemlya ou sur une île russo-norvégienne dans la Mer de Barents (où il y a des mines laissées à l'abandon)
dispersion des packs, avec une reine à la tête de chaque pack
Repérage d'un pack par les satellites humains.
Premiers cafouillages diplomatiques. La Russie met en place une armée d'interception
Panique dans les labos de conception dans l'espace
Première bataille dans la plaine. Première défaite. Début du chaos
Enchaînement sur les nombreux autres packs qui s'attaquent par surprise et directement à des villes sans aucune défense. Les camps militaires, non préparés, se font détruire instantanément.
Débuts d'organisation, de pourparlers entre les nations
Les américains, jusque là épargnés, repèrent les alien par satellites, lancent les bombardements. Réussite partielle, mais échec final. Les grandes villes de la côte Est sont envahies
Mise en place d'un centre de commandement unifié qui essaye désespérément de coordonner les actions des différentes nations et armées. C'est un combat perdu d'avance. Pas d'habitude toujours méfiance des nations, en particulier de la Chine, de la Russie, de divers pays qui ne pensent qu'à défendre leur propre territoire, et des Etats Unis, qui refusent toute intervention extérieure.
Scènes de combats urbains. Au milieu de ce chaos, débarquent les Predator, qui neutralisent les satellites, coupant les communications sur terre, et tout ce qui flotte d'humain dans l'espace. Puis, venus à l'origine pour conquérir la Terre, ce petit Pack de Predators les plus puissants, se rend compte que les Aliens sont en train de leur prendre leur butin. Ils changent donc complètement leur équipement, et se lancent en urgence dans une guerre totale, qui consiste à se parachuter, et à attirer les aliens vers des points précis (urbains) où le Pack des Predator les détruit.

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SCÈNES DE BATAILLE :

La manière de filmer doit parvenir à faire ressentir, avec une grande lisibilité, l'affrontement titanesque qui se déroule devant nos yeux. Les Predator sont une race très ancienne construite autour de l'absence de peur et de l'intelligence au combat. Une société guerrière comme la caste des Méta-barons.

Les scènes de bataille se doivent de réfléter cette intelligence des Predator au combat, comment ils exploitent le moindre détail spatial à leur avantage et maîtrisent le terrain, survolant les combats, ne se laissant pas distraire une seule seconde par la mort d'un des leurs. Mais à la fin du film, ils rendent hommage à leurs morts de manière simple et poignante. Pas de pleurs. Juste le respect. La reconnaissance du courage.

Une chorégraphie des combats alien/predator à la matrix peuvent paraître à première vue artificiels et une stylisation peu nécessaire. Mais elle réflète en fait l'affrontement entre l'intelligence guerrière tactique ultime des Predator et l'instinct de tueur parfait des Alien. Elle rend la beauté qui fascine les hommes chez ces deux monstres. La tension vient du rééquilibrage que l'immense suprématie numérique des Alien crée. Les Predator se battent à un contre mille, et gagnent... Les humains ne sont pour eux presque que des insectes insignifiants. Malgré tout, occasionnellement, un Predator meurt, emporté par un Alien de trop. Le nombre des Predator se réduit donc lentement. Leur fatigue, leurs blessures augmentent, leurs armes se vident, mais leur unité ne faiblit pas.

Innover : ici, les Predator, conscients du danger que représentent les Aliens de Jeunet (cette nouvelle combinaison de l'intelligence de l'humain et de l'infinie résistance de l'Alien) vont impitoyablement combattre la menace que ceux-ci représentent. Cette fois-ci, ils se battent en groupe. Une unité d'élite parfaite, qui n'est en fait qu'une extension de la logique individuelle à l'oeuvre dans les predators et dans le premier AVP. Et ce ne sont plus de jeunes Predators sans expérience. Ce sont les vétérans. Ceci doit donner lieu à des scènes de guerre titanesques, MAIS lisibles.

Comment rendre à la fois la violence et la perfection presque artistique des Predators ?

Plusieurs scènes : d'abord, une bataille titanesque entre l'armée russe, avions, tanks, centaines de milliers de soldats et les aliens dans une plaine de la toundra totalement vide, où le combat tourne très vite en déroute puis en massacre. Il est déjà trop tard.
Ensuite, les humains, avec les divergences entre pays, l'urgence désespérée de la situation, la panique qui s'installe, l'impossibilité de prévoir la situation, les attaques de nouveaux packs d'alien là où on ne les attendait pas (ils nagent, traversent le pôle nord, débarquent au canada puis aux USA : scènes où tous les satellites sont tournés vers la Terre pour essayer de repérer les Alien à l'avance (et là, pour le coup, les USA parviennent à détruire à coup de missiles nucléaires des centaines d'aliens. Mais ceux-ci, s'adaptant, parviennent aux côtes américaines à la nage, et commencent à se déplacer de manière complètement dispersée, donc impossible à bombarder efficacement. Quand les américains essayent de bombarder le nid d'origine de la Reine, les boucliers antimissiles russes se déclenchent. Après, il est trop tard. Une reine s'installe dans la jungle amazonienne.

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Comment expliquer que l'extraordinaire puissance de feu des humains ne soit pas une barrière infranchissable qui briserait la vague alien (ceux-ci sont toujours en avance, déjà à l'intérieur, derrière les lignes. Il est tout le temps trop tard. C'est la désorganisation, le chaos. L'ensemble de la campagne ressemble à la retraite des Allemands face aux armées de l'Ouest dans la 2ème guerre mondiale : subissant la domination stratégique et tactique absolue des aliens, dispersée sur trop de fronts, soumise à une pression permanente. Elle est vouée à l'échec.) ?

La Reine alien commencerait par la Russie, la Russie ne voulant laisser personne l'aider, tomberait très vite. Puis, alors que les Américains essayent de la nettoyer, les boucliers antimissiles les en empêcheraient (radioactivité en plus). Ensuite, les aliens s'en prendraient à l'Europe (unie déjà sous un commandement unique), les pays du Caucase, incapables de se défendre, puis la Turquie et le moyen orient, et de l'autre côté la Chine, d'abord voulant régler seule le problème, puis, face au désastre (lignes pleines de soldats inexpérimentés, attaquées massivement la nuit, transformées en incubeuses (scènes de villes entières devenues des nids d'humains incubant les aliens), et derrière une population énorme et sans armes, qui fuirait les aliens dans un exode massif menant au chaos absolu, l'armée incapable de se déplacer, les routes bloquées, les cités de la côte bourrées de monde... problèmes de nourriture, etc etc, et très vite la Chine se joindrait au commandement commun. Premières lignes de résistance, armées unies. Les aliens traverseraient les Himalayas pour attaquer l'Inde. Là, le pays, ayant distribué des armes à tous, ferait face à un double front. Scènes de villages attaqués silencieusement la nuit, avec des gardes dans des tours repérant les aliens, sonnant l'alarme, et les villageois dans la nuit, terrifiés, face à des centaines d'aliens, se battant avec courage, mais terrifiés. Avec l'Europe et le front chinois, l'Inde serait le premier pays à résister vraiment, ralentissant l'avancée des alien. Ralentissement aussi au Moyen Orient, où les divisions seraient mises sous silence, et comme tout le monde a des armes et a l'expérience de la guerre, les aliens auraient affaire à une résistance farouche.

Scène d'un villageois luttant contre un alien avec un immense marteau. Scène de kamikazes se faisant sauter contre les aliens ou se faisant tuer avant... des champs de mines... explosant les unes après les autres. Les alien passant dans un étroit couloir...

Puis, une reine se retrouverait dans la jungle d'amérique centrale et du Sud, et parallèlement au Canada. Les Usa essayeraient de lutter sur les deux fronts. Mais en Amérique du Sud, ce serait l'expansion masive. Des millions d'aliens. Envahissement de la frontière des USA, et au Nord, malgré des bombardements relativement efficaces, la stratégie américaine serait vouée à l'échec. Parallèlement, abandonnant l'aide aux autres pays (pas le temps de reconvertir l'industrie, contrairement au moyen orient, avec leur production d'armes), les Usa essaieraient de faire face à leurs aliens, et reculant lentement, erreintés, laisseraient les autres pays dans la merde.

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WAR :

RUSSIA : They are the first to face an alien pack. At first, they close the borders and expulse all foreign advisors and journalists. But, after the first battle, on the Moscow front, (a less known battle happens at the same time on the East front, where a smaller army is completely annihilated, letting the China border completely vulnerable), they call for international help and join the united Human Race Military Council. Moscow is already overrun. As the first images appear on the internet and on the news, panic and chaos starts in Russia. People flee, roads are blocked. The military can't move their forces any more. All other countries start mobilizing and some start uniting throug the United Human Race Military Council. At first, the the UHRMC is only a place where countries share their problems, and solutions, assembling all knowledge on the aliens and the ways to fight them. But very soon, some countries give up their powers to it, so it becomes a central military power. India makes the rules change, alongside with Europe.

Russia does not care about its soldiers. Although its army is professional, they go massively. So, facing the unidentified aliens are all the units Russia could assemble in such short notice. It's chaos and no authority is strong enough to make it all work. It's just a massive human cattle that will be transformed into meat and give birth to a new army of aliens.

USA : As long as the aliens stay out of their continent, they keep out of the business, gathering information, helping with their satellites, sending reduced forces, and important quantities of weapons (especially to India, but also to Europe)they apply the strategy of a highly technological power : realizing the aliens move too fast and are already behind the lines, they bomb a massive zone, killing millions of people, but enabling a supposedly fair fight. They set up advanced positions that do not form a continuous line, meant to give some time for a second defense line to be built. But the front is too stretched. Too hard to hold. There are always leaks. And those advanced positions, supported by Air Force, fall one after the other. This is the first real fight.

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LES ARMES :

Predator : Ils ont, intégré dans le bras, un bouclier qui se déploie en un dixième de seconde et se replie à la même vitesse, qui les protège des projections d'acide. (ce bouclier grille toute particule qui s'approche à 1cm)

Les armes de l'armure intégrée des Predator sont comandées par commande neurale directe. l'armure des Predator est véritablement leur peau extérieure. Sans elle, ils ne sont pas complets.

Essayer parmi les gadgets à contrôle neural direct des mini propulseurs que les Predator utiliseraient pour amplifier leurs sauts et accélérer leurs mouvements. Ils seraient comme une extension de leurs muscles, à l'image de toute leur technologie : une extension

Une scène importante : celle où les Predators, se rendant compte de la présence des Aliens, prennent la décision de changer de plan, et, consécutivement, changent d'armes, d'armure et d'apparence. Scène quasi religieuse où ils se changent. (Mythologie Predator, liée aux figurines d'action)

Alien : La grande arme des Aliens est leur instinct de survie. C'est lui qui se décline dans tous leurs mouvements, leurs décisions, la manière de les montrer. Si l'on en revient au fantasme humain qu'incarnent les aliens, ils sont l'incarnation de l'esprit de survie, de l'instinct animal enfoui en nous tous, du tueur qui réside en nous tous, sans émotion, sans regret, sans considération morale. La mort, le meurtre définit les limites de leur identité. Les aliens se définissent par rapport à l'environnement et à son infinie résistance.

Humains : Les armes des humains sont barbares. Se distinguent : l'armée de métier, les unités d'élite, avec du matériel perfectionné. De l'autre les civils équipés d'armes peu puissantes et faiblement organisés, expérimentés...

L'armée humaine fonctionne de manière intégrée : toutes les armes combinées. Tant que les humains disposent de la suprématie dans le ciel, dans les communications, ils parviennent à un certain degré de résistance.

Voilà pour aujourd'hui. Tout commentaire critique ou suggestion est la bienvenue.

Luke_i_am_your_father

hé hé... (rire sadique et frottement de mains...)

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20 juillet 2008

De l'argumentation et de la vie

"dans un film, aussi mauvais soit-il, il y a toujours une scène, un regard ou un plan de génie. Il y a toujours quelque chose de génial"

Martin Scorcese

J'en reviens à l'utilité de citer les grands de ce monde, ceux que tout le monde connaît. Après tout, l'inefficacité de mes opinions et théories doit beaucoup à mon incapacité à illustrer concrètement mon propos ainsi qu'à faire appel à toute une culture concrète. Après tout, mes impressions et sentiments ne suffisent pas. Cela reste de la rationalisation, mais voilà, sans support, rien ne passe.

cf le message précédent.

A la suite de l'interview vidéo de Guillermo Del Toro sur lequel je vous donnais un lien la semaine précédente, je voudrais vous proposer aujourd'hui un lien vers un court interview de Louis Leterrier, qui n'est pas particulièrement ce qu'on appelle un grand réalisateur, mais qui se révèle être fort sympathique et avoir un regard très intéressant sur le milieu du cinéma qu'il connaît.

http://www.dvdrama.com/news-27997-interview-louis-leterrier-partie-2.php

Vous pouvez lire la première partie de son interview ici. Elle concerne directement L'Incroyable Hulk qui sort la semaine prochaine. Elle touche moins directement à mon propos, mais elle est plutôt intéressante. A vous de la découvrir !

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15 juillet 2008

La Revanche des Geek

Si...

Comme c'est devenu plus ou moins évident pour ceux qui me connaissent, je veux bosser à Hollywood. Là où existent les moyens, le savoir-faire, et le talent marketing et de production. Le problème est que l'originalité, l'intelligence émotionnelle, fidèle à ses propres standarts est connue pour s'y faire déchirer.

Pourtant, une vague de réalisateurs, geeks pour certains, sont en train de prouver qu'il est possible de dire non et de créer des oeuvres matures, personnelles et fortes dans ce carcan hollywoodien arriéré. Alphonso Cuaron avait montré la voie, en montrant qu'il était possible de s'approprier une franchise majeure, réalisant avec Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban ce qui reste pour moi le meilleur film de la saga et un magnifique film sur le temps (entre autres). Que ce soit Marvel avec Iron man (Jon Favreau), Christopher Nolan avec Batman Begins et The Dark Knight, Peter Jackson et sa trilogie, Guillermo Del Toro avec Hellboy (et son Hobbit potentiel), sans oublier Spielberg qui, malgré le script raté d'Indy4 est le plus gros succès de cet été jusqu'ici, et Shyamalan (dont le succès des trois derniers films est en demi-teinte) ainsi que les frères Wachowski (grosse prise de risque de leur part avec Speed Racer et qui va leur coûter très cher). Je me permet d'ajouter Pixar et son approche unique de la créativité, cassant très clairement les attentes qu'ont les gens vis-à-vis des films d'animation. Quant à Wanted, c'est peut-être un film plus hollywoodien et moins investi par son réalisateur, le russe Berkmambetov, mais il marque l'une des rares réussites d'un étranger dans le système des studios hollywoodiens. Tout ceci se produit en même temps. Coïncidence... ou avancée significative ?

Il me semble crucial, dans ma problématique, d'attirer l'attention sur ces réalisateurs qui, nés dans un système de production oppressif, où y étant venus avec une certaine intégrité, une vision et un amour du cinéma, une expérience de la dureté de ce monde surtout, voulant utiliser les moyens existants pour créer des films artistiquement ambitieux, y ont pleinement réussi. Tout le monde parle de la culture geek récupérée par le flux mainstream, par les studios qui veulent l'exploiter. Mais ce que je vois maintenant, c'est la montée d'une génération de réalisateurs qui s'en sont souvent pris dans les dents, qui se sont battus pour garder leur intégrité et qui savent dire non tout en comprenant la nécessité de certains compromis. Et ces amoureux du cinéma sont en train de se réapproprier cette culture que les grands pontes du marketting ont essayé de se mettre dans la poche, mais sans rien y comprendre. Et ils sont en train de remporter cette bataille parce qu'ils ont compris que succès et qualité pouvaient rimer, parce qu'ils se sont adaptés au système.

Alors qu'on y adhère ou pas, qu'on aime plus ou moins, il est important à mes yeux de rendre justice à ces réalisateurs qui tentent de leur mieux de préserver ce que j'aime dans le cinéma, qui essayent de faire ce qui est au coeur du cinéma : toucher, émouvoir, raconter une histoire. Même des films imparfaits comme Hancock ou 300 ont quelque chose, une originalité pour le premier, un vrai respect pour là d'où il vient pour le second. Et (je ne parle pas de 300, pur divertissement), quelque part sous les millions de dollars, ces réalisateurs préservent une âme. Je ferais n'importe quoi pour les y aider.

Tout ceci, au final, n'était qu'une introduction à une interview en douze parties de Guillermo Del Toro sur le site Rottentomatoes qui est une réponse de ma part à tous ceux qui me disent que l'argent corrompt, qu'il est impossible de faire un bon film avec des moyens conséquents, et qu'il ne faut même pas y rêver. Je sais que c'est possible. Le seul problème, c'est qu'il faut se battre de la première à la dernière seconde pour cela, et qu'il faut apprendre à le faire.

http://uk.rottentomatoes.com/m/dinner_and_the_movies/news/1739826/2/guillermo_del_toro_rts_dinner_and_the_movies_interview

Makgré ce post sommes toutes positif, mon pronostic est qu'au delà de ces quelques réalisateurs brillants(je n'ai pas cité le vétéran James Cameron avec son Avatar à venir) ou au moins talentueux, on aura droit dès l'année prochaîne à une tentative de récupérer ce succès auquel les grands pontes n'auront, pour ne rien changer, rien compris. Alors je dis : profitons-en tant qu'on y est. On se montre souvent critiques, mais au final, il serait peut-être plus intelligent de reconnaître certaines qualités de ce que l'on voit se faire cette année, tout simplement parce qu'il est impossible de prévoir si ça va durer. Et que ce n'est probablement qu'une bataille gagnée face à une guerre sans fin. Une bataille qui a mis une décennie à venir, qui plus est.

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19 juin 2008

SPEED RACER

SPEED RACER

réalisé par les Frères Wachowski.

Esquisse de réflexion...

Speed_Racer_Poster

J'entendais parler de douleur au crâne à force d'images de synthèses et de sons testostéroné, de scénario pour mioches décérébrés, de blockbuster estival pas mieux qu'un autre... détrompez-vous, mes braves ! On vous a floué sur la marchandise. En cause ? La campagne marketing rutilante d'un Joel Silver, producteur qui n'a probablement encore une fois rien compris à l'oeuvre d'art qu'il vend. Alors il la résume comme ce que j'ai pu évoquer plus tôt, comme une vulgaire machine à fric. Et, vu les bandes annonces, ça ne passe pas.

Mais la campagne publicitaire n'y est pas pour tout. Rajoutez à cela les critiques très moyennes et les spectateurs, effrayés par ce qu'ils voient du film de l'extérieur... et vous avez le bide économique total qu'est en train de se taper le film. Aux Etats-Unis, il ne rapportera pas plus du tiers des 120 millions de dollars qu'il a coûtés.

Alors qu'est cet objet filmique ?

En premier lieu, c'est une expérimentation, une véritable expérience ! Non pas une oeuvre formatée, mais une création originale, unique, prolongeant la réflexion que les Wachowski ont engagé avec la trilogie Matrix, les Animatrix et tout ce qui touche à cet univers. Une réflexion sur les médias, leur interconnexion, leur pénétration mutuelle. L'influence du manga, on l'aura bien sûr deviné. Mais aussi, c'est devenu une banalité de le dire, celle de l'art superflat, que je ne connais pas personnellement, donc dont je ne parlerai pas ici, mais qui, comme l'entend son titre, consiste à créer par ordinateur une image applatie. Le jeu vidéo est évidemment de la partie, mais de manière inévitable, étant lié aux effets spéciaux aux yeux de beaucoup. Pour répondre tout de suite à cet aspect-là, je dirais que vous ne verrez absolument jamais un jeu vidéo avec un découpage et un montage de l'image aussi affolant, avec des mouvements de caméra qui sont ne serait-ce qu'une petite partie de ce que le film montre. Je me demande même si les Wachowski n'ont pas volontairement prévenu la comparaison qu'on pourrait faire avec le jeu vidéo en exécutant un découpage très élaboré, très rapide, et des mouvements de caméra qui sont centrés sur les voitures/personnages.

Le film a beaucoup été comparé à une autre forme d'art : la peinture. Ceci n'est pas faux.

J'en viens à l'essentiel maintenant. Quelle a été l'ambition des frères Wachowski à traverts cette oeuvre ? Il suffit d'observer. La perspective n'existe pas, comme on l'a vu avec le superflat. Ajoutez à cela les couleurs complètement pop, les environnements (architecture, construction de l'espace, monde représenté) hautement improbables, totalement et visiblement imaginaires, les mouvements de caméra résolument impossibles ainsi que des courses absurdement irréalistes, et vous arrivez à cette idée que l'ensemble du film est une construction totalement retravaillée, ARTIFICIELLE du premier au dernier plan et pixel. A quoi bon ? Tout simplement parce que, à travers cette artifcialité, CA MARCHE !!! Sans une trace de réalisme, Speed Racer nous embarque dans une histoire abracadabrante et totalement manga (on reconnaît nombre de cris, de manières de montrer les mouvements, les combats, directement issus du manga, immobile et animé).

Speed_racer1

Certains ont dit que tout cet argent n'a servi qu'à faire des images clinquantes, des explosions et des courses débiles. Mais alors pourquoi cette recherche très complexe que les acteurs ont décrit lors du tournage, consistant à toujours créer derrière les acteurs un environnement plat afin de supprimer toute perspective ? Pourquoi tant d'efforts pour rendre le moindre détail improbable, extrême, extravagant ? Pourquoi une histoire aussi éloignée de la vie de tous les jours, avec des personnages aussi irréalistes et absolus ? Il ne peut y avoir là qu'une démarche volontaire, réfléchie, une démonstration, une preuve par l'image, comme l'est la trilogie Matrix. Les Wachowski révèlent ainsi une constance dans leurs ambitions et dans leur démarche artistique qui devrait réhabiliter, au moins partiellement les deux suites du premier Matrix, que d'aucuns considèrent comme des machines à fric vides de sens.

Bien évidemment, pour toucher sa cible, le film devait fonctionner, lorsque les lumières s'éteignent et qu'il ne reste plus qu'une salle face à une image. Le scénario ne brille certes pas particulièrement par son brio, mais il sert parfaitement son sujet. Qui plus est, il se permet d'être malin par moments, et, surtout, il est cinématographique, du début à la fin de la course. Les Wachowski, au-delà de la qualité d'écriture de leurs scénarios, ne font pas de la littérature. Ils font du cinéma, du mouvement, de l'image en mouvement perpétuel, de l'émotion en fluctuation constante, en tension éternelle. La réflexion, dans cette oeuvre, révélant ainsi plus clairement les modes de fonctionnement de Matrix, ne se fait que minoritairement par le texte. Du moins dans ce film. Non pas que le thème de la multinationale très très méchante et du héros et de sa famille ne compte pas, mais tout le monde sait comment cela va finir avant même le début, et les deux frérots le savent très bien, eux aussi.

Pour preuve ? Beaucoup ont accusé les Wachowski de filmer les scènes de discussion entre Rex, le grand frère, et son petit frère, héros du film, avec leurs pieds, sans se fouler, en champs contre-champs simplistes. Ce sont des moments importants pour la construction de l'intrigue émotionnelle. Jamais les frères Wachowski n'auraient bâclé une scène, quelle qu'elle soit. S'il y a une chose qu'ils sont, c'est des faiseurs de talent (j'évite le côté métaphysique ici). N'est-ce pas, au contraire, une manière des frères de montrer cela comme une convention, comme quelque chose de connu, qui n'est pas vraiment leur propos, pas vraiment la manière dont ils vont mener ce film ? La relation entre les deux frères héros, la vraie relation, transparaît à l'écran, de manière très forte, lors de cette course du jeune frère, au début, contre le chrono, contre le record de son frère, contre une voiture fantôme que lui seul voit (et le spectateur avec). C'est alors que l'on touche l'émotion effleurée dans ces scènes de dialogue du début, c'est alors qu'elle atteint son paroxysme. Je pense que ces dialogues, filmés de manière basique et systématique, sont une note d'intention, montrant que les mots ne sont pas ce qui compte, qu'ils ne sont qu'une extension d'un objet total, oeuvre d'art avant tout visuelle, sonore et émotionnelle, qu'ils sont incomplets sans l'image. D'ailleurs, à moins que quelqu'un me contredise, il ne me semble pas qu'après ces discussions d'introduction, on retrouve cette manière de faire. Par la suite, même les visages deviennent des voitures de course, traversant l'écran, tournant et virevoltant, à l'image de ces commentateurs passionés, chacun dans son box, chacun dans sa langue, poursuivant ce qui se passe à l'écran.

Le scénario sert le film. C'est cela l'essentiel, je crois. De la même manière que les effets spéciaux, les acteurs, les mouvements de caméra... tout dans un film, sert l'objet final. Les Wachowski ont dû comprendre ça à leur berceau...

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Nous approchons de ma conclusion. J'espère vous avoir retenu jusqu'ici, avoir réussi à lever un coin de voile sur ce que peut être cette oeuvre d'art. Et c'est un point sur lequel je voudrais insister. Au lieu de faire un simple blockbuster en se reposant sur leurs lauriers, les frères Wachowski ont voulu prendre à contre-pied ce que l'on fait aujourd'hui dans le domaine, et démontrer, littéralement, que l'impossible était bien possible, et qu'on pouvait toujours prendre un plaisir extraordinaire devant un blockbuster. Et le résultat est une oeuvre d'art visuelle, une peinture en mouvement, faite de personnages bien humains, à caractérisation manga, intégrés dans un festival d'effets spéciaux qui, en ne cherchant plus à imiter la réalité, mais en créant leur propre réalité, leurs propres règles et couleurs, aboutit à ce que pourrait être une peinture impressionniste animée. Ce n'est pas pour rien qu'au moment le plus important du film, la fin de la dernière course, tout ce qu'il reste c'est une voiture perdue au milieu d'une route qui devient un effet optique recouvrant tout l'écran. Le message est clair : le film entier est une création visuelle absolue.

En cela, Speed Racer rejoint un certain cinéma expressioniste allemand. Dans une longue interview extrêmement intéressante John Gaeta, le superviseur des effets visuels, explique dans quelle optique le film a été conçu visuellement. Dans le manga animé, il existe un certain nombre de techniques visuelles, de déplacements et de mouvements de caméra qui ne sont pas réalistes mais qui visent à créer une certaine impression. Une des techniques utilisées sur Speed Racer était un système de bulles virtuelles qui permettaient d'intégrer les personnages dans un paysage à 360° et à plusieurs couches d'éléments pouvant se déplacer dans plusieurs directions. A cela s'ajoute un système de lentilles virtuelles, que l'on peut régler différemment sur n'importe quel élément de l'image, créant par exemple un paradoxe visuel entre le premier plan et l'arrière plan.

Comme le dit Gaeta, il y a deux types d'effets spéciaux dans ce film. Les premiers ont pour précurseur Sin City, qui était une tentative de recréer à l'écran un comics, y compris dans ses spécificités visuelles. Les seconds sont issus de Eternal Sunshine of a Spotless Mind, de Gondry, et consistent en un montage tel qu'il en vient à devenir un effet spécial à part entière. S'adjoint à cela l'ambition de créer un film pour la Haute Définition, qui n'ait pas le grain qu'ont habituellement les films mais la netteté et l'apparence lisse d'une oeuvre pop art aux couleurs éblouissantes.

Nous avons donc une oeuvre expressioniste, pop art et manga animé (le premier à être réellement un manga animé, non pas en tant que transposition d'un manga à l'écran, mais en tant que re-création d'un manga live, c'est-à-dire produisant le même effet qu'un manga animé produirait sur le spectateur). Tout cela dans le but de FAIRE RESSENTIR, de créer une émotion. C'est en cela que je disais que les frères Wachowski allaient à l'encontre de la plupart des blockbusters actuels, parce que, paradoxalement, tout vise l'émotion, la sensation. Et cela marche. On ressent, on est touché par ce que vivent les personnages à l'écran.


Pourquoi ai-je tant aimé Speed Race ? Pourquoi suis-je donc en train de vous conseiller de tout coeur d'aller le voir ? Parce qu'à travers ce film, les frères Wachowski nous rappellent ce qu'est l'essence du cinéma, ce qu'il peut être : un plaisir, visuel, émotionnel, du mouvement. Un art qui, à travers son artificialité, crée quelque chose de bien réel, et de bien palpable : des émotions fortes. Vous croyez que le cinéma n'est qu'une machine à fric ? Voyez ce film. Il est un risque énorme que les Wachowski ont pris, pariant sur la curiosité et le désir de découvrir quelque chose de nouveau, remettant tout sur le tapis et démontrant qu'ils sont tout sauf les pions d'une industrie formatée, trompant, comme avec Matrix, cette industrie, leurs producteursquant à leurs ambitions véritables. Au vu des résultats actuels, je dirais qu'ils ont perdu leur pari.

Sur quoi puis-je appuyer mes dires ? Je dirai simplement que j'étais assis entre deux jeunes femmes qui ne seraient pas allé voir ce film sans moi, que nous avons tous les trois pris un plaisir énorme, et inattendu, et que la salle a applaudi à la fin du film ! Aucun rire mal placé comme il a pu y en avoir au moment de la mort de Trinity. Les Wachowski ont, je l'espère, retenu la leçon, et ne prennent plus la grosse tête. Ils continuent leur petit bout de chemin, en bons geeks, et en toute simplicité et réflexion. Après tout, comme moi, comme vous, ils aiment le cinéma, et ils réalisent les films qu'ils prendraient plaisir à voir. En cela, ils sont artistiquement intègres.

Le film, au final, n'est pas un chef d'oeuvre, les failles existent, pas mal de gens n'aimeront certainement pas, mais je tenais à défendre cette oeuvre qui, à sa manière, est un nouveau jalon du cinéma, comme Beowulf, de Zemeckis en est un, comme Avatar de Cameron en sera un, je l'espère de tout mon coeur. Elle l'est, à sa manière, en tant qu'oeuvre de pop art. Ne reste plus qu'à laisser une chance au film et à accepter de se laisser porter et de rentrer dans cette illusion d'optique des frères Wachowski. Sans oublier que c'est une oeuvre qui ne se prend pas au sérieux, qui a un fond très enfantin, et que ce n'est pas un film d'art et d'essai, mais bien un divertissement !

Voici un excellent article sur l'excellent site de L'ouvreuse, avec tout plein de connaissances sur le film et son background, que je n'ai pas, et que je vous recommende chaudement :
http://louvreuse.net/Analyse/speed-racer-et-le-superflat.html

Et pour compléter tout ça un autre bon article sur le film, cette fois en anglais. SI vous en trouvez d'autres, n'hésitez pas à en mettre le lien en commentaire...
http://www.subtraction.com/archives/2008/0605_go_speed_rac.php

Pour les réfractaires à Matrix ou simplement les curieux, voici une analyse du début de Matrix, snapshots à l'appui, avec l'introduction de quelques éléments clés de compréhension.
http://louvreuse.net/Analyse/the-matrix-la-premiere-sequence.html

Et si vous avez vraiment envie d'aller au bout des choses, vous trouverez ici un dossier très complet avec de longues interviews de l'équipe créative de Speed Racer :
http://www.vrmag.org/speedracer/

Ps : je suis très curieux de voir ce que vous pensez de cette critique, donc je serais plus qu'heureux si vous me laissiez un petit message...

Posté par dgrv à 00:51 - Cinéma - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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17 juin 2008

A l'aide !

Il est 7h44 du matin. Planqué dans mon lit, je sors d'une nuit sans sommeil. Un livre à la main l'instant d'avant. Avant de rallumer cet ordinateur qui, pour la première fois depuis une ou deux semaines, s'était éteint. De sa propre volonté. Un geste maladroit, un fil qui tombe. Et voilà cette adjonction à ma personne, ce speed up, drogue qui s'instille dans la moindre pore de ma peau, aspiration de tout et de rien, qui s'empare de ma vie. Je m'y désincarne, m'y évide, accèlère le rythme insensible de ma vie...

L'ordinateur éteint, j'essayais de dormir. Mais impossible. Silence radio, perdu dans la nuit solitaire, je suis allé chercher des réponses à ce silence incessant qui m'obsède. Et je les ai trouvées dans cette bibliothèque acquise longuement, ce grand pan de livres traitant de mondes qui n'existent pas, dans un futur si lointain, si fascinant, dans un monde qui n'existe pas ailleurs que sur ces pages écornées, derrière ces couvertures si ridicules qu'on s'y attache. Et ces mondes dont je remplis ma tête, plus réels pour moi que le monde réel.

Ce fut donc Fahrenheit 451, lorsque mes yeux tombèrent sur ce titre, qui me parla. J'aime à penser, que chaque livre a sa raison d'être, son mot à dire. Le livre que vous ouvrez, s'il est le compagnon parfait pour ce moment unique dans votre vie, si votre nez de limier a su dénicher l'oeuvre qui répond à vos questions et vous ouvre les portes que vous désirez franchir, est un miroir de vous-mêmes.

Et à la page 108 de ce bouquin terriblement poétique et fin, tellement inattendu, que je n'avais jamais fait que rêver, je ne peux que relever la tête et me dire : c'est ça ! Ce monde dans lequel Montag vit, ce monde où tout n'est plus que loisir vide, sons insensés, c'est celui que je me suis créé. Ce monde où plus rien ne fait sens, où tout n'est que fuite et illusion de bonheur, c'est celui dont je me suis entouré.

Moi qui n'avait ouvert un bouquin de science-fiction en six mois, cherchant autre chose, combien je me suis perdu... Que reste-t-il de ce projet de vie que j'ai toujours voulu avoir ?

Me regardant en face, en cet instant, je ne peux que constater à quel point je suis terrifié par l'idée de vieillir, de perdre mes facultés, avant de disparaître à jamais. Perdre tout... que cette pensée est douloureuse. Combien la vision des chairs fanées et qui bavent, incapables de se mouvoir à vitesse normale, libre, dont d'autres doivent s'occuper, me répugne et me dégoûte.

Et moi, qui était un être humain si plein, je ne ressens plus rien. Les films sont les seuls refuges où je parviens encore à être touché. Rien d'autre, ni sentiment de responsabilité, ni sens de la réalité, rien ne m'atteint. La douleur s'est enfouie, plus de larmes, plus de rêves fous et de révélations mystiques. Tout ce qu'il me reste ce sont de vagues sentiments de désespoir étouffé et des bouffées d'espérance vite noyée. Ne rien faire, perdre mon temps, passer ce temps si précieux à ne rien faire, littéralement, est devenu mon refuge. Avant, au moins, je lisais, j'écrivais de la poésie, j'allais me promener dans la rue, la nuit, réfléchissant...

Mais ce sentiment de solitude intense, absolue, ce vide intérieur, c'est tout ce qu'il me reste. Ma vie est devenue insensée. Prisonnier d'ici, je ne cherche même plus à m'échapper. Je ne suis plus nulle part. Ni ici, avec vous, dans le monde virtuel, ne serait-ce que celui de la pensée, ni dans le monde réel. Et pensée obsédante, revient ce slogan, qui transparaît sur chaque notice de moment de vie : disparaître. Que ce soit en mourant, en m'évanouissant, en tombant dans le coma, en partant voyager, ne laissant rien derrière. Je n'ai pas de vie, pas de courage, pas d'effort. Pas d'amour.

Je me sens marionette vie ballonée par les courants de ces deuils que je n'ai jamais fait, de ces rêves qui se heurtent à une réalité glaçante, qui me terrifie. Caché derrière mes peurs, j'ai transformé ma vie en échappatoire. mais une échappatoire qui tourne en rond.

Je ne compte plus les semaines où j'annule les rendez-vous, cesse de vivre le jour, cesse de vivre tout court, de faire quoi que ce soit. La vie s'automatise. Toutes les tâches qui demandent à être pensées s'effacent d'elles-mêmes. Je deviens un robot.

Je crois que j'ai perdu le goût de la vie. L'envie de vivre est toujours là, mais rien n'a de saveur.

Je suis comme cet homme, qui, dans un monde où personne ne pense, veut apprendre à COMPRENDRE un livre, à comprendre ces mots qui, pour lui ne font pas sens. Pourquoi ne puis-je refaire cela ? Je l'ai déjà fait pourtant. Le jour où je suis allé au cdi, en sixième, pour m'attaquer à des livres dont je ne comprenais que si peu. Mais je me cassais la tête dessus. et au fil du temps, j'ai fini par casser leur code, par découvrir leurs secrets, par aimer leur murmure complexe et structuré, signifiant et touchant. Je suis un amoureux du sens, un amoureux de la vie. Aujourd'hui, le code que je veux casser, est celui de l'action. Mais tous ces mots que j'ai, toute cette pensée, ces talents cachés, s'avèrent inutiles, face à un sceau qui demande l'action, et non la passion, la vie, et non les rêves. Et ce code-là, je ne sais comment le casser.

Apprendre à comprendre les livres, à l'époque, c'était pour moi entrer dans un monde indispensable pour échapper à un monde que je ne supportais plus. C'était un refuge sans lequel je serais mort. Aujourd'hui, je ne veux plus sortir de ce refuge. Vivre est trop dur. La réalité est devenue un monde hostile où tout me fait peur et me renvoie à ce refuge dans lequel je peux fermer les yeux sans avoir peur qu'il m'arrive quelque chose, et voyager.

La vérité, c'est que je ne vais vraiment pas bien. Et ça fait longtemps. Et malgré tous mes efforts, tout ce à quoi je peux penser, c'est ce désir, profond, de disparaître. Tout, plutôt que de subir la vie, de l'affronter, de me battre. Je ne sais rien, ne comprend rien, et crains tout. Je suis un enfant, et j'en ai marre de l'être, d'être considéré ainsi, d'être instable, irresponsable. Personne ne peut me faire confiance dès qu'il s'agit de l'action. Mais tout ce que je peux faire, c'est parler, ou demander de l'aide.

Je voudrais disparaître, mais même ça, je ne peux plus le faire. Alors je m'efface...

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11 juin 2008

THE HAPPENING

PHÉNOMÈNES (THE HAPPENING)

de M. Night Shyamalan

the_happening_poster

Voici un film que j'attendais depuis longtemps, devant lequel je m'impatientais, car c'est le petit dernier de mon scénariste/réalisateur favori.

Avec cette apocalypse aux tons gris et neutres, Shyamalan nous donne son film le plus sombre, le plus sanglant, échappant à ce fantastique humain, chaleureux et touchant qui caractérisait ses derniers films. Les personnages sont perdus dans leur vie, perdus dans une Amérique paranoïaque, où tout le monde se méfie de tout le monde, où chacun se réfugie derrière une porte et repousse les autres, quitte à les détruire.

Les tons sont plus sombres, plus réels, les évènements inexplicables. Ne vous y trompez pas, les explications ne sont, comme le dit le personnage de Marc Wahlberg, que des théories. Tout ce qu'on sait, c'est que c'est nous qui sommes responsables. Un discours certes commun aujourd'hui, mais que Shyamalan a l'intelligence de décliner de manière personnelle et originale (je pense entre autre à cette scène où un groupe est poursuivi par... le vent !), et de le traduire par la folie collective, la folie individuelle. Celle de ce "phénomène", mais surtout celle des humains dont les protagonistes croisent la route.

Phénomènes reste certes un film imparfait, parfois un peu lourd, parfois un peu long (la scène d'ouverture à New York est si forte, que les autres scènes de même nature en sont forcément amoindries), mais à travers ce film qui suit l'échec commercial de La Jeune Fille de l'Eau, Shyamalan prouve qu'il est le Hitchcock du 21ème siècle. Je pense d'ailleurs que la thématique et le traitement si sombres de ce film sont directement liés aux mésaventures que Shyamalan a connues précédemment.

A ce propos, quelques touches d'humour viennent relever par moments une ambiance oppressantes dès le début. Quelques touches d'humour bien placées, efficaces, et quelques scènes plus intimes, plus touchantes, que l'on aime ou que l'on trouve trop hollywoodiennes (voire trop bollywoodiennes), mais qui caractérisent malgré tout Shyamalan (l'aspect humain de ses personnages). L'évolution du couple Wahlberg/Deschanel est d'ailleurs le seul élément positif de tout le film. La vision de l'amour qu'ils incarnent ici est bien sombre, malgré tout. L'amour doit se travailler, se mériter. On doit se battre pour lui, donner tout ce qu'on a. Et marquant début que celui où, en plein milieu de cet événement tragique, le couple connaît des difficultés, voyage séparément; ne se parle pas. Et, comme toujours chez Shyamalan, l'amour mène l'intrigue, dépasse tout.

Tout ? Non, et c'est bien la première fois. L'amour ne guide que ces trois personnages principaux, non l'histoire dans sa globalité.

Ces personnages sont d'ailleurs parfaitement interprétés par un choix d'acteurs comme toujours sans faille. Mark Wahlberg n'est certes pas Bruce Willis ou Paul Giamatti, mais il correspond parfaitement à son personnage. Zooey Deschanel, avec ses grands yeux, semble posséder une qualité enfantine. Ils sont d'ailleurs trois enfants, deux grands, et une petite fille. Mark Wahlberg est, comme le dit un personnage à un moment, "résilient". Il ne laisse jamais tomber. La scène où il essaye d'appliquer la méthodologie scientifique qu'il enseigne, dans l'urgence absolue, est d'ailleurs extraordinaire, d'une intensité rare. Comme chez Hitchcock, les acteurs sont chez Shyamalan avant tout des outils dans une construction scénaristique maîtrisée totalement avant même le début du tournage.

Pas de twist final, pas de jeu ici. Shyamalan n'apparaît plus. Il n'est qu'un personnage absent, Joey, celui qui harcèle Alma au téléphone. Son film est moins personnel que ses précédents (le scénario a été refusé dans un premier temps et Shyamalan a dû le retravailler. Une première pour lui !), moins extraordinaire. Mais j'espère qu'il aura enfin la reconnaissance et le succès qu'il mérite, parce que le bonhomme est un grand réalisateur, et un excellent scénariste !


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19 mai 2008

Esquisse de la perte...

Lorsque la Merveille entre dans ma vie pour en ressortir l'instant d'après, je me rend compte qu'il ne me reste plus que la douleur de son absence. Autant j'ai pu le supporter auparavant, n'ayant jamais éprouvé sa présence, autant après coup seule la douleur est réelle. Une absurde douleur. Constatation de la profonde humanité au centre de cette Merveille qui vogue selon ses vents capricieux et incontrôlables.

Il ne reste plus qu'un rêve, la fragrance d'une rencontre manquée. La faute à la vie, la faute aux coïncidences ratées. La faute à moi. Et la seule question qui reste désormais est : comment expier cette faute ? Comment continuer d'avancer ? Et il faut prendre ces décisions et trouver le courage d'aller de l'avant alors que toutes les couleurs ont viré au gris et tous les goûts au fade, et avec le sourire en plus, sinon on accable de culpabilité, enfermant d'autres de par notre faiblesse, nos rêves qu'on savait pourtant impossibles mais qu'on ne pouvait s'empêcher de rêver, tant ils étaient doux...

C'est la vie. Je n'ai pas le choix. C'est ça où mourir...

Posté par dgrv à 06:45 - États d'âme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2008

Isolement

A la fois trop de choses et le vide absolu. D'où mon silence. Le temps passe, et je reste chien errant sans spécialisation, sans passion continue qui me pousserait à mener des recherches si loin que j'aurais quelque chose d'intense, de complexe à révéler. Pas de réflexion vitale à mener.

Passif, je vis au jour le jour, sans vraiment y croire. L'espoir brise. Trop d'espoir tue l'espoir. Au fond l'espoir est l'arme du passif. Elle permet de vivre dans l'aveuglement.

Plus le temps passe, plus le sentiment de solitude prend le dessus. Simple constatation. Mon passé semble plus fort. Tout seul je ne suis pas de taille. Rien de raisonnable là-dedans. Si je marchais au raisonnable, je serais déjà scénariste. Pensées de suicide volages. Envies de fuite, toujours. Et plus j'avance, et plus ce que je suis ne signifie plus rien. Pas le doute, mais un vide étiré entre deux extrêmes : mes rêves et mes désirs.

Comme dirait quelqu'un, j'ai le sentiment d'être comme du beurre sur une tartine de plus en plus grande.

Et pourtant... et pourtant, il n'y a pas de raison. Alors, incapable de bien expliquer, incapable de me retenir, je reste souvent silencieux. Incapable d'exprimer le vide poison qui m'habite et m'emporte lentement. Je ne suis pas poète maudit ni martyr. Je n'ai pas envie d'échouer. Simplement, il y a la vie. Le passé. Ma constitution. Que sais-je encore.

Serais-je l'homme le plus intelligent qui soit que je me sentirais idiot. Le principe du désespoir consiste à viser systématiquement si haut que le concret en devient insupportable et qu'il ne reste plus qu'à serrer les dents et à subir avec une amère passivité la réalité qui vous passe dessus, espérant éprouver quelque sentiment d'obligation absolue et prolongée, qui changerait enfin ma vie.

Mais c'est le silence. Pas d'appel de Dieu. Les armées de Dieu n'enrôlent pas encore. Celles du Diable ne veulent pas de moi non plus... Entre les deux, il n'y a que le vide...

Et dans tout ça, je joue au solitaire saute-mouton...

Bref, vivement une solution, parce que là je n'en peux plus !


Posté par dgrv à 05:14 - États d'âme - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2008

Réactions... matûrations

Petite esquisse de théorie. Mind game.

Quelles que soient les valeurs d'une société, la vérité et la justesse du regard qu'elle porte sur le monde, quelle que soit la tolérance qu'elle entend montrer envers différentes catégories qualifiées d'"autres", il reste un facteur qui met toutes les sociétés au même niveau : nos émotions.

Car quelles que soient ces conceptions génériques auxquelles la plupart des membres d'une société adhèrent, subsiste l'élément d'attachement, de souffrance, de douleur, et, en fin de compte, de réaction. Notre vision du monde peut être noble, grande, généreuse, derrière elle se cache, au jour d'aujourd'hui, l'ego.

Ce que j'envisage, c'est le sort réservé aux immigrants, aux homosexuels... aujourd'hui, aux aliens demain : peu importe les valeurs sociales proclamées, voir voulues, de tolérance et d'humanité, il y aura toujours ces réactions à fleur de peau, ces incompréhensions qui naissent de la douleur, du sentiment d'injustice ou simplement d'impuissance.

L'absurde, l'inhumain naît de ce noyau en nous d'attachement à tout ce que l'on connaît, à cet ego qui nous défend, nous protège, nous assure une place mentale et en conséquence réelle dans le monde (je dirais que l'ego est l'équivalent dans le paysage mental et émotionnel de ce que notre corps est dans le monde : il est notre réalité). Cet ego d'aujourd'hui est construit sur l'implicite auto-destructeur de la mort, de la fragilité de la vie, de la grandeur terrifiante et insurmontable de l'univers qui s'étend autour de nous. Et la seule manière dont l'ego se protège, c'est en attaquant, en se défendant plus que nécessaire. La réactivité humaine est une susceptibilité due à cette terreur insupportable de l'inconnu, de l'immense et de la mort.

A l'échelle cosmique, la survie de l'espèce humaine tient à l'accession à cet état adulte qui se traduit par une forme d'ego différente, un noyau individuel qui adhère effectivement aux valeurs humaines et sait gérer ses émotions, sait avoir cette lucidité que le futur réclame de nous si l'on veut avoir une chance d'être toujours là dans mille ans. L'humanité a évolué, quoi qu'on en dise. Sa mentalité, la définition même de son humanité bouge. Et notre seul espoir, c'est que cette évolution, cette accession à l'état adulte de la société se fasse au plus vite.

Autrement, il n'y a pas de porte de sortie pour nous, uniquement notre petite planète et l'épuisement des ressources, l'épuisement de la croissance qui a porté notre évolution en tant qu'espèce. Si l'état du monde actuel ne permet pas, à terme, ce passage à l'âge adulte, Dieu seul sait ce qu'il adviendra ensuite. Une fois que le système mondial actuel se sera écroulé, quelle seront les perspectives du futur. Si cela devait arriver, serait-ce au contraire un basculement décisif vers une maturation si nécessaire et si peu probable aujourd'hui ?

La sphère mentale de l'Humanité fonctionne-t-elle comme le pool génétique ? Connaît-elle une évolution due aux contraintes extérieures ? J'ai parlé plus tôt d'une telle chose, car aujourd'hui, nous somme parvenus à élaborer une connaissance scientifique du monde qui nous met face à l'immensité sans fin de l'univers et à notre insupportable finitude... Mais cela est-il différent d'une religion. Et, au fond, la question se pose-t-elle ? Car la plupart des gens l'évitent. Qui connaît quelque chose de précis sur l'univers, le futur à part les scientifiques et les assidus ? Peut-être est-ce pourquoi, en tant que société, nous évitons les vraies questions qui définissent en ce moment même notre futur : la nécessité de créer un équilibre à long terme avec l'écosystème planétaire au plus tôt afin d'assurer la survie de l'espèce humaine sur notre planète d'origine. La possibilité ou non de préserver le niveau de vie actuel, de le généraliser (nombre de violences existant aujourd'hui sont liées aux déséquilibres plus grands que jamais entre pays, zones, secteurs de la population...). L'éventuel et final développement d'une convergence des cultures, sociétés et organismes mondiaux vers une nouvelle singularité unique qui s'annonce comme viable à l'heure d'aujourd'hui. La question de la conquête de l'espace et de l'expansion de l'espèce humaine hors de notre planète afin de résoudre la question des ressources et d'affronter les problématiques qui se poseront à l'échelle des dizaines et centaines de milliers d'années.

Bref, à travers la question de l'environnement, que tout le monde reconnaît aujourd'hui comme étant une des problématiques centrales de notre époque, s'ouvre le questionnement de notre survie à long terme en tant qu'espèce, en tant que société, et des mutations que nous devrons accomplir.

Sommes-nous aptes à surmonter ce défi ? Tant que le facteur humain sera prédominant, nous serons toujours menacés. Toujours en retard de plusieurs pas dans notre acceptation du monde, dans notre analyse et surtout nos actions.

Il est temps d'envisager de grandir et de devenir des sociétés responsables.

Posté par dgrv à 00:48 - Théorie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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